La reprise du travail a été rude. Un mail laconique de ma N+1 pour me convoquer. Quelques lignes seulement. Mais une phrase m'a particulièrement marqué :
« Les indicateurs que tu remontes ne sont pas la réalité. »
Peut-être n'était-ce pas le message qu'elle voulait faire passer. La mnière dont je l'ai reçu, Antares du chevalier d'or du Scorpion.
Sentiment que mon travail était remis en cause ? Pire... Comme si les chiffres que je produisais n'étaient pas crédibles. Comme si, malgré les efforts fournis, on me regardait davantage comme un problème que comme quelqu'un qui essaie de faire son travail correctement.
Moi, ce que j'ai entendu, c'est autre chose. J'ai entendu que mon travail n'était ni fiable, ni crédibles, voire même suspect. Et j'ai lu le mot : fraude. Dans mon métier, y a guère pire.
La réunion qui a suivi n'a pas été bonne. J'étais froid. Fermé. Odieux sans doute. À un moment, ma N+1 m'a rappelé quelque chose que j'aurais dit plusieurs semaines auparavant. Je ne m'en souvenais pas. Plus envie de me battre contre quelqu'un qui a toujours raison. J'ai répondu
« La prochaine fois j'enregistrerai. Je ne sais plus ce que j'ai dit. Donne les chiffres que tu veux. ». J'ai fermé mon PC et je suis parti. J'avais en plus autre chose à foutre.
Avec le recul, ce n'était sans doute pas ma meilleure réponse. Mais je n'avais plus d'énergie.
Le lendemain, j'ai reçu un SMS me proposant d'échanger sur le mal-être que j'avais exprimé en réunion. Je venais justement de prendre rendez-vous avec le médecin du travail : nous étions alignés (miracle alleluia). Je n'avais pas dormi de la nuit, et le matin le ventre jouait avec moi (pauvre Jacob Delaffond, ils ont un vilain métier).
J'ai répondu que je n'étais pas en état de discuter. Pas par provocation. Encore moins par stratégie (incapable dans mon état de monter un complot).
Parler avec quelqu'un quand on est pas entendu est épuisant. Et ces derniers temps, je suis fatigué. Et je suis paresseux, pas besoin de me battre contre une personne qui a toujours raison.
J'ai ensuite reçu un mail de sa part. Qui m'expliquait que mon malaise venait du travail, que j'étais soutenu, que j'étais soutenu par mon chef. Je l'ai lu plusieurs fois. Quand on a des amis comme ça, pas besoin d'adversaires... Le déni...
Problème n°2, mon syndicat sait que je ne suis pas le seul à souffrir, parce que je souffre. Et il veut intervenir. Bon...
Mon N+2 m'a appelé amicalement. M'invitant à ne pas couper le canal de discussion avec ma N+1. Je n'ai pas voulu être méchant car je sais que mon chef vit des moments difficiles. Mais je lui ai dit que je n'avais ni l'énergie ni le temps de parler avec quelqu'un qui a toujours raison.
Une dernière…. J'écris souvent ici ces souffrances. J'ai l'impression d'être Balerdi, une personne importante, mais toujours présent sur la photo sur le lieu du crime, le but que prend l'OM. C'est dur.
Peut être suis ingérable… Peut être.
Ce soir je dois calmer mon syndicat, tenter d'aller mieux, ménager mon foie.
Mon billet sur le Namek du Havre attendra. C'est con, il est bien mon billet sur Edouard Philippe...
