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jeudi 11 juin 2026

Coupe du monde et mentorat

On passe beaucoup de temps à parler des leaders. On oublie souvent ceux qui les ont formés

J'ai trouvé je ne sais pas où. Ce graphique qui pique les yeux m'a fasciné. Il montre quels entraineurs ont été les mentors de chaque sélectionneur de cette Coupe du Monde qui commence ce soir. 

48 équipes c'est beaucoup, même trop. Et il manque des entraineurs brillants (Klopp, Guardiola, qui eux même sont des mentors). Mais y a du beau monde. Ancelotti, Rangnick (lui même un mentor de plusieurs sélectionneurs comme Tuchel). 


J'étais hier au départ de la retraite d'un ami qui a aussi été un peu un mentor (j'en ai pas mal de mentors). Je me dis que peut être un jour j'arriverai à être mentor de quelqu'un. 

Billet qui me permet de me dire que dans ce bordel ambiant, une Coupe du Monde commence. Avec des Ouzbekistan Jordanie à 3 heures du matin (vous me raconterez). 
Qui me montre que l'inestimable Raymond Goethals a été mentor de bien des sélectionneurs. Et qu'il y a des autodidactes quand même. 

Une carrière est rarement une aventure solitaire. Derrière la plupart des réussites, il y a un professeur, un entraîneur, un chef, un collègue ou un ami. Il y a souvent un mentor qui ne sait même pas qu'il en est un

A part ça je ne suis pas convaincu de me laisser porter par Afrique du Sud Mexique ce soir. La cérémonie d'ouverture sans aucun doute. 


jeudi 4 juin 2026

Panne d'essence

La reprise du travail a été rude. Un mail laconique de ma N+1 pour me convoquer. Quelques lignes seulement. Mais une phrase m'a particulièrement marqué :
« Les indicateurs que tu remontes ne sont pas la réalité. »
Peut-être n'était-ce pas le message qu'elle voulait faire passer. La manière dont je l'ai reçu, Antares du chevalier d'or du Scorpion.
Sentiment que mon travail était remis en cause ? Pire...  Comme si les chiffres que je produisais n'étaient pas crédibles. Comme si, malgré les efforts fournis, on me regardait davantage comme un problème que comme quelqu'un qui essaie de faire son travail correctement.

Moi, ce que j'ai entendu, c'est autre chose. J'ai entendu que mon travail n'était ni fiable, ni crédibles, voire même suspect. Et j'ai lu le mot : fraude. Dans mon métier, y a guère pire. 

La réunion qui a suivi n'a pas été bonne. J'étais froid. Fermé. Odieux sans doute. À un moment,  ma N+1 m'a rappelé quelque chose que j'aurais dit plusieurs semaines auparavant. Je ne m'en souvenais pas. Plus envie de me battre contre quelqu'un qui a toujours raison. J'ai répondu 
« La prochaine fois j'enregistrerai. Je ne sais plus ce que j'ai dit. Donne les chiffres que tu veux. ». J'ai fermé mon PC et je suis parti. J'avais en plus autre chose à foutre.

Avec le recul, ce n'était sans doute pas ma meilleure réponse. Mais je n'avais plus d'énergie. 

Le lendemain, j'ai reçu un SMS me proposant d'échanger sur le mal-être que j'avais exprimé en réunion. Je venais justement de prendre rendez-vous avec le médecin du travail : nous étions alignés (miracle alleluia). Je n'avais pas dormi de la nuit, et le matin le ventre jouait avec moi (pauvre Jacob Delafon, ils ont un vilain métier)

J'ai répondu que je n'étais pas en état de discuter. Pas par provocation. Encore moins par stratégie (incapable dans mon état de monter un complot).

Parler avec quelqu'un quand on est pas entendu est épuisant. Et ces derniers temps, je suis fatigué. Et je suis paresseux, pas besoin de me battre contre une personne qui a toujours raison

J'ai ensuite reçu un mail de sa part. Qui m'expliquait que mon malaise venait du travail, que j'étais soutenu, que j'étais soutenu par mon chef. Je l'ai lu plusieurs fois. Quand on a des amis comme ça, pas besoin d'adversaires... Le déni...

Problème n°2, mon syndicat sait que je ne suis pas le seul à souffrir, parce que je souffre. Et il veut intervenir. Bon... 

Mon N+2 m'a appelé amicalement. M'invitant à ne pas couper le canal de discussion avec ma N+1. Je n'ai pas voulu être méchant car je sais que mon chef vit des moments difficiles. Mais je lui ai dit que je n'avais ni l'énergie ni le temps de parler avec quelqu'un qui a toujours raison.

Une dernière…. J'écris souvent ici ces souffrances. J'ai l'impression d'être Balerdi, une personne importante, mais toujours présent sur la photo sur le lieu du crime, le but que prend l'OM. C'est dur.
Peut être suis je ingérable… Peut être. 

Ce soir je dois calmer mon syndicat, tenter d'aller mieux, ménager mon foie. 

Mon billet sur le Namek du Havre attendra. C'est con, il est bien mon billet sur Edouard Philippe...

dimanche 31 mai 2026

Fin de saison, fin d'aventure...

Fin d'une période. 
Hier, les équipes du HBCR (club de hand de Roquemaure) des -15 filles et garçons ont perdu en 1/4 de finale. En étant valeureux. Ce qui m'a fait de la peine était de voir mon fils et l'autre gardien pleurer les bras l'un dans l'autre. 

Mon fils aura plus de 15 ans l'an prochain, ça sera son remplaçant qui deviendra titulaire. Lui qui a remplacé FalconhillJr la semaine dernière pendant qu'il soignait sa cheville. 
Mon fils a fait un beau match. Mais en face Frontignan était très fort, trop fort. Et mon fils est un très bon gardien. En face il y avait un grand gardien qui a remporté des points. 

Hier c'était la fin d'une aventure de copains. Nous resterons au club en bénévole. Mon épouse élue aura un œil attentif au club (la présidente est élue aussi). 
Quel plaisir ils nous ont procuré…

Nous n'irons pas à Toulouse dans 15 jours. Mais nous irons voir Laurent Gerra à Avignon. 

Fin de vacances pour moi et début d'une période qui, jusqu'en Aout, sera intense. Professionnellement, universitaire, syndicalement, humainement. 
Je vais revenir dans le monde absurde de mon boulot. Où on me demande de faire des économies mais en faisant plus. Où on demande des reportings sur les reportings (sans déconner je vais rendre une note à ce sujet… on délire). Relation avec ma chef toujours exécrable. 
Non, vraiment j'ai pas envie. Mais nous avons fait la déclaration des impots sur le revenu. Faisant partie des moins de 50% qui les paient, il faut travailler pour permettre à des casseurs de fêter la victoire du PSG en pillant des boutiques. 

Ce soir on va faire la fête des mamans. La maman de mes enfants. 

Sinon j'ai fini le dernier livre de Joseph Macé-Scaron "Les Remplacés". Ca se passe à Lyon, c'est magnifique. Joseph, outre le fait que c'est quelqu'un que j'estime, est un très bon écrivain. Un page turner du niveau facile Bernard Minier. 

Le reste… Pas plus à dire, on verra demain. 
Là, c'est dimanche soir...

jeudi 21 mai 2026

Dos en vrac mais...

 Il y a un an j'écrivais un billet sur un séminaire professionnel qui m'en avait mis "plein le dos". Je pourrais écrire presque le même billet ce soir : "Pas trop fort. Pas trop vrai. Pas trop vite". Et surtout : pas de vagues.". 
Mais surtout un dos douloureux, comme l'année dernière

Je suis en “vacances”. Les guillemets ne sont pas décoratifs : ils sont médicaux. 
Je vais sur mes mails pro. 
Je continue de voir l'absurdie du monde professionnel dans lequel je vis. Les injonctions contradictoires, et la manière dont nous sommes considérés. Professionnellement, humainement. 

Je pense que cela fait un an que je suis dans une période absurde professionnellement parlant. 
Je m'en rends compte aujourd'hui parce que comme il y a un an, je viens de passer la journée dans le canapé. Le dos qui me fait terriblement souffrir.

Hier matin passage sur ma messagerie pro. Pour lire des trucs délirants, qui font que mon "retour" va être pénible.  
Je suis allé courir deux heures "à la fraiche". L'été est arrivé violemment ce weekend. Cet AM nous avons frôlé les 30°C. En rentrant, une douche. Bien. Moins bien les tremblements derrière et la forme pas top. Rien de spectaculaire mais assez pour comprendre que le corps réclamait autre chose qu’un tableur et deux heures de course.

Vers midi, le dos… D'abord en bas à gauche, puis toute la ceinture lombaire. Et là, une douleur incroyable. Qui ne va pas dans la jambe (sciatique non). Et une fatigue sourde… Bon, je venais de faire du sport, de me prendre le choc thermique, mais quand même…
Aujourd'hui, je ne suis pas allé sur la messagerie professionnelle. J'ai fini Rupture de Bernard Minier et commencé le dernier Macé-Scaron (Les remplacés) que je viens de recevoir. (Joseph Macé-Scaron est un super romancier de thriller). C'est bien. 

Mais j'ai très mal au dos. 

Cela vient du sport ? De la membrale que je commence à avoir (une maladie qui vient avec l'age : le nombril qui l'éloigne de la colonne vertébrale) ? Du ras le bol ? 
Si je me mets en lien avec l'an passé, je dirais que j'en ai plein le dos. 

Je suis en vacances. La saison de l'OM est finie. Mais je suis vidé comme le réservoir de ma Mégane qu'il faudra que j'aille remplir avec un diesel qui prix du Châteauneuf du Pape. 

Il y a un an, j’en avais plein le dos.
Un an plus tard, le dos confirme.

lundi 11 mai 2026

Le lundi c'est gestion des conflits

Ce billet du dimanche soir sera publié un lundi soir. 
Le match de l'OM d'hier je m'en foutais tant ils se sont moqués de nous. Les supporters. Une peine de cœur est dure…
Et pourtant je pardonne… J'aime et je suis chrétien.

Et le match je ne l'ai pas vu. Tri dans les photos, trop de sport samedi et dimanche (vu au stade, les enfants en hand et Nimes Olympique, et pratiqué avec deux fois 30 km marche / courses), peut être un apéritif un peu trop serré. Je me suis endormi. 
Je n'ai pas vu la purge de l'OM, qui leur permet de sauver une petite coupe d'Europe. Peut être…

Je reviens sur le tri des photos. Celles de vacances. Compliqués. Y en a beaucoup.
Le changement de PC et d'iPhone récemment font que j'ai plus les mêmes réglages (des photos portraits qui se mettent en paysage…). 
Et je pique celle de Falconette et des enfants… Qui ont aussi changé d'iPhone et j'ai des formats HEIC

J'ajoute pour finir que j'ai quasiment filmé l'intégralité du match de hand de FalconhillJr qui les a sacré premiers de la poule régulière. Maintenant les play-offs. Génial, mais l'Occitanie c'est grand...

Je suis - normalement - en vacances ces 15 prochains jours. 2 jours pour retourner au boulot régler un soucis familial. Les deux derniers jours de Mai. Et puis… ? Le retour. Ma chef qui envoie des mails passifs agressifs avec un naturel désarmant. 
J'avais une visio ce matin (je vous l'avais dit, des "vacances"). Le temps de lire un de ses mails qui donnent envie d'y répondre avec un scud. Jamais une bonne idée. 


J'ai appris un nouveau modèle : celui de Thomas Kilmann en gestion des conflits. Je suis gentil, je vous l'offre. 

Prenez un carré et faite quatre cases. Et voyons si, dans le conflit, vous être vis à vis de l'autre en compétition ou pas en compétition, si vous voulez coopérer ou pas du tout. 
  • Cas 1 : Compétition totale et zéro coopération --> vous êtes un requin (le verbe : Rivaliser)
  • Cas 2 : Compétion + Coopération --> Hibou (qui voit loin mais n'est pas maladroit) ou fourmi (coopérer)
  • Cas 3 : Zéro compétion mais coopération --> Nounours (souvent mon cas).  (accommoder)
  • Cas 4 : Zéro compétion et zéro coopération --> Tortue (éviter)
Et il y a un 5eme cas qui marche bien dans les grandes structures et en politiques. Celui qui est au centre ni trop ni pas : le renard (compromis)

Face à ce mail qui me gonfle, je joue la tortue. Et d'une manière générale, je vais jouer la tortue.
Non, pas de compétition. Mais pas de coopération non plus. Ca ira beaucoup moins vite. Mais au moins ma carapace me protégera. 

Face à une chef requin, il faut parfois être tortue. Ais je quelque chose à gagner ? Au moins la tranquilité. 
Et Marseille une place en Coupe d'Europe s'ils gagnent ce weekend. Pas la grande mais quand même...

dimanche 3 mai 2026

Fragilité professionnelle...

Mon billet d’hier sur l’OM aurait pu être un billet du dimanche soir.
Tellement j’avais cette tristesse du dimanche soir. Marseille est 7ᵉ.

Mais surtout, j’ai mis par écrit ce que je ressens. Une sorte de maltraitance dans mon travail.
Le Point avait écrit un article sur les microagressions au travail. Il méritera un développement.

Suis-je agressé ? Je me le demande.

Mardi, ça m’a sauté aux yeux.
Une réunion où je défendais mon travail devant mon N+1 (qui ne cessait de me couper, de me demander d’aller droit au but, de dire des contre-vérités…) et mon N+2 (qui lui a demandé au moins trois fois de me laisser finir).

Mon N+1 a souvent à mon encontre des phrases du type :
  • « tu mélanges tout »,
  • « tu es trop long »,
  • « tu as des problèmes »,
  • « tu délires ».

Micromanagement à fond. Jeudi encore : échange de mails, six messages, avec des injonctions contradictoires.

Mon N+1 m’a demandé, suite à un accrochage l’été dernier, de faire un coaching.
Très bien. Positif pour moi.
J’ai compris une chose : je n’aurai jamais une relation de qualité avec ma supérieure hiérarchique.
Mon coach n’a pas non plus une haute opinion de la personne.

Et mardi, après la réunion, mon N+1 vient me voir :
« on va prolonger le coaching et on le fera à trois pour qu’on améliore notre relation ».

Je n’ai rien dit.

Puis : « il t’appellera ». Et en effet, une fois sortie de mon bureau, je recevais le SMS.

Mon N+2 est passé après pour me dire que je m’étais bien exprimé. Que j’avais été clair.
Je venais juste de prendre ce que je considère comme un coup du lapin.

Alors je ne sais pas quoi penser. J’ai eu mon coach. On est aligné. Je ne sais pas comment ça va se passer.

Pour lui, j’ai un profil d’enseignant-chercheur. Je suis expert dans mon domaine. Maitre de Conférence. 
Mon N+1 ne supporte pas que mon N+2 me sollicite directement et me mette en avant.
(C’est ce qui a été dit à mon coach.)

Et que mon N+1 « me lâcherait si je continue… ». Continuer quoi ? Je ne comprends pas.
Surtout que je n’ai pas vraiment le sentiment d’être accompagné.

Ce dimanche soir, j’ai mal au ventre. Comme tous les dimanches soirs.

On me parlera de l’OM demain pour me brancher. Ca ne me fera pas grand chose...
Mais je me dis que je risque un peu plus. Quoi ? Aucune idée.

J’adore mon collectif. Mon travail. Sauf une personne. Qui veut avoir droit de vie et de mort sur moi.

J’ai été délégué syndical. Mais je n’ai jamais su me défendre. 
C’est bien ça qui est emmerdant.

Allez, je vais boire un coup.
Formule 1 ce soir.  Ça repart. Rendez-vous au premier virage…

samedi 2 mai 2026

C’est vraiment très dur d’aimer l’OM

Y a une chaine YouTube qui me fait marrer, et que l'équipe Cazarre Drouet écoute souvent. L'immigré parisien, qui commente les matchs de Paris. C'est souvent des "frappes !", des "vas te faire enculer". Ou quand ça se passe vraiment mal, des toujours classes "allez piner vos **bippp** de mère, c'est bon ! (allez vous faire enculer)". 
Là, j'avais envie de faire l'immigré marseillais devant ce scandaleux Nantes Marseille où mon OM a démontré une chose : ils ne méritent rien cette saison. Ils ont été indignes !

Ca a commencé tragiquement à Rennes où à 11 contre 10 ils se sont pris un but dans les arrêts de jeu. Puis Rabiot s'est battu.

Quand nous étions à Rome, Marseille a été leader. "Je déraille frère". Oui, on a déraillé, mais pas de bonheur.

Sortie de Noel, Marseille Nantes où déjà bonsoir tristesse. Le match de Coupe d'Europe où on se fait éliminer après un scénario dingue : un match où on perd 3-0 et où on "tiens le score". Pour finalement qu'un goal marque un but à 1200 km de là qui nous élimine.
5-0 à Paris, élimination en Coupe. Un billet "huitième degrés" qui m'a fait me facher avec mon parrain que j'adore. 

Bref, l’OM aura moins été l’Olympique Magnifique que l’Olympique Misérable.

J’ai honte, j’ai mal, je ne suis pas bien. Pourtant il fait beau et ce n’est que du foot. Mais cette saison, ce gâchis, me fait honte, me fait mal.

À côté, j’aurai évité de penser au travail durant ce week-end de trois jours. Lecture. Un peu de sport. Le boulot est très dur et j’ai l’impression de ne pas être très bien traité — pour ne pas dire plus — par mon N+1. Et d’autres le voient. Et ça fait mal.

Enfin, l'OM nous aura fait honte. 
Mais ils auraient gagné, ça n'aurait pas fait baisser le prix du gasoil...


dimanche 12 avril 2026

Conflit de loyautés

Qu'est ce que la loyauté ? 
Je suis à moment étrange où le bureau d'une organisation m'a écarté (par bienveillance…) d'une décision dure qu'ils ont pris. Faire une alerte contre un proche, un très proche. Qui, sur le fond, a commis et continue de commettre des erreurs. Un proche qui a fait beaucoup pour moi. 
J'ai signé cette alerte. 

Oui, je suis un vert Horney (je vous promets un billet sur le sujet…), et un vert conciliant (Juliette m'a montré qu'il y a plusieurs teintes…). Donc j'ai quelques principes cons.
  • Je ne sais pas mentir
  • J’attache une importance sans doute démesurée à la relation et à la confiance
  • Un conflit doit se mériter : je suis paresseux, et la guerre c’est fatigant
  • Faire quelque chose que je ne sens pas m’est très difficile
  • Faire quelque chose contre mes principes me rend malade. 

Dernier truc. Je suis un hyper sensible. J'ai appris à vivre avec, à en faire une force (car ça me donne un instinct qui n'est pas mauvais). Et à savoir quoi faire quand cela me met en faiblesse. Car le problème de l'hypersensible est aussi son rapport à la fatigue, qui empêche action et réflexions complexes. 
Ce dimanche, j’étais épuisé. J’allais commencer le dernier Franz-Olivier Giesbert. Et finalement je me suis abruti sur Royal Match. Un Candy-Crush-like. La fatigue.
La fatigue, aussi, quand on n’est pas aligné avec soi-même. 

Je n'ai pas répondu à la question du début : qu'est ce que la loyauté ? Je n'en sais rien en fait...
Je me le demande, et me demande si je suis loyal. 
Vis à vis de la personne du début, je ne suis pas très gaillard. La méthode me déplait. Vis à vis de mes valeurs, non plus. Conflit interne. 
A t'on été loyal vis à vis de moi ? Ce n'est pas la bonne question (ou pas encore)

Le whisky de ce soir aura un gout bizarre. Pourtant, FalconhillJr a été super dans son match de hand. Marseille et St Etienne ont gagné. 

Demain, je retourne au boulot. 
Où dans le professionnel, on me demande de faire l'impossible. Injonctions contradictoires, qui a en plus un impact sur des sous-traitants. Des impacts humains importants. Là encore, conflit de valeurs. 
Où  mes relations aveec ma N+1 sont conflictuelles et actuellement ont des impacts sur la qualité du travail. Et sans doute sur ma santé.

Demain c'est lundi. Mais cea chaque jour suffit sa peine... (et je réfléchirai la loyauté" quand cette semaine très "étape de montagne du Tour de France" sera passée... ..Vacances presqu'ils de Gien semaine prochaine, si FalconhillJr ne se fait pas la cheville comme il y a un an :) )"

Peut-être que la loyauté commence quand on accepte de ne pas savoir tout de suite où elle se trouve.

mercredi 1 avril 2026

Retraite et passage de relais

Hier celui qui m'a recruté dans l'institution où je suis est parti à la retraite.
 
Quand il m'a envoyé le message pour me dire "ça y est, libéré", les larmes ont été l'Ouvèze de Vaison la Romaine. Je suis heureux pour lui. Mais... Mais je ressens un vide. 

J'avais pleuré quand il a quitté le site où nous travaillons pour aller travailler en région parisienne, 2017. Il a été mon chef de projet pendant presque 10 ans et m'a appris beaucoup. 

Mais je prépare un billet sur "la reconnaissance au travail". Le Point a écrit un super article sur ce sujet. Cette bonne blague...

mon ancien chef et guide est arrivé à un bon niveau, un haut niveau. A un moment, il ne savait se mettre à genoux devant des gens qui ne le méritent pas mais dont certains à la légion d'honneur... On enlève le correcteur d'orthographe : il n'avait pas forcément envie de sucer des maches à couilles. 
C'est con. Il l'a payé. Professionnellement.

10 mois après mon mon embauche il nous avait invité, Falconette et moi, chez lui. Son épouse, ses trois enfants, dont une fille que j'adore. 
Et j'ai vu la bibliothèque. Du De Gaulle dans le texte et sa plume, et celle des autres. C'est un bordelais, enfant, le Général lui a touché le front.
Quand il habitait à Orange, on rigolait (jaune) sur les seconds tours. Barrage républicain entre FN ou extrême droite ? 

Il avait l'âge que j'ai aujourd'hui quand il m'a recruté. Je lui suis resté fidèle.  
Un jour il me dit "tu sais Faucon, j'ai pris une carte syndicale à la CFE/CGC...". Comme gêné. Je lui ai répondu "tu sais que là les positions s'inverse : je suis ton délégué syndical ?" :). Ca l'a fait rire. Je n'ai jamais été dans le prosélitysme, mais il est venu vers moi naturellement. Oui tout simplement nous avions la même piste d'atterrissage. En tous cas les mêmes valeurs. 

Je me rends compte que j'arrive en première ligne. Je "perds" dans la mélée un ami, mais il est toujours là. Il part à la retraite en excellente santé. Sans aigreur. 
Mais comme Sangoku quand il s'est fait exploser avec Cell, je suis maintenant Sangohan face aux menaces... Dans un environnement pas franchement rigolo... Le Dadaisme ou le suréalisme, ça peut être joli dans un musée. Dans le monde professionnel, ça rend fou. 

Ce soir je me sens vieux. 
Falconhill Jr a visité le lycée. Et mon ami, mon maitre, est parti à la retraite. Le temps passe...

samedi 21 mars 2026

Changer de place (d'élu à expert)

Hier j'ai vécu un changement de posture. 

J'étais dans le train quand Falconette a reçu son écharpe d'élue (conseillère municipale. Le maire a voulu que chaque élu ait l'écharpe, c'est super). 
Moi je rentrais d'un cours donné à côté du Panthéon. 
Changement de paradigme. Je ne suis plus élu et politique, je suis expert. Dans un domaine scientifique, technique, mais qui reste aussi un peu politique. 


Jalousie ? Aucune (peut être un peu au début de l'histoire où je caressais mon black dog?). Fierté, bien sur. 
Falconette était ravie. Je ne lui envie pas les soirées où je rentrerai du boulot et où elle sera à s'occuper des affaires du village. J'ai déjà donné. 
Mais nos fils sont scolarisés, nous sommes impliqués dans la vie associative, le hand. C'est super qu'elle vive son aventure.  

Je serais ce qu'elle voudra que je sois. Mais en tous cas je ne suis pas un de ces "anciens combattants" qui vont donner des conseils à ceux qui n'en demandent pas. Si elle a besoin d'un avis ou d'une aide, elle l'aura. Mais je refuse de m'imposer. 

Des gens de la liste m'avaient demandé des avis, des conseils. Des analyses. Je leur ai donné. Oui, ça m'a fait plaisir, "l'expert" en politique a encore un peu de flair. Et il n'a pas été mauvais sur les résultats dans mon village, dans les communes aux alentours. Et sur les alliances (où je leur avais dit le soir du premier tour : mais bien sur que le PS s'alliera avec LFI : tout ce qui est moins à gauche qu'eux est un danger fasciste… C'est au delà de mes prédictions)

Le papa de Falconette a fait deux mandats de premier adjoint dans son village du Forez. Là il a laissé la place aux jeunes. Mon beau père est formidable. 

A côté de ça, il y a de la violence sur cette élection. Je confirme, elle laissera des traces. 
La campagne présidentielle 2027 sera violente. 2022 il n'y a pas eu de campagne, là ça risque de saigner. 

Je reviens à moi, plus simplement. À ma place aujourd’hui.

Je craignais ce moment de l'investiture. Celui qui ferait que je change de place. Avant j'étais élu. Maintenant, je suis mari d'une élue. J'ai été absent au passage de témoin et à mon changement de statut (et quelque part c'est très bien)

Quand nous nous sommes mariés, c'était dans mon village et non celui de Falconette 300 km plus au nord. Car j'y étais élu. Et mes amis adjoints (dont la Maire actuelle) nous ont marié. Cette fois, c'est le village de Falconette : elle fera peut être des mariages. Je lui souhaite. 
Quand nous nous sommes mariés, elle m'attendait le soir quand les réunions politiques étaient interminables. Les conseils violents. Là ça sera moi qui l'attendrait. 
Les enfants (enfin, le premier) était petit. Là, avec mes ados je regarderai le match de foot. 

J'étais élu, je suis expert. Je reste mari et père. Et citoyen, un peu plus engagé que les autres. Et c'est très bien.

(quant à demain les élections municipales… J'avoue que ma principale inquiétude est que l'Olympique de Marseille prenne trois points, le reste…)

mercredi 4 février 2026

Le passif-agressif : langue officielle du mail professionnel

Billet intenporel...

J'adore les articles du Point sur la vie au travail. L’article du Point parle de ce qui est devenu le virus silencieux des mails pro qui sont les formules passives-agressives :  ces tournures qui, sur le papier, semblent innocentes… mais qui, en creux, charrient du reproche, du “je suis agacé mais je ne le dis pas” ou du “j’attends que tu fasses mieux mais sans te l’exprimer directement”.

Ce sont des phrases qui font mal parce qu’elles laissent deviner une tension et demandent au lecteur de deviner l’intention derrière.

Et comme souvent, je me suis reconnu. Pas comme victime. Comme un salarié qui reçoit pléthores de mails, et qui en reçoit des formules passives-agressives. 

Ces phrases déplacent le conflit au lieu de l’assumer. Elles ne sont pas violentes, mais franchement fatigantes.

Listons la jolie liste du Point. De ces mots. 
  • “Sauf erreur de ma part” → classiquement utilisé pour pointer une erreur sans la nommer, et ça fuse direct comme une bombe à retardement.
  • “Pour rappel” / “Comme dit précédemment” → ça peut se lire comme « j’exige que tu te rappelasses, parce que tu t’es planté ».
  • “Merci de …” / “Merci d’avance” → ostensiblement poli, mais peut camoufler une attente ferme sans discuter.
  • “Comme tu veux” / “Si tu veux” → qui ressemble à de la liberté mais est en réalité une façon de faire porter la responsabilité (et le blâme) à l’autre.
  • “Ah” / “OK” tout court → souvent perçu comme un signe de désapprobation froide.
  • Je me permets…” → soit une excuse inutile, soit une façon de poser une exigence tout en faisant mine d’être humble.
Il n'y pas une phrase - un mot - de conclusion qui manque dans cet article. Et qui me casse les roues. "Cordialement". J'en ai fait un joli billet. Next. 

Y a d'autres phrases passives agressives cité par le Point.

"On peut se parler deux minutes ?" → que cette phrase est faussement anodine, mais jamais neutre... Traduction possible selon le contexte :
  • « J’ai un truc à te reprocher mais je ne veux pas l’écrire »
  • « Prépare-toi, ça ne va pas être agréable »
  • « Je te mets une petite pression en amont »

Ce qui fatigue, ce n’est pas la discussion. C’est l’anticipation anxieuse que cette phrase déclenche.
Deux minutes de parole pour celui qui te demande, c'est parfois deux heures de rumination avant. Et deux jours de ruminations après pour l'imbécile qui les a accordé, ces "deux minutes". 

"les émojis" → arme à double tranchant, parfois carrément passif-agressive sous stéroïdes. Les exemples classiques : 
  • 🙂 après une phrase sèche → “je souris pendant que je te pique”
  • 😉 → connivence forcée
  • 😅 → je me défausse de la gêne sur toi
  • 👍 seul → fin de non-recevoir polie

L’émoji peut adoucir… ou déresponsabiliser le propos.
Et surtout : quand une phrase a besoin d’un émoji pour ne pas être désagréable, c’est que la phrase est désagréable. C'est comme le "cordialement" après une phrase pas du tout cordiale. Tu me fais un clin d'oeil après m'avoir mis un coup de pied au cul. Je prends mal. . 


La ponctuation : l’arme blanche du mail pro. La ponctuation ne sert plus seulement à structurer, elle signale une intention.
  • Le point final → clôture, parfois froideur
  • Les points de suspension… → sous-entendu, reproche latent
  • Les majuscules → haussement de ton numérique
  • Les phrases très courtes → autorité sèche
  • Le point d’exclamation → injonction maquillée
  • Le double point d’exclamation → agacement mal contenu
La ponctuation devient un langage émotionnel codé, et le lecteur passe plus de temps à décoder le ton qu’à comprendre le fond.

Sur le fond, c'est irritant cette communication passive - agressive. Elle appelle à 
  • Une surcharge cognitive (“qu’est-ce qu’elle veut dire ?”)
  • Du flou hiérarchique
  • De lâcheté organisationnelle
  • Une peur du conflit direct
Dans le management (que je défendrai toujours), le passif-agressif est souvent le langage de ceux qui n’ont ni le temps, ni l’espace, ni l’autorisation d’être clairs.

Le problème du mail passif-agressif, ce n’est pas la méchanceté. C’est l’absence de courage relationnel.
Et à la longue, ça use plus sûrement qu’un conflit assumé.
Ce genre de tournures agit comme un micro-poison relationnel : on lit, on décode, on se demande ce qu’on veut vraiment nous dire, et cette incertitude épuisante. C’est exactement ce que l’article pointe : la bienveillance de façade masque souvent des attaques indirectes — et la résultante, c’est un climat qui s’envenime sans que personne n’ait osé dire les choses frontalement.

Cette interprétation permanente est épuisante.  

Le “cordialement” n’est que la partie visible. Autour, il y a tout un vocabulaire feutré, poli, professionnel, mais souvent chargé de tensions qu’on n’ose pas nommer.

Donc oui cher lecteur, si tu te dis “tiens ça me rappelle une phrase que j'ai reçu”, c’est normal : dans des relations tendues, ces tournures ressortent comme une épine dans la semelle — On ne trébuche pas dessus. Mais on finit par boiter.😉👍 .

vendredi 30 janvier 2026

Cordialement

Billet un peu plus léger. 

Dans ma vie professionnelle, le mail est une obligation. Un truc me gonfle : c'est le "cordialement" automatique en fin de mail. Le point final qui claque comme une porte de TGV. 

Le cordialement n'est pas agressif en soi. Mais son usage automatique, sec, décontextualisé, m'est insupportable. Surtout quand il arrive à la fin d'un mail qui est tout sauf "cordial".

Pourquoi ce roi du passif-agressif administratif énerve (m'énerve) autant ? 

Peut être parce qu’il peut être utilisé dans quatre cas très différents, et qu’on ne sait jamais laquelle :
  • Mail normal et cool (ça arrive) : dans ce cas le "cordialement" est cordial 
  • Neutre réel : “Je clos le mail, rien à signaler.” (rare chez les gens tendus)
  • Froideur hiérarchique :  "Je suis au-dessus, restons formels.”. Traduction : distance, pas de discussion
  • Désapprobation polie (le plus fréquent dans mon cas). "Tu me les brises, mais je reste dans les clous.

Et quand le corps du mail contient :
  • un rappel,
  • une demande floue,
  • une micro-remise en cause,
  • des choses vraiment désagréables,
Alors le “Cordialement.” devient un sceau de froideur. Un putain d'irritant. Autant me foutre une baffe dans la gueule en me souhaitant une bonne journée

J'ai été viré de mon poste de manager par ma N+2 suite à un mail de 20h30, avec le quart du canton en copie, humiliant et désagréable. Conclu par un "cordialement".

Et le "cordialement" il est de différentes natures. 
  • “Bien cordialement” → encore un minimum de chaleur
  • “Cordialement,” seul, avec point → clôture sèche
  • “Cdt” → expéditif, quasi SMS RH
  • “Merci, cordialement” → passif-agressif premium

Le pire est qu'il est mis automatiquement avant la signature. Quand tu t'es pris la marée juste avant, c'est agaçant, c'est irritant. 

Quand cela vient d'une personne (comme j'ai pu en rencontrer plein dans ma carrière) déjà perçu comme crispé, dans le micro management (agaçant), ou en perte de lien avec l’équipe ? Ça renforce exactement ce que je mets en avant : distance, agacement, soupirs autour de la machine à café.

Beaucoup de managers et salariés utilisent le “Cordialement” : 
  • sans conscience de l’effet,
  • comme une armure,
  • pour rester “professionnels” quand ils sont intérieurement en tension.
Autrement dit : ce n’est pas forcément calculé… mais l’impact, lui, peut être bien réel.

A titre personnel, j'ai toujours un mot personnalisé à la fin du mail. Pas un "bisou" (dans le monde du travail ça ne se fait pas). Mais un "bonne journée", "bonne soirée", "merci encore de ton aide", "à ta disposition pour en discuter"...
Et de toutes manières, je suis cordial (certains diront gentils). Mes mails sont cordiaux. Donc je n'ai pas besoin d'écrire "cordialement", le contenu est cordial. 

Le Point a écrit un article assez bon (qui me donnera l'occasion d'un article plus tard) sur les "8 formules passives agressives" dans les mails. Oui, y aura un billet au moment voulu. 

Vous l'avez compris : travaillant avec des gens dont certains ne sont pas super cordiaux, le "cordialement" de fin de mail me gonfle. Allez, il m'a donné l'occasion d'un billet. 

Bien Cordialement.

jeudi 15 janvier 2026

Managers de proximité : au cœur du système… et souvent seuls


L’article du Point sur les managers de proximité met le doigt sur quelque chose de très juste :
ils sont au centre de tout — et pourtant souvent seuls face à tout.

Entre le terrain et la direction.
Entre les injonctions stratégiques et les réalités humaines.
Entre des équipes fatiguées et des organisations sous tension.

Ils sont la charnière. Et comme toute charnière, on ne la remarque que quand elle grince.

Être manager de proximité, ce n’est pas “manager petit”
On parle parfois du management de proximité comme d’un management « intermédiaire », presque mineur. C’est une erreur. Une connerie même. 

C’est sans doute le poste le plus exposé et le plus complexe :
  • il faut traduire des décisions venues d’en haut,
  • absorber les frustrations venues d’en bas,
  • gérer les injonctions contradictoires
  • maintenir le collectif quand les moyens se réduisent,
  • expliquer des choix qu’on n’a pas toujours faits soi-même.
Et continuer à tenir, sans toujours avoir la main sur les leviers.

Le paradoxe : responsables mais sans pouvoir réel.  Le manager de proximité est souvent responsable de tout, mais maître de rien (un Iron Man à poil) :
  • pas la main sur les budgets,
  • rarement sur les effectifs,
  • peu de marge sur les priorités imposées,
  • et pourtant comptable du climat, des délais, de la qualité.
C’est une position inconfortable, parfois intenable.
Et quand ça craque, on lui reproche ce qui relève souvent du système.

La solitude managériale est réelle. Ce que l’article décrit bien, c’est cette solitude :
  • peu d’espaces pour dire le doute,
  • peu de lieux pour déposer la charge émotionnelle,
  • peu de reconnaissance du travail invisible : arbitrer, écouter, amortir.

On attend du manager de proximité qu’il soit à la fois :
  • solide,
  • disponible,
  • exemplaire,
  • loyal,
  • performant,
  • humain.
Sans toujours lui donner les moyens d’être tout cela à la fois. Et sans lui donner une juste reconnaissance. 

Le risque : l’épuisement ou le retrait. À force, deux issues se dessinent souvent :
  • l’épuisement (burn-out, désengagement),
  • ou le retrait (on fait “le job”, sans plus s’exposer).
Dans les deux cas, c’est une perte pour l’organisation. Car ce sont précisément ces managers-là qui tiennent le réel.

Et pourtant… Malgré tout, certains tiennent encore. Par sens du collectif, loyauté envers leurs équipes. Et Par envie de bien faire.
Ce ne sont pas toujours ceux qui font le plus de bruit. Mais ce sont souvent ceux sans qui rien ne fonctionne vraiment.

Peut-être qu’au lieu de leur demander d’être plus “résilients”,
il serait temps de leur offrir :
  • plus de clarté,
  • plus de soutien,
  • plus de confiance,
  • et un peu moins d’injonctions contradictoires.
Parce que les managers de proximité ne sont pas un problème à gérer. Ils sont une ressource à protéger.

(Ce billet est écrit par un ancien manager de proximité qui maintenant fonce dans l'expertise... Merci, j'ai donné)

vendredi 19 décembre 2025

Le micro-management, c'est agaçant

J’adore les articles « vie professionnelle du Point ». Et cet article sur le Micro-management : 5 signes pour les reconnaitre, m’a intéressé. J'ai revu forcément des moments de ma vie professionnelle.

C’est vrai qu’il y a des mots qu’on connaît sans vraiment arriver à les saisir. Par exemple : "mauvais management". Tout le monde sait dire quand ça cloche, mais mettre le doigt dessus… pas si simple. Il y a tellement de causes, autant de conséquences. Le micro-management est une de ces causes qui font du mal. 

Le micro-manager n’en n’est pas forcément conscient. Donc pas de leçons ni de dénigrement. Mais juste mettre le doigt sur cette pratique.
Surtout que nous parlons du manager qui veut bien faire, qui n’est pas méchant, toxique à ses dépends, pas « tyran pyramidal de l'entreprise » mais qui pourrait le devenir à ses dépends…

Donc quelles sont les 5 éléments qui permettre de voir que le manager fait du micromanagement ?

1 - Il impose sa façon de faire.
Même subtilement : questions fermées, solutions « suggérées ». Message implicite : « Fais comme moi. ». En fait, il t’explique ce tu sais, mais en te faisant comprendre qu’en fait tu ne comprends rien et que c’est lui la vérité.
C’est agaçant… Et quand on est professionnel et expert dans son métier... C'est agaçant.

2-  Il veut tout contrôler.
Relecture systématique des mails, notes, rapports. En y rajoutant forcément une petite touche. Pas des plus utiles. Mais quand même. C’est pas forcément méchant — mais manque de confiance. Et besoin de tout contrôler.
Valeur ajoutée zéro, mais perte de temps. Et ça aussi, c’est agaçant.

3 - Il veut être en copie partout.
Y compris sur des sujets qui ne le concernent pas ou dont sa valeur ajoutée est proche du zéro absolu. Bankaï de « cc » et boite aux lettres vites pleins.
Surcharge, lenteur, suspicion. Sur contrôle.
Et si tu le mets en en « cc » tu en entends parler. Oui, c’est agaçant aussi.  

4 - Il multiplie les réunions et le reporting.
Des points pour vérifier, pas pour avancer. Et c'est connu, pendant qu'on remplit des tableaux excel à la con on fait avancer le Schimlblick. Mais plus lentement.
Ces « petits points » hebdomadaires qui ressemblent au mieux à des confessions religieuses, au pire à des grandes réunions d’alcooliques anonymes. 
Agaçant ? Oh oui...

5 -  Il ne sait pas déléguer.
Il a été promu pour son expertise, par pour son leadership... Il reste « l’expert », pas le chef d’orchestre. Pour lui déléguer, c’est accepter que quelqu’un fasse autrement que lui.
Bref il marquera des buts. Mais la passe décisive attendra. Et faire des appels de balles dans le vide, ça ouvre des espaces. Mais ça épuise. Et quand on ne reçoit jamais le ballon, c’est agaçant.


En résumé, si vous n'avez pas compris : le micro-management c'est vraiment agaçant. En tous cas moi, pour le dire avec mots à moi : ça me casse les alibofis.

Il a été promu parce qu’il était très bon dans son métier. Brillant parfois.
Mais manager, ce n’est pas être le meilleur du terrain, mais c’est animé une équipe. Et ça demande une autre vertu : la confiance.
Et là, bien souvent… ça coince.

On se retrouve donc à faire des reportings qui ne servent qu’à rassurer quelqu’un : le micro-manager. À remplir des tableaux Excel que personne ne lit vraiment. À commenter des commentaires de commentaires.
Pendant que le vrai travail attend sur le coin du bureau.

Le pire est que le micro-manager ne s’en rend pas compte. Il n’est pas méchant. Mais à force, l’agacement augmente de manière discrète, mais réelle. Et à un moment, ça craque, ça clashe.
En ce moment, je me retiens. Mode montée de l'Alpe d'Huez, virage après virage. Ca serait con de craquer avant Noel...

Je ne suis plus manager depuis Juin 2022. J'en ai déjà parlé ici et j'ai déjà dit ce que ça m'avait couté. Je n'étais pas micro-manager et j'ai trop fait confiance. J'ai appris que « la confiance n’exclut pas le contrôle », à mes dépens là encore. 
Je ne répète pas mon expérience.

Le micro management est pénible, mais on apprend à vivre avec... 

Par contre, une vérité dans ces articles du Point : c'est difficile d'être manager aujourd'hui. Donc on se protège, et en se protégeant parfois on dérape...

mardi 9 décembre 2025

Manager : quatre mois pour cramer

Je lis ça, et je me dis : tiens, j’ai déjà vécu cette musique.

J’ai eu ma période managériale. 2 ans et demi. Pas long, mais suffisamment pour laisser des traces. Et clairement : ce n’est pas la période que je garde comme le meilleur de ma carrière...

Le contexte compte.
Une personne proche devenait chef de service. Il m’a demandé de le suivre, de prendre un poste de chef de groupe (manager de proximité) pour le seconder. Dans un métier qui n’était pas le mien. L’équipe était top, mais leur métier… je ne le maîtrisais pas. Et un manager n’a pas besoin d’être expert, mais quand même : ça limite.

Je suis devenu manager un mois avant le Covid, après réorganisation d'ampleur historique. 
Entretiens par Skype, appels aux agents confinés, décisions qui changeaient chaque semaine… ambiance particulière, et inédite. Rappelons nous le Covid.

Et je n'étais pas seulement manager :
– j’avais encore mes objectifs opérationnels,
– j’étais délégué syndical et élu
– et tout ça en pleine crise sanitaire.

Ajoutons une chef de département au management… disons abrasif. Mon N+1 a tenu quatre mois avant de claquer la porte. Il nous en a voulu à tous : à moi, à mon collègue chef de groupe (toujours un copain), et même à sa plante verte.
Notre cheffe, en un an, avait fait partir ses trois chefs de service. Puis ça a été le tour des chefs de groupe.
Ma tête est tombée un soir de décembre 2021, après une engueulade homérique (ne pas écrire de mails à sa chef après 20h30...).
Et ma respiration est revenue en mars 2022, quand j’ai accepté de sortir du poste. Juin 2022 : nouveau poste, nouveau souffle. Enfin.

(je passe l'automne, avec deux zonas, le corps qui se réveille et décompresse)

On nous vend le management comme un « passage naturel » : tu fais bien ton boulot → tu deviens manager. La loi de Peter appliquée plein gaz sans aucune retenue...


Sauf qu’en 2025, un manager, ce n’est pas seulement quelqu’un qui « accompagne une équipe ».
C’est quelqu’un qui doit :
  • faire du reporting en mode gavage de foie gras
  • appliquer des décisions absurdes
  • subir des injonctions contradictoires
  • gérer la frustration du haut, du bas et des côtés
  • rester exemplaire quand lui-même craque
  • et servir de fusible général quand ça merde..

Comment ne pas comprendre les jeunes qui disent : « non merci » ?
Parce qu’un rôle qui te promet stress, solitude et désalignement permanent… ça n’attire plus. Du sang et des larmes ça fait rêver moyen.  
Et ce n’est pas une question de génération fragile. C’est une question de système qui tourne à vide. Sans sens. La "valeur travail" avec le driver "fait des efforts" et "sois fort", ça ne marche plus

Dans mon cas, j’ai vite compris que ça allait bouffer quelque chose d’essentiel en moi. Et je ne parle pas de compétences. Je parle de la capacité d’être soi-même. De penser, d’enseigner, de créer, de respirer. 

Manager, ça m’a appris beaucoup de choses. Mais ça m’a surtout confirmé une intuition : je préfère mille fois travailler avec les gens. Gérer les personnes ne me pose pas problème. Mais c'est être le ressort entre le haut et le bas que je n'ai pas supporté. 
Le rôle existe toujours, mais l’armature a disparu.

Alors oui, ce billet pourrait être un éloge du management. Il n’en sera rien. Ce rôle ne peut attirer que si on lui redonne du sens, du temps et du soutien.

Et ça, pour l’instant… on en est loin. 

mercredi 19 novembre 2025

Leçon nucléaire à Véra-Cruz

La Cité de la Peur est un chef-d’œuvre. Comme un bon rapport de démantèlement nucléaire : à chaque vision, tu découvres un nouveau truc fabuleux. C’est Les Bronzés font du ski des années 90.
Mon épouse n’est pas très « Nuls », mais moi, un « je combats le gras et la tache » ou un « j’en ai rien à branler, nature », ça me fait mourir de rire. 

Lundi, en cours, j'expliquais à mes élèves le Becquerel, le Gray et le Sievert. Des unités de mesures (comme les kilos, les mètres). Accrochez vous, le Maitre de Conférence va parler.

Je me place "joueur de hand". Et mon fils, Falconhill_Jr qui est gardien et se prépare Sport étude, et un bon modèle. 
L’attaquant balance des tirs : ce sont les Becquerels. Mon fils, lui, prend les Gray — ce qui arrive réellement dans son corps.
Et le Sievert ? C’est le Gray… plus la douleur. Le facteur humain. Là où ça touche, et comment ça fait mal. Mr Sievert ajoute une notion : la douleur. 


Et donc forcément, un soir d'entrainement, Falconhill_Jr est arrivé en pleur. Il s'est pris un Becquerel (un tir, un ballon) pas dans les mains, pas sur l'épaule, mais bien visé dans les couilles. Forcément, un Gray vaut pleins de Sievert. Larmes aux yeux... (serai je papy ?)

Mon médecin copain (et ancien maire) a vérifié tout ça et m’a expliqué comment on voit si les gonades (couilles en jargons médicals) sont touchées. Culture de sûreté : un risque existe, on se protège. Direction Décathlon : la coque qui irrite les adducteurs, mais sauve les couilles.
C'est que j'ai enseigné lundi. Et je leur ai dit que pour bien comprendre : allez cherchez "Tonyglandil", les Nuls. Mes couilles, c'est du béton.

Mon Linkedin me sert à ça, à garder le lien avec mes étudiants et ceux que je rencontre dans des forums (on ne demande plus la carte de visite mais le lien Linkedin... Bon ils voient ma tête, derrière des schroumpths, et en message des Piccolos ou des Sangoku qui commentent l'actualité... Bref me faire un réseau je m'en fous, mais échanger j'adore).

Demain grosse journée. Mais pendant ce temps, à Vera Cruz... 

lundi 10 novembre 2025

Novembre ne sera plus jamais léger

Veille du 11 Novembre. Qui tombe un mardi, enfin un jour férié qui ne tombe pas un samedi ou un dimanche... Je n'ai pas fait le pont aujourd'hui, mais ne me suis pas rendu sur site. Journée studieuse mais à l'image du temps. Maussade. Un point positif, la messagerie était tranquille. Je n'ai pas un manager sur le dos pour rajouter un singe sur le dos. Ou voir quelque chose que je n'ai pas fait. Ce qui, d'ailleurs, n'est pas marque de brillance. Car je ne fais pas tout, et pas tout bien. Voir un loupé c'est facile. 

Veille d'un 11 Novembre et toujours cette impression que la pente vers Noel s'accentue. Ca fait pareil tous les ans. Je revis ce que je vivais l'an dernier, la préparation d'une consultation d'ampleur pour mon organisme. 

A part ça que dire ? Ce soir, j’écris pour rester éveillé. Pas pour dire quelque chose de brillant. Juste pour ne pas laisser filer la pensée avant la semaine.
Nous avons eu l'intermède sortie de prison de Nicolas Sarkozy. Oui, nous découvrons que la prison c'est dur. Non, nous ne relançons pas le débat de savoir si la case "prison" était obligatoire ou pas pour Sarkozy. Il est clivant, et sa vie aura été clivante... En tous cas romanesque. 

Avant veille du 13 Novembre. Nous "fêterons" les 10 ans des attentats du Bataclan, le 13 Novembre... Ca me mets une boule dans le ventre. Je me souviens de ce que j'avais ressenti, mais le lendemain car le soir, j'avais coupé le téléphone et nous regardions un bluray avec Falconette. "Réveil d'horreur" était le titre de mon billet du 14 novembre. Le lendemain, je publiais un article avec la une de l'Equipe.
Puis plus tard, nous rions avec Jawad. Qui "voulait rendre service". (La soirée chez Jawad m'amuse encore...)

Mélenchon et LFI abjects sont des pléonasmes. L'islam radical tue encore. Au Soudan ou au Nigéria, Franz-Olivier Giesbert nous rappelle que des islamistes tuent des chrétiens. Mais comme le méchat c'est Israel, qui a été terrorisé par des terroristes venant de l'islam le 7 octobre 2023, le silence est plus fort.

Bref un billet qui m'ammène sur le sentiment que cette semaine sera lourde. Et ce soir tranquille. La suite de Zero Day sur Netflix. 
Et 15 jours de vides footballistiques : je hais les trêves internationnales. 

lundi 27 octobre 2025

Semaine de 5 jours comme les autres

Je dis souvent que l’actualité de l’Olympique de Marseille le week-end dicte le ton que va prendre ma semaine.
Heureusement qu’il y a un match en semaine pour tenter d’éviter qu’elle ne soit totalement pourrie, vu comment elle a commencé.

À la machine à café, j’étais fatigué. Hier soir, je ne dois pas avoir vu beaucoup de tours du GP du Mexique. Mais j’étais convaincu que j’aurais trois jours en fin de semaine pour finir d’hiverner ma piscine. Pourquoi trois jours ? Parce que ça doit faire depuis le début du mois que je vis dans une erreur magistrale, qui ce matin m’est tombée dessus comme une baffe dans la joue droite.

Quand quelqu’un me dit : « Pourquoi tu parles de semaine de quatre jours ? Tu poses un jour de vacances ! » Et moi de rigoler, avant de réaliser que le mois d’octobre compte bien 31 jours. J’étais persuadé que le 1er novembre tombait un vendredi. Et non… Dégringolade dans l’escalier du réel.
Je me préparais depuis un moment à une semaine de quatre jours. Chute à l’arrière du peloton.

Un moment de vie. Il y en a eu d’autres aujourd’hui, moins amusants. Mais dans le monde dadaïste de l’entreprise, autant sourire de ses conneries. Elles permettent de relativiser d’autres moments qui ne sont « pas graves », mais qui pèsent quand même un peu sur les gonades.

Même s’il reste encore quatre jours avant de fondre sur le canapé, je sens que la piscine va attendre. Encore quatre jours avant le week-end… (et non trois)

(Espérons que mercredi, Marseille fasse un bon match contre Angers. Ce sera déjà ça.)

mercredi 20 août 2025

Sois gentil parfait et fais des efforts (les 5 drivers d'Eric Berne)

Eric Berne est un mec génial
. Il m'a changé ma vie. Il est le fondateur de l’Analyse Transactionnelle.

Freud a montré des choses. Lui a montré combien notre enfance influence notre façon d’agir, de penser et de ressentir. Parmi ses apports, on trouve les drivers (ou messages contraignants).  J'ai bientôt 50 ans et je suis toujours prisonnier de ses drivers, même si des gens (des psy, des docteurs, des proches, des amis...) m'ont permis de me rendre compte du gouffre (car ça en un) dans lequel tu tombes si tu... Si tu je sais pas. J'allais dire "conscient" mais je pense que c'est même pas ça. 
C'est une version pas évidente de la vie car elle nous rammene à l'enfant, au rôle enfant parent. Et à 47 ans, quand on (mes parents ou d'autres) viennent appuyer sur le morceau du dos qui fait mal, ça fait "ouille". Et tu tombes. Mais personne de t'entendra, personne ne te rammassera... 

Les 5 drivers : 
1/ - "Sois parfait". Donc rammène moi un 18/20 sinon puni de Club Dorothée,
2/ - "Fais des effort". Sans effort le résultat n'est rien donc combien de calories as tu dépensé ? 
3/ - "Fais vite". Tu es sympa mais le monde tourne donc bouge toi le cul
4/ - "Sois gentil". Sois sympa avec les gens et montre qu'on a envie de toi.
5 /- "Sois fort". Si tu pleures t'es un pédé, donc tu as des couilles tu es fort. 

A titre perso le 5 j'ai vite laché. 
Le 1 aussi. Le 3 jamais eu. J'ai toujours eu le 2 et le 4. Le 4 me guide, j'ai envie d'aider et envie (besoin) d'être aimé. Si je vais plus loin dans les questions fondamentales, d'être accepté, voulu. 

C'est horrible car quand on commence à bosser, sauf à etre méga conscient, on part avec ces 5 boulets.

Je donne des cours industriels et scientifique (Maitre de Conférence, Hastag jemetouche). Mais j'aimerais donner un cours sur ces 5 drivers. 

Je laisse la main à des gens compétents. Merci Juliette. 

Par contre je connais le danger de l'analyse transactionnelle. Lire Eric Berne, le Professeur Peter, connaitre Kalpsman et le PCM ne font de nous des super-héros, ou simplement des conseils. 
Et certains connaissent ces éléments. Et s'en servent pour eux, et faire du mal aux autres. J'ai été une victime d'une pro du triangle émotionnel. Elle s'en ventait.
A titre perso, ces connaissances me servent à aider des gens que je considère comme bien. Et je le fais avec la connaissance que j'en ai. 

Mais je peux dire que mes années de boulot m'ont ammené à ses connaissances. Je n'ai peut être pas envie d'être dans ce bordel de Peter. Où j'ai atteint mon niveau et de compétence, et d'acceptation.

Les vacances sont des moments pour réfléchir à tout ça. 

lundi 21 juillet 2025

Billet du dimanche soir le lundi matin

Y a des moments où le billet du dimanche soir débarque le lundi matin. Parce que hier je dormais déjà à 21 heures. Extinction volontaire des feux.
Je prends des cachets pour dormir — sans doute trop tôt. Envie de m’arracher à la réalité, comme on claque la porte sur la journée.
Résultat : des cauchemars. Pas ceux avec des monstres. Ceux qu’on appelle "existentiels". Simplement des blessures profondes, normalement soignées, visiblement pas cicatrisées.

Donc j’écris ce lundi matin. La semaine dernière était mieux avec le lundi férié.
Après une demi-journée, le ton est donné : le mode grognones est activé. Rien de dramatique, juste ce bruit de fond et cette lassitude sèche qui me font me poser la question « mais qu’est ce que je fous là » (à part gagner mon pain), et surtout qu’est ce que j’apporte à la société. 
Rien de tragique. Juste de l’absurde.

Chez nous, le lundi matin est “sanctuarisé” -  mot joli pour dire “bloqué pour la réunion rituelle”. Sauf qu’elle a été annulée. Cinq minutes avant. Le chef avait mieux à faire.
Sans doute une autre réunion sanctuarisée dans une autre dimension que la nôtre. Retour dans le dadaïsme professionnel : où l’on honore le rituel plus que le contenu, où le sens est mort mais l’agenda vit.

Je partage mon bureau avec des stagiaires. L’un d’eux m’est “attribué”.
Il me voit. Ce matin, il a vu que j’étais en mode ours. Pas méchant, mais qui aurait préféré rester dans sa caverne, avec un café et un podcast qui ne parle pas de “synergies transverses” mais du mercato de l’Olympique de Marseille
 
Et puis je découvre que nous sommes deux à bosser sur le même sujet. Personne ne le dit. Personne ne le coordonne.
Alors on patine. Moi en tout cas. Je n’avance pas.
C’est le grand classique : trop de monde sur le pont, mais personne à la rame. Le GPS sur la brouette encore...

Je passe en mode syndical ? Pas mieux. Là aussi, ça se déchire. Humainement, c’est toxique.
Mais avec le sourire. Toujours. Chez nous, même l’amertume est polie. Elle dit “bonjour” en entrant. (enfin, tous ne disent pas bonjour)

Et point bonus du jour : j’ai des corrections à faire. Un sujet de Licence.
Je vais m’y plonger tranquillement. Parce qu’en corrigeant, au moins, j’aurais l’impression de servir à quelque chose. 

Un peu loin de ce délire Excel où l’on confond indicateur et réalité. Ce monde où le sens du travail s’est fait remplacer par le tableur.
Mais où tout va bien, hein. Les feux du reporting sont verts.