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vendredi 9 octobre 2026

Banalisation du banal

Aujourd'hui, au lycée de mon fils, les cours sont banalisés de 15 h à 17 h. C'est bête il fini à 15h.

Banaliser. J'ai découvert ce mot, enfin son utilisation. Ca veut, dans la novlangue de startup nation (qui décline) Macron appliqué à l'enseignement (qui a sa propre novlangue) : "on arrête les cours, on discute, on s'écoute". 

Ne caricaturons pas. Cela parlera sans doute des repas des lycées qui sont pas top, des emplois du temps, du manque de prof. Il y aura peut être de bonnes idées et ça fera du bien à certains. 

Dans le Gard, le mistral s'est levé, il est froid : restons à l'intérieur. 

Maintenant des constats, qui ne sont certainement pas des généralités. 
Mon fils et ses amis me disent que ceux qui bloquaient l'entrée de leur lycée sont des jeunes qui ne sont pas des lycées. Qui viennent de villages et sont connus plus pour ne rien foutre (sinon le bordel ) et pour des délits. Et qui viennent bloquer pour avoir plus de profs... Alors qu'ils ont quitté l'école depuis longtemps. 
Les images à la télé. Des jeunes avec des TShirts marteaux et faucilles (pourquoi pas, c'est un look particulier). Des drapeaux palestiniens (un 7 octobre c'était déplacé, et puis quel rapport avec la choucroute ?). Problèmes de profs, vraiment ? 

Ce matin, une histoire m’a fait rire si elle n’était pas aussi absurde. 
À Menton, des lycéens manifestent notamment parce que les toilettes garçons sont fermées depuis des mois. Et il semble qu’une partie des dégradations soit justement à l’origine de leur fermeture. Là, j’avoue : on casse, puis on manifeste parce que c’est cassé… il y a quelque chose de circulaire.

Mais c'est banal ce genre de chose... 
On banalise les cours. On banalise les blocages. On banalise les dégradations. On banalise le fait qu’un élève qui veut simplement aller en cours puisse ne pas entrer. À force de banaliser, on finit peut-être par ne plus savoir ce qui devrait encore nous étonner.

Je crois qu’on vit une période où le n’importe quoi devient banal.

jeudi 3 mars 2011

Pour l'Europe, il n'y a ni homme ni femme, juste des assurés...

L'Europe l'a décidé. Il est jugé discriminatoire de payer une assurance différente selon que l'on soit un homme ou une femme. Que les statistiques montrent que femmes et hommes n'ont ni la même espérance de vie, ni le même taux d'accident de voiture, ne changent rien à l'affaire. L'Europe l'a décidé : tous devront payer pareil (et bien sur alignement sur le taux le plus haut).

Bref, l'Europe abolit purement et simplement les réalités comme le rappelle Laurent Pinsolle. Dont celle évidente qu'il y a des filles et des garçons...
Vive l'Europe !

jeudi 14 octobre 2010

Un numéro pour dénoncer anonyment le racisme dans les stades... Et puis quoi après ?

L’indignation sélective est une particularité que l’on a chacun en nous. Cela fait parti de nos différences. Je m’indignerai sur des choses que d’autres trouveront insignifiant. Et vice versa. Selon notre sensibilité, nos colères ne seront pas les mêmes…

J’ai appris ce weekend, en écoutant le divin « Moscato Show », que la LICRA, l’UCPF et l’extraordinaire LFP de Frédéric Thiriez ont mis en place un numéro de téléphone pour dénoncer anonymement les actes de racisme dans les stades. A ce numéro, n’importe qui pourra anonymement (mis en gras, c’est important) dénoncer quiconque sera auteur d’un acte ou d’une parole à caractère raciste. Anonymement… Ensuite, la police mènera l’enquête (sur la base de l’appel anonyme), et justice sera faite…

Il y a plusieurs lectures, qui ne me paraissent pas antinomiques. Un numéro de téléphone pour dénoncer anonymement son voisin de siège et de stade ? Un numéro de téléphone pour faire une délation ciblée ? Anonymement ?
Soit, allons dans cette logique. Mais dans ce cas, pourquoi n’irions nous pas plus loin, et pourquoi n’institutionnaliserai pas un numéro de téléphone pour dénoncer tout acte répréhensible ? Les actes de racisme, mais aussi les actes d’incivilités ou délictueux ? Mais aussi celui qui vend des produits illicites ou de la drogue à la sortie du collège ou à l’arrêt de bus ? Celui qui brûle une voiture ou jette un parpaing sur un bâtiment public ?
C’est ça ! Institutionnalisons la délation, par définition anonyme, par un ou des numéros de téléphone. Et dénonçons tous ceux qui font des actes condamnables. Dénonçons le voisin qui fait boire de l’alcool à ses enfants. Dénonçons le gars qui jette des cartons dans des bennes à ordures ménagères. Dénonçons le con qui pique un autoradio dans la Clio du Leclerc du coin. Dénonçons le gamin qui embête sa voisine. Dénonçons l’enfant qui ne va pas à l’école, celui qui roule en mobylette sans casque, etc, etc… « Allo Monsieur, je vois un garçon qui vend du cannabis à tel endroit, oui venez merci », ou alors « bonjour Madame, je vois un jeune qui tague des insanités sur une propriété privée, oui je vous dis à quoi il ressemble et comment il est habillé, au revoir… ».

Dénonçons, et anonymement. Mais tout, pas uniquement le racisme dans les stades…

Plus sérieusement, je suis gêné par cette action de la LNF et de la LICRA. Lutter contre le racisme, dans les stades et ailleurs, oui. Par l’institutionnalisation d’une délation ciblée, non. C’est idiot, contreproductif, et insupportable. Parce qu’elle est ciblée, et parce qu’une cause n’est pas exempte de respecter des règles que l’on impose à tout le monde : la fin ne justifie pas tous les moyens.
Et d’une manière générale, la prime donnée à des commentaires et des dénonciations anonymes, je trouve ça difficilement supportable. Les paroles de pleutres et de lâches qui ont peur d’assumer leur propos m’est insignifiante. D’ailleurs, sauf erreur de ma part, les lettres anonymes de dénonciation dans certaines administrations (impôts) sont directement mises à la benne il me semble…

Ce franchissement de ligne jaune pour défendre une cause honorable, je trouve ça affligeant. Il n’y a pas longtemps, des éditeurs de logiciels, pour lutter contre cet "affreux fléau du piratage", ont voulu faire pareil, institutionnaliser la délation. D’ailleurs, ne fait on pas ça dans les cinémas pour protéger la divine « création artistique » ? Merci d’appeler la police si un affreux délinquant filme la daube que vous êtes en train de voir…
Non, un numéro pour dénoncer anonymement les actes racistes, je n’adhère pas.

Je suis tristement réac de ne pas accepter cette méthode de lutte contre le racisme ? Probablement. Je pense vraiment que sous prétexte de combattre le racisme, ces associations vont davantage l’encourager. Cela ne sera pas la première fois me direz vous, et vous auriez raison…

Mais je suis convaincu que l’ensemble des bonnes âmes bien pensantes et éprises de liberté et de tolérance seront d’accord pour déplorer ce système de délation institutionnalisé.
A moins que je me trompe… Et dans ce cas, merci de vite me donner le numéro de téléphone pour dénoncer ce gamin qui roule sans casque et avec un pot trafiqué dans ma rue, qui jette ses canettes de bière par terre et emmerde les voisins par ces actes d’incivilités…
Et que les « défenseurs des droits de l’homme et de la liberté » ne viennent pas pleurer un état « ultra-sécuritaire » auquel ils auront joliment apporté leur pierre à l’édifice…