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vendredi 30 janvier 2026

Cordialement

Billet un peu plus léger. 

Dans ma vie professionnelle, le mail est une obligation. Un truc me gonfle : c'est le "cordialement" automatique en fin de mail. Le point final qui claque comme une porte de TGV. 

Le cordialement n'est pas agressif en soi. Mais son usage automatique, sec, décontextualisé, m'est insupportable. Surtout quand il arrive à la fin d'un mail qui est tout sauf "cordial".

Pourquoi ce roi du passif-agressif administratif énerve (m'énerve) autant ? 

Peut être parce qu’il peut être utilisé dans quatre cas très différents, et qu’on ne sait jamais laquelle :
  • Mail normal et cool (ça arrive) : dans ce cas le "cordialement" est cordial 
  • Neutre réel : “Je clos le mail, rien à signaler.” (rare chez les gens tendus)
  • Froideur hiérarchique :  "Je suis au-dessus, restons formels.”. Traduction : distance, pas de discussion
  • Désapprobation polie (le plus fréquent dans mon cas). "Tu me les brises, mais je reste dans les clous.

Et quand le corps du mail contient :
  • un rappel,
  • une demande floue,
  • une micro-remise en cause,
  • des choses vraiment désagréables,
Alors le “Cordialement.” devient un sceau de froideur. Un putain d'irritant. Autant me foutre une baffe dans la gueule en me souhaitant une bonne journée

J'ai été viré de mon poste de manager par ma N+2 suite à un mail de 20h30, avec le quart du canton en copie, humiliant et désagréable. Conclu par un "cordialement".

Et le "cordialement" il est de différentes natures. 
  • “Bien cordialement” → encore un minimum de chaleur
  • “Cordialement,” seul, avec point → clôture sèche
  • “Cdt” → expéditif, quasi SMS RH
  • “Merci, cordialement” → passif-agressif premium

Le pire est qu'il est mis automatiquement avant la signature. Quand tu t'es pris la marée juste avant, c'est agaçant, c'est irritant. 

Quand cela vient d'une personne (comme j'ai pu en rencontrer plein dans ma carrière) déjà perçu comme crispé, dans le micro management (agaçant), ou en perte de lien avec l’équipe ? Ça renforce exactement ce que je mets en avant : distance, agacement, soupirs autour de la machine à café.

Beaucoup de managers et salariés utilisent le “Cordialement” : 
  • sans conscience de l’effet,
  • comme une armure,
  • pour rester “professionnels” quand ils sont intérieurement en tension.
Autrement dit : ce n’est pas forcément calculé… mais l’impact, lui, peut être bien réel.

A titre personnel, j'ai toujours un mot personnalisé à la fin du mail. Pas un "bisou" (dans le monde du travail ça ne se fait pas). Mais un "bonne journée", "bonne soirée", "merci encore de ton aide", "à ta disposition pour en discuter"...
Et de toutes manières, je suis cordial (certains diront gentils). Mes mails sont cordiaux. Donc je n'ai pas besoin d'écrire "cordialement", le contenu est cordial. 

Le Point a écrit un article assez bon (qui me donnera l'occasion d'un article plus tard) sur les "8 formules passives agressives" dans les mails. Oui, y aura un billet au moment voulu. 

Vous l'avez compris : travaillant avec des gens dont certains ne sont pas super cordiaux, le "cordialement" de fin de mail me gonfle. Allez, il m'a donné l'occasion d'un billet. 

Bien Cordialement.

vendredi 7 avril 2023

Un devoir de déconnection ?

Avant toutes choses, un joyeux vendredi Saint à mes amis croyants. Demain, je vais au baptême d'une amie, adulte, mère de deux enfants, qui a décidé de se faire baptiser. C'est joli. 


Le weekend de Pâques a donné lieu à un moment dont je ne suis pas très fier. La période délicate dans mon boulot, avec une N+2 qui maniait la culpabilisation et le côté sauveur - bourreau à la perfection. Qui s'est conclu à la fin de 2021 par un malaise devant la direction de mon entreprise. Et parce que ma faiblesse était "risque de RPS" pour ma N+2 (alors que j'étais déjà bien atteint), une mise à l'écart.
Pour quelle raison un lundi de Pâques, en fin d'une belle journée, suis je allé me connecter sur mon mail professionne ? Evidemment, cette chef qui demandait qu'on envoie pas de mail le soir et weekend (mais qu'on bosse si on est en retard) m'avait envoyé un brulot. Auquel j'ai répondu...

Un mail envoyé après une belle journée, et quelques verres échangés avec des amis, n'est pas forcément la meilleure prose possible. 1er accord Toltèque la parole impeccable et la non dévalorisation était explosé. Puis comme j'ai pris comme une attaque personnelle son mail envoyé ce lundi de Pâques dans l'aprésmidi (2eme accord ne pas prendre les choses personnelles) et que j'ai supposé le pire (3eme accord : ne pas faire de supposition), je n'ai pas fais de mon mieux (4eme accord). J'ai envoyé un mail violent, mais où la principale victime de ma colère était moi. 
La chance ? Le proxy de ma boite est tombé en rade dès que j'ai cliqué sur envoi. Ma chef ne l'a eu que le lendemain matin. Convocation ensuite. Explication. La forme de mon mail et l'heure d'envoi n'étaient pas acceptables. Le fond par contre, j'avais mis en avant tout ce qui allait se passer et les erreurs dramatiques commises par cette personnes. 

Ce mail est une de mes nombreuses erreurs. Qui fait que quand je vais fermer le PC professionnel, ça sera définitif pour trois jours, et je n'irai pas non plus sur le mien voir ma messagerie boulot.

La droit à la déconnection est un droit. Malheureusement pas un devoir. Parfois, se connecter est une drogue. Drogue presque sournoise, parce que je me connectais au cas où un mail violent arriverait. Que je le prenne en direct. 
Je pense aussi que quand un N+2 envoie des mails à 2 heures du matin, on peut supposer que les sceaux qui font que l'on est civilisé et courtois ont pris quelques coups. Et un mail violent, même s'il est conclut par un "cordialement" avant la signature, il fait des dégats.

Raison de plus pour ne pas en provoquer des dégats. Je me suis piégé, entre autre, ce jour là. Je parlais de cette hiérarchique qui manipulait la culpabilisation ("tu fais mal le boulot") et venait te sauver ("c'est bon j'ai fait pour toi"). Bourreau Sauveur. Mais si on exprime que ça va pas, troisième angle du triangle : victime. Et ce mail envoyé un lundi soir de Pâques à 19 heures faisait que mon bourreau devenait victime. 

Je pense qu'un devoir de déconnection, pour ceux qui n'y arrivent pas, ferait énormément de bien... En tous cas, ça m'aurait aidé.