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mercredi 4 février 2026

Le passif-agressif : langue officielle du mail professionnel

Billet intenporel...

J'adore les articles du Point sur la vie au travail. L’article du Point parle de ce qui est devenu le virus silencieux des mails pro qui sont les formules passives-agressives :  ces tournures qui, sur le papier, semblent innocentes… mais qui, en creux, charrient du reproche, du “je suis agacé mais je ne le dis pas” ou du “j’attends que tu fasses mieux mais sans te l’exprimer directement”.

Ce sont des phrases qui font mal parce qu’elles laissent deviner une tension et demandent au lecteur de deviner l’intention derrière.

Et comme souvent, je me suis reconnu. Pas comme victime. Comme un salarié qui reçoit pléthores de mails, et qui en reçoit des formules passives-agressives. 

Ces phrases déplacent le conflit au lieu de l’assumer. Elles ne sont pas violentes, mais franchement fatigantes.

Listons la jolie liste du Point. De ces mots. 
  • “Sauf erreur de ma part” → classiquement utilisé pour pointer une erreur sans la nommer, et ça fuse direct comme une bombe à retardement.
  • “Pour rappel” / “Comme dit précédemment” → ça peut se lire comme « j’exige que tu te rappelasses, parce que tu t’es planté ».
  • “Merci de …” / “Merci d’avance” → ostensiblement poli, mais peut camoufler une attente ferme sans discuter.
  • “Comme tu veux” / “Si tu veux” → qui ressemble à de la liberté mais est en réalité une façon de faire porter la responsabilité (et le blâme) à l’autre.
  • “Ah” / “OK” tout court → souvent perçu comme un signe de désapprobation froide.
  • Je me permets…” → soit une excuse inutile, soit une façon de poser une exigence tout en faisant mine d’être humble.
Il n'y pas une phrase - un mot - de conclusion qui manque dans cet article. Et qui me casse les roues. "Cordialement". J'en ai fait un joli billet. Next. 

Y a d'autres phrases passives agressives cité par le Point.

"On peut se parler deux minutes ?" → que cette phrase est faussement anodine, mais jamais neutre... Traduction possible selon le contexte :
  • « J’ai un truc à te reprocher mais je ne veux pas l’écrire »
  • « Prépare-toi, ça ne va pas être agréable »
  • « Je te mets une petite pression en amont »

Ce qui fatigue, ce n’est pas la discussion. C’est l’anticipation anxieuse que cette phrase déclenche.
Deux minutes de parole pour celui qui te demande, c'est parfois deux heures de rumination avant. Et deux jours de ruminations après pour l'imbécile qui les a accordé, ces "deux minutes". 

"les émojis" → arme à double tranchant, parfois carrément passif-agressive sous stéroïdes. Les exemples classiques : 
  • 🙂 après une phrase sèche → “je souris pendant que je te pique”
  • 😉 → connivence forcée
  • 😅 → je me défausse de la gêne sur toi
  • 👍 seul → fin de non-recevoir polie

L’émoji peut adoucir… ou déresponsabiliser le propos.
Et surtout : quand une phrase a besoin d’un émoji pour ne pas être désagréable, c’est que la phrase est désagréable. C'est comme le "cordialement" après une phrase pas du tout cordiale. Tu me fais un clin d'oeil après m'avoir mis un coup de pied au cul. Je prends mal. . 


La ponctuation : l’arme blanche du mail pro. La ponctuation ne sert plus seulement à structurer, elle signale une intention.
  • Le point final → clôture, parfois froideur
  • Les points de suspension… → sous-entendu, reproche latent
  • Les majuscules → haussement de ton numérique
  • Les phrases très courtes → autorité sèche
  • Le point d’exclamation → injonction maquillée
  • Le double point d’exclamation → agacement mal contenu
La ponctuation devient un langage émotionnel codé, et le lecteur passe plus de temps à décoder le ton qu’à comprendre le fond.

Sur le fond, c'est irritant cette communication passive - agressive. Elle appelle à 
  • Une surcharge cognitive (“qu’est-ce qu’elle veut dire ?”)
  • Du flou hiérarchique
  • De lâcheté organisationnelle
  • Une peur du conflit direct
Dans le management (que je défendrai toujours), le passif-agressif est souvent le langage de ceux qui n’ont ni le temps, ni l’espace, ni l’autorisation d’être clairs.

Le problème du mail passif-agressif, ce n’est pas la méchanceté. C’est l’absence de courage relationnel.
Et à la longue, ça use plus sûrement qu’un conflit assumé.
Ce genre de tournures agit comme un micro-poison relationnel : on lit, on décode, on se demande ce qu’on veut vraiment nous dire, et cette incertitude épuisante. C’est exactement ce que l’article pointe : la bienveillance de façade masque souvent des attaques indirectes — et la résultante, c’est un climat qui s’envenime sans que personne n’ait osé dire les choses frontalement.

Cette interprétation permanente est épuisante.  

Le “cordialement” n’est que la partie visible. Autour, il y a tout un vocabulaire feutré, poli, professionnel, mais souvent chargé de tensions qu’on n’ose pas nommer.

Donc oui cher lecteur, si tu te dis “tiens ça me rappelle une phrase que j'ai reçu”, c’est normal : dans des relations tendues, ces tournures ressortent comme une épine dans la semelle — On ne trébuche pas dessus. Mais on finit par boiter.😉👍 .

vendredi 30 janvier 2026

Cordialement

Billet un peu plus léger. 

Dans ma vie professionnelle, le mail est une obligation. Un truc me gonfle : c'est le "cordialement" automatique en fin de mail. Le point final qui claque comme une porte de TGV. 

Le cordialement n'est pas agressif en soi. Mais son usage automatique, sec, décontextualisé, m'est insupportable. Surtout quand il arrive à la fin d'un mail qui est tout sauf "cordial".

Pourquoi ce roi du passif-agressif administratif énerve (m'énerve) autant ? 

Peut être parce qu’il peut être utilisé dans quatre cas très différents, et qu’on ne sait jamais laquelle :
  • Mail normal et cool (ça arrive) : dans ce cas le "cordialement" est cordial 
  • Neutre réel : “Je clos le mail, rien à signaler.” (rare chez les gens tendus)
  • Froideur hiérarchique :  "Je suis au-dessus, restons formels.”. Traduction : distance, pas de discussion
  • Désapprobation polie (le plus fréquent dans mon cas). "Tu me les brises, mais je reste dans les clous.

Et quand le corps du mail contient :
  • un rappel,
  • une demande floue,
  • une micro-remise en cause,
  • des choses vraiment désagréables,
Alors le “Cordialement.” devient un sceau de froideur. Un putain d'irritant. Autant me foutre une baffe dans la gueule en me souhaitant une bonne journée

J'ai été viré de mon poste de manager par ma N+2 suite à un mail de 20h30, avec le quart du canton en copie, humiliant et désagréable. Conclu par un "cordialement".

Et le "cordialement" il est de différentes natures. 
  • “Bien cordialement” → encore un minimum de chaleur
  • “Cordialement,” seul, avec point → clôture sèche
  • “Cdt” → expéditif, quasi SMS RH
  • “Merci, cordialement” → passif-agressif premium

Le pire est qu'il est mis automatiquement avant la signature. Quand tu t'es pris la marée juste avant, c'est agaçant, c'est irritant. 

Quand cela vient d'une personne (comme j'ai pu en rencontrer plein dans ma carrière) déjà perçu comme crispé, dans le micro management (agaçant), ou en perte de lien avec l’équipe ? Ça renforce exactement ce que je mets en avant : distance, agacement, soupirs autour de la machine à café.

Beaucoup de managers et salariés utilisent le “Cordialement” : 
  • sans conscience de l’effet,
  • comme une armure,
  • pour rester “professionnels” quand ils sont intérieurement en tension.
Autrement dit : ce n’est pas forcément calculé… mais l’impact, lui, peut être bien réel.

A titre personnel, j'ai toujours un mot personnalisé à la fin du mail. Pas un "bisou" (dans le monde du travail ça ne se fait pas). Mais un "bonne journée", "bonne soirée", "merci encore de ton aide", "à ta disposition pour en discuter"...
Et de toutes manières, je suis cordial (certains diront gentils). Mes mails sont cordiaux. Donc je n'ai pas besoin d'écrire "cordialement", le contenu est cordial. 

Le Point a écrit un article assez bon (qui me donnera l'occasion d'un article plus tard) sur les "8 formules passives agressives" dans les mails. Oui, y aura un billet au moment voulu. 

Vous l'avez compris : travaillant avec des gens dont certains ne sont pas super cordiaux, le "cordialement" de fin de mail me gonfle. Allez, il m'a donné l'occasion d'un billet. 

Bien Cordialement.

dimanche 9 novembre 2025

Dimanche soir avec Hans Zimmer et Léonard de Vinci (Amboise)

Je ne sais pas si nous allumerons notre premier feu de cheminée ce soir. Cet aprésmidi là bas, j'ai coupé du bois pour préparer une semaine qui risque d'être pluvieuse. 

Ce billet du dimanche va partir dans plusieurs directions. Commençons par la vidéo de ma chaine Youtube (je suis un Youtubeur, ché) que je propose ce dimanche soir.  Ca tombe bien, je vais terminer le dernier Dan Brown (le secret des secrets et je confesse, c'est long...). Un hommage à Léonard de Vinci à Amboise, en Tourraine. 
Dur de ne pas se promener dans le château d'Amboise, ce matin d'Aout 2018 (je me souviens, j'avais la tête et le coeur pas très équilibrés...), sans les cordes de Hans Zimmer. La musique du Da Vinci Code. Le livre était chouette. Et le film trés réussi (grace à Tom Hanks, et à la musique fantastique). 
C'est ma proposition de ce dimanche soir. 

Demain, je ne ferai pas le pont. Les semaines avant Noël vont être sportives. J’aurais dû aller sur site, mais un mail du vendredi soir 18h30 de ma chef m’a gonflé.
Un nouveau Mickey sur l’épaule, à faire pour hier. J’ai répondu calmement (mais agacé), puis posé le télétravail. La réponse était vendredi à 20h30... Pas les meilleurs mails mais celui était bon. 

Je me suis toujours interdit d’annoncer une mauvaise nouvelle un vendredi après-midi. Les autres font différemment.
Demain, je ferai ce qu’elle a demandé — mais ce management qui regarde les 2% non faits plutôt que les 120% réalisés, use.

Ce matin avec Falconhill_Jr qui a changé de pseudo, nous sommes allés aider pour un déménagement. Mon meilleur ami m'a demandé de l'aide pour une armoire, pour son épouse qui a pris un appartement à elle. Ce n'est pas une séparation, mais un éloignement. Ca fait quand même mal. 

Le reste ? Politiquement la séquence m'ennuie. Les élections municipales c'est demain. Ca sera sans moi. Pas de manière voulue, mais j'aiderai à 120 % la personne qui m'est la plus proche. 

A part ça l'OM a gagné. Donc tout va bien.