Je suis en train de lire le dernier Bernard Minier, Rupture, qui met en avant son héroine Lucia de la Gardia Civil de Madrid. Et un Elon Musk plus vrai que nature. Là aussi on parle du "POTUS orange" (je pensais que j'étais le premier mais non, Bernard Minier l'a fait aussi). Forcément le Musk (Milton Gail dans Rupture) parle de ce progrès fascinant.
Pas de spoil (j'en suis à la moitié). Mais très intéressants les discussions philosophiques du l'IA, et technique aussi.
Altman en prend pour son grade. A un moment, Gail part sur une critique pertinente sur l'IA. Alors qu'il faut pour chatGPT voir un milliard de chat pour savoir que c'est un chat, avec 98% de fiabilité, il faut à un jeune enfant voir deux ou trois fois un chat pour savoir que c'est un chat et pas une girafe. ChatGPT fera pas contre des calculs que je ne ferai pas (comme quoi chacun ses qualités).
L'IA n'est pas qu'elle remplace l'homme. Elle révèle ce qu'il a de particulier. Plus les machines progressent, plus certaines facultés humaines deviennent visibles : l'intuition, l'humour, l'expérience, le jugement ou encore la capacité à comprendre beaucoup avec très peu d'informations.
Cela colle avec l'utilisation que je fais de l'IA (ChatGPT essentiellement). Un outil, qui ne servira à rien si je ne sais pas ce que j'y demande. Et qui me facilitera la vie.
Par contre, autant ChatGPT va me générer une image sympa, moi qui n'ait jamais su dessiner. Autant je n'ai pas besoin / envie de ChatGPT pour écrire un billet. Ca, c'est mon "art" (#jemekiffe), mon talent (#jemesurkiffe). Je le garde.
Mais pour mettre Bayrou en Ronflex de Pau, j'ai besoin de Chat GPT... (même si Pau n'a plus besoin de Bayrou).
À mon avis, les discussions les plus intéressantes sur l'IA dans les dix prochaines années ne porteront pas principalement sur les modèles, les puces ou les algorithmes. Mais sur des questions "philosophiques", éthiques.
Elles porteront sur des questions comme :
- Qu'est-ce qu'une décision ?
- Qu'est-ce qu'une preuve ?
- Qu'est-ce qu'une responsabilité ?
- Qu'est-ce qu'une relation ?
- Qu'est-ce qu'apprendre ?
- Qu'est-ce qu'être créatif ?
Ce sont des questions aussi anciennes qu'Aristote ou Montaigne. Simplement, l'IA nous oblige à les reposer sous une lumière nouvelle.
Je me suis posé une question à la lecture d'un article du Point qui parlait du nouveau générateur d'image de ChatGPT. Avec une question : "peut on croire ce que l'on voit puisqu'on peut générer de la fausse information ?".
Se poser la question c'est aussi oublier que Photoshop existe depuis les années 1990 mais oui, il fallait l'art de l'humain pour faire le "fake". il fallait des compétences techniques alors qu’aujourd’hui une phrase, un prompt, suffit à fabriquer une scène impossible.
Je me suis posé la question : quand je demande à ChatGPT de me caricaturer Lecornu en poussin, Macron en chevalier d'or, Attal en petit chevalier ou Retailleau en personnage de Bleach, est ce que je crée du "faux" ?
Ma réponse à moi : mon Falconverse est mon Plantu à moi, mais je ne suis pas Plantu.
C'est une satire, plutôt gentille (même quand je mets Mélenchon avec des vrais méchants, je le fais avec bienveillance, je ne suis pas méchant...). Elle m'amuse moi.
Ne nous interrogeons pas seulement sur l’intelligence artificielle. Revenons à l’intelligence.
C’est sûr, il en manque un peu en ce moment.
L’artificielle n’est souvent qu’un prétexte pour revenir aux grandes questions humaines. Et celles-là ne se démodent jamais. Avec ou sans ChatGPT.
Dans certains métier, comme le mien et, je suppose, le tien, les informations sont à peu près confidentielles donc ne circulent pas sur le net. Les machins d'IA ne peuvent pas trouver de "sources d'inspiration". Ca nous protège...
RépondreSupprimerC'est vrai, mais tu trouves pas mal de choses sur le net dans la littérature scientifique et technique dans mon domaine. L'IA devient ce qu'on disait à un époque un "super google".
SupprimerLà où je bosse, je travaillais sur un projet de gestion de la donnée "Big data", pour voir des signaux faibles en fonction d'une grande d'information disponible, mais à l'intérieur d'un réseau fermé. C'était les bribes d'une IA que l'on monte en interne, comme beaucoup de groupe.
En fait on ne crée pas grand chose, on évolue.
Et la meilleure protection dans nos métiers, ça reste nous ;) (
Ce que je ne demanderai jamais à l'IA: écrire un texte à ma place, prendre des décisions impliquant des projets et/ou des êtres humains ainsi que des diagnostics médicaux, tirer des conclusions sans croiser les sources (l'IA peut halluciner). Et les moyens de transport sans conducteur/pilote pour garder le facteur humain si important en situation tendue, c'est niet aussi.
RépondreSupprimerMais organiser des vacances en me proposant diverses options de logement, ou un circuit touristique, çà oui. Et générer des images, je m'en donne à coeur joie vu que je n'ai jamais su déssiner.
Ton bôbiyé soulève effectivement des questions éthiques et philosophiques, à peu près les mêmes à chaque fois qu'une nouvelle technologie de l'information survient. On peut l'utiliser de manière intelligente ou se laisser aller à la paresse intellectuelle...on en revient toujours là.
J'ai les mêmes interdits que toi. Ecrire un texte à ma place non. Médicalement c'est dangereux aussi. En fait l'IA n'est pas humaine donc il faut faire attention.
SupprimerPar contre analyser une grosse somme de documents et apporter une vision complémentaire, c'est vraiment un plus.
Sur les vacances, j'ai fait Rome et la Côte d'Azur avec ChatGPT, j'avais un guide de poche. A Rome j'écrirai un billet sur la tombe du pape François... (Chat GPT m'a dit que François allait bien et que c'était Benoit qui était mort... Euh comment dire...)
Sur les question éthiques, oui c'est vrai que Photoshop existait en 1990 et y avait des photos retouchées où des madames étaient pas très habillées... Bon, ça demandait un peu plus qu'une simple phrase.
Le livre Rupture m'interroge aussi. Les voitures autonomes ça me fout la trouille. Mais l'humain peut aussi ne pas être en forme... (je dois ammener bébé 2 à l'escalade et je suis fievreux, ça peut être dangereux).