samedi 3 janvier 2026

Le problème n'était pas l'écriture

Ecrire n’est pas neutre, y compris quand il s’agit d’écrire à des amis pour souhaiter des vœux. 2026 a commencé depuis à peine plus de 48 heures. Après l’Alpe d’Huez, je suis dans le Galibier. 

J’écris beaucoup. Trop, sans doute. Pas qu’ici, aussi à des personnes. 
Pas pour convaincre, pas pour expliquer, encore moins pour séduire. J’écris pour déposer. Et là, mon premier billet de 2026 est encore un billet pour « me faire du bien ». Pour m'alléger d'un poids que j’ai dans le ventre.

Longtemps, je n’ai pas vu le problème. 
Les mots sortaient, prenaient la forme d’un mail, d’un message, d’un texte, et partaient vivre leur vie. Comme si écrire et envoyer relevaient du même geste.

Ces derniers mois m’ont appris autre chose. Ce n’est pas l’écriture qui m’a mis en difficulté. C’est les canaux que j’ai utilisé. 
Parce que l’écrit révèle. Mais il expose aussi. Et tous les espaces ne savent pas quoi faire d’un texte écrit trop vrai.

2026 commence mal dans mes relations amicales et familiales. Rien à voir avec les vrais drames. Mais ça brûle quand même. 

Après analyses (qui valent ce qu’elles valent) sur passé plus ou moins récent, ce n'était pas mes messages le problème. Mais les canaux que j’ai utilisés, et la manière dont je les ai utilisé. On se croit malin…
Et je me suis rendu compte d’une chose bête, les types de communication : 
  • Communication pro → interprétée, politisée, hiérarchisée. J’y mets trop d’affect : mauvais trip,
  • Communication personnelle et amicalement → affectivement chargée. Risque de déborder. De demander trop. Ou de donner trop.
  • Communication familiale → morale. Là, danger à tous les étages. 
Je n’écris pas « mal ». Mais forcément ce que j’écris est parfois trop dense, dans des espaces qui ne peuvent pas, ne doivent pas, le contenir.

Il n’y pas de leçon universelle. Juste la mienne. Tout ce qui peut être écrit, ne peut, ne doit pas être envoyé.

Sur ces quelques heures de 2026 comme sur des situations difficiles au boulot, le retour est clair : j’ai plié mon piège souvent dès le premier mail. Dès la première réponse si c’est moi qu’on sollicite. Pas besoin d’hurler contre les autres.

Tout dire n’est pas être sincère. La sincérité dépend du canal. Choisir quoi dire, c’est se respecter. Et respecter celui à qui l’on écrit.

Pas été brillant sur les premiers jours. Il reste encore 363 jours pour faire mieux. 

4 commentaires:

  1. Écrire est toujours un danger. Et une libération. Tu es un des plus ancien blogueur que je connaisse. Pour 2026 voici mes voeux. Reste accroché à tes valeurs, même si je ne les partages pas toutes 😉

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    1. Merci c'est très gentil.

      Je pense qu'on partage les mêmes valeurs. Pas le même vote ou les mêmes opinions politiques, mais ça c'est autre chose ;)
      "Valeur" est un mot valise, mais y a beaucoup de choses qui nous rassemblent.

      Et oui, écrire est aussi dangereux que salvateur...

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  2. Tout d'abord, meilleurs voeux pour 2026! Pas encore de soucis en ce qui me concerne, mais 32 °C de différence entre l'Indonésie et l'Europe c'est un peu dur quand même.
    C'est paradoxal pour quelqu'un qui aime bloguer, mais je me méfie énormément de l'écrit et suis une bien piètre épistolière. Par écrit j'échange des infos sur un point précis, et cela s'arrête généralement là. Si quelque chose peut être dit en 10 phrases, je le dirai en 8.
    Dans un de mes jobs je faisais partie d'une équipe dont la majorité des membres étaient basés aux USA. J'ai dû apprendre à jongler avec les subtilités de l'écrit en plus du choc culturel. J'ai fini par m'y habituer, mais au début le choc fut rude, je pourrais faire une liste de ces mails dont la brièveté passait pour de la froideur, voire du manque de respect, ce qui n'était pas mon intention première.
    Quelle bizarrerie donc que je sois capable de faire des billets où je m'égare facilement hors sujet, ou des commentaires kilométriques. Je suppose que le contexte joue énormément aussi.

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    1. Aie, mouilles toi la nuque avant de rentrer dans l'eau !

      Tu as raison, mais je vois bien aussi un truc. Quand tu ne vas pas très bien, tu cherches à te justifier, tu fais des phrases longues.
      Je vois que pour faire ce billet, la première version était infame. Celle là c'est pas du génie, mais imagine que ma première version faisait presque le double...

      Le contexte tu as bien mis le mot dessus. Contexte, canal. Personne à qui tu t'adresses aussi. Manière dont on s'adresse.

      Aujourd'hui, sur certains mails, j'en suis à faire relire à quelqu'un de confiance, où même à une IA. Pour être "zone grise". C'est dur.
      Et quand j'écris "j’ai plié mon piège souvent dès le premier mail", je pense à certains qui m'ont valu des facheries à vie, et des déboires professionnels.

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