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lundi 15 décembre 2025

Intelligence artificielle ou réflexions sur le progrès

J'avais écrit initialement ce texte en Octobre. Je le propose en cette fin d'année, réadapté. Le genre de texte que j'écris un plusieurs fois.
Quand on est toujours fiévreux, bien d'avoir un billet à sortir. Il aura des petits. Chat GPT m'a amusé, et je reste convaincu que l'homme et le progrès vont bien ensemble... 


En tant qu'élu CSE, je suis consulté, entre autre, chaque fois qu'un nouvel outil (informatique souvent) est mis en place. 
Là où je travaille, un projet d'ampleur prévoyait pour le début d'année prochaine la mise en place d'un ERP (outil qui fait tout, compta production RH achats papa/maman). Prévoyait car finalement reporté (l'homme fait des projets, Dieu se marre). 

Je suis de ceux qui pensent que c'est un progrès. 
Oui, il faudra de l'accompagnement au changement, c'est obligatoire. Oui, ça ne se fera pas d'un claquement de doigt. Mais l'élu syndical réclamait des simplification et du progrès, et nous, CSE, demandions simplification et progrès.
Pourtant, lors d'un CSE ou il fallait donné un avis, j'ai fais chaise vide car en désaccord avec une presque unanimité (à part mon syndicat). "Ca va enlever des emplois !", "régression sociale", etc... Délire syndical, comme trop souvent.

On pense souvent à la France d'Emile Zola quand on parle de progrès. On pense à Germinal, ce roman noir où des hommes, des femmes et même des enfants s’épuisaient au fond des mines, avalés par la terre et broyés par le charbon. 
Le progrès ? Ca va les mettre au chômage, ces pauvres ouvriers qui ne vivent pas bien longtemps et qui risquent leurs vies d'un coup de grisou. Voilà comment étaient défendus ces pauvres personnes qui avaient un travail pénible et dangereux pour leur vie. On les réduisait à des "travailleurs".
Pour la caricature, le symbole d’un progrès industriel brutal qui enrichissait quelques-uns en détruisant beaucoup.

Mais le progrès, ce n’est pas ça. Le progrès n’a pas vocation à faire du chômage au contraire. Il a vocation à élever l’homme, à ne pas le considérer comme une bête de somme. Le progrès, s’il est vrai, s’il est bien pensé, doit être l’inverse de la caricature prolétarienne : il doit supprimer les tâches qui cassent le dos et l’âme, et permettre à l’homme d’aller plus haut, plus loin.

C’est là qu’une vision gaullienne du progrès trouve sa place. Le Général ne croyait pas en une France suiveuse, passive, soumise. Il croyait en une France qui prenait son destin en main, qui osait se donner les moyens de sa liberté. « Une certaine idée de la France » impliquait aussi une certaine idée du progrès : un progrès humaniste, au service de l’homme, et non l’inverse.
Des exemples ? Le nucléaire, militaire au départ, civil par la suite. Mais y en a pleins d'autres exemples. Les vaccins étaient avant le gaullisme : admettez que Pasteur n'avait pas comme arrière pensée complotiste d'inoculer des microparticules dans le corps des gens qu'il protégeait. Il voulait soigner.

Aujourd’hui encore, face aux mutations technologiques, on retrouve la même peur que chez Zola. On dit : « Les machines vont remplacer l’homme. ». C'est presque pavlovien comme reflexe. 
La vérité est plus subtile : les machines remplacent la souffrance. Elles obligent l’homme à monter en compétences, à se former, à apprendre. Le danger n’est pas le progrès : c’est de laisser le progrès se faire sans maitrise et surtout sans but ni projet.

Je travaille dans le nucléaire. Avant, on envoyait dans des zones exiguës, chaudes, sans lumières, avec des dangers radiologiques immenses, des travailleurs du nucléaires. Aujourd'hui nous envoyons des robots.
C'est quand même mieux de développer le métier de roboticien, de mainteneur, et d'envoyer des robots se prendre des risques plutôt que des copains, non ?

Parlons d'un autre sujet. L'intelligence artificielle. Pour beaucoup, elle détruira des métiers. Pour moi, elle nous fera évoluer. Encore faut il que l'homme garde la main sur le projet. Je discutais avec un spécialiste chez moi, qui a connu l'IA bien avant moi. Il me connait bien et sait que j'aime beaucoup Luc Ferry, dont j'attends le retour sur LCI ou ailleurs.
Nous avons avec Luc Ferry une différence de vue sur l’intelligence artificielle. Et je trouve intéressant de noter ces différences.

  • Luc Ferry, quand il parle du progrès, il le fait en philosophe. Il cherche à replacer les avancées technologiques dans une histoire des idées : l’humanisme, la modernité, la promesse d’un « homme augmenté », mais aussi les dangers du transhumanisme. Il est plus dans la mise en perspective et dans une approche un peu académique, parfois perchée.
    Il insiste sur le risque de dépossession : selon lui, l’IA pourrait priver l’homme de sens, de responsabilité, voire de sa place dans le monde. C'est en effet un risque. Michelin le philosophe de Clermont Ferrand dirait "sans maitrise la puissance n'est rien".
  • Moi (modeste côté ingénieur), j'en parle avec un vécu d’ingénieur, de syndicaliste, de prof, d’élu. Je pars du concret : les boulots qui usent, les compétences qu’on doit apprendre, la réalité de l’atelier ou du bureau. Et j'y mets une vision gaulliste : le progrès doit libérer l’homme, pas l’asservir. Je suis dans le fonctionnel, l’opérationnel, mais aussi avec une dimension morale claire (Zola n’est jamais loin chez moi).
    Je vois l’IA comme un outil : elle ne supprime pas l’homme, elle l’élève — si nous savons la maîtriser et l’orienter. Et nous devons la maitriser et l'orienter.
Luc Ferry parle du progrès comme un concept. Moi comme une trajectoire humaine et sociale. Et nous avons raison tous les deux.

Le vrai enjeu n’est donc pas de craindre l’IA, ni de se réfugier dans la nostalgie d’un passé idéalisé. Le vrai enjeu est politique au sens noble : décider de ce que nous voulons faire du progrès.

Mon gaullisme, au fond, c’est ça : se donner une direction, une boussole, au lieu de subir les vents. Zola a décrit les drames d’un progrès sans boussole. À nous de faire en sorte que le progrès d’aujourd’hui — numérique, technologique, scientifique — ne soit pas un nouveau Germinal, mais une libération.

Après, si la France est en retard sur l'IA nous savons utiliser les outils.
Je termine par une anecdote avec le stagiaire ingénieur de l'ECAM que j'ai eu. Un prof, en 1998 (loin de l'IA) me parlait d'un logiciel de calcul par éléments finis (ANSYS pour ceux qui connaissent). De la mécanique pousséu loin. Il me disait que le logiciel ne donnerait que le résultat issu des données d'entrée que je lui donnerai.
Donc 1/ je suis garant de la validité de ces données (sans quoi le résultat sera faux) et 2/ quand bien même les données soient bonnes, ce n'est pas le logiciel qui sera responsable de ce que je ferai de son calcul. Donc je dois me poser la question si le résultat est bon. 

Le meilleurs des outils ne marchera pas si l'homme ne le maitrise. Et l'IA ne donnera rien si nous ne la maitrisons pas et si nous n'avons pas de but.
La vraie question n’est pas faut-il craindre l’IA ? mais qu’allons-nous en faire ?. N’ayons pas peur du progrès. Ce serait vraiment idiot. 

vendredi 25 juin 2021

Société violente et complétement conne

Oui, la société est violente.

 

Je ne reviens sur la violence de cette campagne électorale qui aura été abjecte de bout en bout.

L’abjection totale est l’alliance maintenant assumée et décomplexée à Paris d’une gauche normale, de gouvernement, avec des soumis à l’extrême gauche racialiste et antiflic. En ce sens, le maintien de la liste LREM, dont les seuls faits d’armes auront été d’essayer de casser et de pourrir la campagne, est une faute politique. Christian Jacob a raison quand il rappelle que le Front Républicain doit contre les deux extrêmes. Mélenchon, Autain et Obono ne sont pas plus sympathiques que la bande à le Pen.

Pour finir ce volet politique, je me félicite de voir que Carole Delga, chef de file PS dans ma région, a refusé de s’allier les verts rouge-brun et avec la France Insoumise. Il y a des gauches dignes. Je serai m’en souvenir dimanche.

 

La violence est partout. Début de semaine au boulot. Réunion avec la direction dans le cadre d’un problème dans un service que nous essayons de régler intelligemment avec le syndicat. La réunion se passe bien, et un directeur m’insulte et me menace. Je regarde les autres membres de la direction, contrit. Le médecin du travail. Mes collègues. Et je dis « bon… Insultes, menaces… Je ne suis pas assez fort pour supporter… Je vous propose de clore la réunion ». 

Je me suis levé et je suis parti, accompagné par mes collègues et le médecin du travail, qui a validé ma manière de faire.

 

La violence est partout. On l’accepte. 

En bas de ma rue un sens interdit. Que personne ne prend, ce qui occasionnera un accident un jour. Hier soir alors que j’allais courir, deux « jeunes » le prennent, bien au-delà de la vitesse autorisée. Ils n’étaient pas si pressé puisque voyant mon soupir et ma tête dodelinante, ils se sont arrêtés. 

« Tu as un problème ? ». Moi « si j’avais été en face en voiture j’en aurais eu un, oui… ». « Tu es de la police ». Moi, « non, mais (prenant mon téléphone) si vous voulez j’appelle le premier adjoint qui habite à deux pas et qui viendra avec la gendarmerie ».

Un « enculé » avec un doigt et ils sont parti. Moi je leur envoyé un bisou avec la main.

 

La violence est partout. Pourtant j’ai apprécié faire un Fortnite avec bébé 2, qui n’est pas violent.

Le monde d'après, il pue un peu quand même...

lundi 4 août 2014

Une vie (et société) de chiens...

Parler de cette chienne de vie. Ou chienne de société, animale et nauséabonde. Mais ce serait insultant pour les chiens, qui sont des animaux fantastiques et adorables... 

J'ai vu que hier soir, un homme a été égorgé par des connards à qui il a simplement de parler un peu moins fort, parce que la nuit, tout ça... Ça paraît fou. Mais voilà, la société, notre société, est violente. Les limites ont été franchis depuis longtemps. Pour un "mauvais regard", ce terme passe partout qui ne veut plus rien dire, on peut tuer. C'est délirant...
Au fait, à Roquemaure, toujours pas d'interpellations à ma connaissance. Bientôt 10 jours que pour "un mauvais regard", un village a été mis à feu et à sang, et des gendarmes tabassés. Comme à Marseille où 50 types tabassent des policiers et ne sont pas inquiétés par la justice de notre pays. 
Des gens impunis qui font la loi, leur loi, une loi qui pue.

Je laisserais à d'autre le soin de faire d'en tirer des conclusions politiques ou politiciennes. Je pense que c'est inutile, mais bon...

Sinon ce soir, Galia revient. Les beaux-parents aussi. Cette chienne est adorable. Lorsque la société sent mauvais, autant s'en retourner vers ses valeurs sûres...
Et faire des câlins à ses enfants et à un petit chien gentil et tout doux...


lundi 10 janvier 2011

50 ans de travail en 4 images...

Parce qu'une image résume parfois bien des pensées...Avec le décodeur TV Orange qui grille ce matin, une coupe de France où il ne me reste plus que Nîmes à supporter, et une semaine qui commence, guère envie de plus de blabla. Pour ceux qui veulent du débat et un peu de réflexion, CC a écrit hier un billet qui mérite discussion en se demandant "qui a le droit de franchir le point Godwin".
Bonne semaine...

vendredi 10 décembre 2010

Tout le monde a parlé du service militaire, moi aussi...

En début de semaine, beaucoup de blog (la liste ici) ont disserté sur une question posée par l’ami Romain de Lyon : « rétablir le service militaire, ou pas ? ». Question qui faisait suite à une réflexion de l’ancien député gaulliste de Villeurbanne, Marc Fraysse (que j’avais connu, et que j’aimais bien).

C’est amusant que la question vienne de Lyon. J’étais dans une chambre d’étudiante de Lyon, dans cette délicieuse Montée des Carmes au dessus de la place Saint Paul, lorsque, avec quelques chers amis, nous entendirent notre Président Jacques Chirac annoncer la fin du service militaire. Ce clap de fin ne nous concernant pas : nous aurions du être les derniers à saluer le drapeau et revêtir les habits militaires…
Je dis « nous aurions du », car je ne l’ai pas fait. Sinon, j’aurais été scientifique du contingent. Bah, j’aurais fait mon stage de fin d’étude là où j’aurais du être 6 mois plus tard…

Romain cite dans son billet les arguments de Marc Fraysse : « C'est, pour Marc, de plus en plus vers des identités consuméristes ou identitaires que se tournent trop d'entre nous, c'est le chemin du recul du vivre ensemble faute de moments partagés en commun à la table de la République. Pour lui le moyen le plus évident pour resserrer les liens entre nos plus jeunes citoyens est de leur donner un moment de vie en commun. Si l'école est un outil de ce temps partagé entre français, un service civil débarrassé des trop nombreuses exceptions, obligatoire pour les filles comme les garçons, pourrait redonner à tous un sens du collectif et l'envie de vivre sans barrières. Il s'agirait bien sûr, sauf demande inverse expresse, d'un service civil. »

Devons nous rétablir le service militaire ? Je me sens mal à l’aise pour répondre à cette question, car à part la journée de visite à la caserne de Tarascon, je n’ai pas tellement été confronté à ce cas. Et si l’avais fait, mon service, cela aurait été en tant que scientifique du contingent, sur des choses qui m’intéresse, et je n’aurais pas eu l’impression qu’on eu bien de mes proches passés sous le drapeau, de « perdre mon temps »…

Je n’ai pas une réponse claire par un « oui ou non » à cette question. Simplement des réflexions, ou d’autres questions. Est-il choquant que chaque citoyen (qui se considère comme tel) donne à sa nation un peu de son temps ? Dans la structure militaire, ou ailleurs ? Je ne sais pas, je n’en ai pas l’impression…
Quand on entend certaines phrases insultantes de la part de personne comme Nicolas Anelka qui chie sans scrupule sur la France, ses habitants, son histoire, ses valeurs, et prend Marianne en levrette en nous crachant à la gueule, et quand on sait qu’il n’est pas le seul dans ce cas (sinon le plus bruyant et avec le plus de sousous), est il choquant que certaines institutions essaient de rappeler certaines valeurs de la nation à ses citoyens ? Si oui par contre, est ce que cela passe obligatoirement par le service militaire « de l’époque » ?

On ne cesse d’entendre, ici et là, parler de « cette jeunesse désœuvrée, sans repère ». Des exemples, nous en avons tous. Il suffit de lire les journaux, ou tout simplement de sortir un peu, et pas uniquement dans les banlieues. J’entends que « le service militaire coutait cher ». Sans doute. Mais le prix à payer de la perte de certains repères n’est il pas beaucoup plus important ?

Je ne sais pas s’il faut ou pas rétablir le service militaire. Si j’avais 15 ans et étais en âge de le faire, je répondrai sans doute non… Mais un temps où chacun donnerait un peu de son temps à la nation, un temps où l’idée d’une communauté nationale unis par des valeurs et une histoire commune serait un fait, cela me séduit… Et je ne suis pas convaincu que cela soit difficile à mettre en place, ou couteux.
Après, sous quelle forme ? Je ne sais pas…

La question de Romain et de Marc Fraysse est bonne. A creuser peut être ?

mercredi 23 décembre 2009

"une poignée de personnes", est ce insuffisant pour faire une loi ?

J'ai eu l'idée de ce billet en lisant celui de ma copine CC, qui s'intitule simplement "Une loi pour une poignée de personnes" ?
Oui, on parle de la burqa, ou plutôt de ce projet de faire une loi pour interdire la burqa. CC est plutôt contre. D'autres sont pour. Moi, je ne sais pas, mais ce n'est pas vraiment l'objet de mon billet, la burqa...

Non, c'est plutôt l'expression "est ce la peine de faire une loi pour une centaine de personnes ?" qui m'interpelle. Parce que je trouve aussi la question pas forcément opportune.
Il y a déjà des lois qui existent, parce qu'une "poignée de personnes" avait tendance à les transgresser. Doit on attendre, pour un délit, un nombre minimum de personne avant de sévir ? Doit on se dire "attends, il y a finalement peu de personnes qui roulent beurrés comme des tartines... on va peut être attendre qu'il y ait au moins 100000 personnes qui roulent avec 3 grammes dans chaque bras, et après on fera une loi d'interdiction de rouler bourré..." ? Doit on avoir une limite en nombre de personnes qui transgressent la loi ?
Pour revenir à la burqa, oui, il y a peu de personnes. Il y a trois mois, on nous annonçait le nombre de 2000 personnes. Si la France, son parlement, son opinion, juge que la burqa n'a pas à être sur le territoire français, faut il attendre un nombre minimal avant d'agir ?

A propos de la burqa, une autre réaction attendue ici et là. "C'est de la sphère privée, il ne faut pas légiférer...". Je trouve cet argument dangereux, et franchement pas pertinent... Combien de délits se commettent dans la "sphère privée" ? Femme battue, enfant maltraité, etc...
Ne confondons pas tout. Que le législateur me dise ce que je dois manger et comment je dois vivre, ça m'emmerde. Qu'il m'empêche de faire des conneries et me punisse si tel est le cas, c'est aussi ce que j'attends de lui...

En conclusion, quel est ma position sur la burqa ? Personnellement, je suis glacé quand je vois une burqa dans la rue. Il y en a vers chez moi, et je trouve ça difficilement supportable. Pour quelle raison ? Je ne serai que dire... Et je n'ai pas envie de m'auto-psychanaliser. Peut être ma tolérance atteint elle des limites rapides, peut être. Mais je n'aime pas, pas ça du tout...
Doit on pour autant légiférer et interdire ? C'est ça le problème : je n'ai plus vraiment confiance en la loi pour résoudre les problèmes, si problèmes il y a... Une loi, oui, bien sur. Mais en pratique, on l'applique comment ? On demande aux forces de l'ordre, qui ont déjà du mal à s'occuper des délits quotidiens qui emmerdent le "vivre ensemble", de conduire les femmes en burqa au poste ? Quid de leur mari ? Et après, le juge, il fera quoi ?

La loi oui, c'est bien... Mais réfléchir à leur application, ça me semble plus important... Et que ce soit pour quelques centaines de personnes, ou pour l'ensemble de nos concitoyens...

(à lire aussi : le billet de Toréador, celui de Philippe Sage, enfin celui d'Authueil : "l'impasse de la loi anti burqa"...)

lundi 30 novembre 2009

Histoire de référendum populaire...

Nicolas commence son billet du jour en disant qu'il n'arrive pas s'indigner de cette histoire suisse... J'aurais pu commencer de la même manière.
Je ne suis pas "scandalisé" comme Bernard Kouchner. On a donné à un peuple l'occasion de s'exprimer, il s'exprime, point. Mais je ne saute pas de joie non plus. A vrai dire, ce débat me laisse indifférent.

Jean-Michel Aphatie demande ce qui sortirait des urnes en France si un tel sondage devait se faire. Et moi, que voterais je ? Je pense qu'en fait je voterai comme la majorité des suisses. Si la question est posée telle quelle. Non, je ne serai pas fou de joie qu'un minaret soit construit dans mon village. Pas défavorable à des lieux de cultes décents pour tous, mais pas favorable à des minarets appelant à la prière...
Mais la question ne se pose pas, donc il n'est pas forcément utile de développer le sujet.

Par contre, ce qui m'intéresse plus est cette histoire de référendum populaire. La gauche a appelé, il y a peu, à un référendum populaire contre la privatisation de la Poste. Certains trouvaient ça très bien. Je trouvais pour ma part que si la question était mal à propos, l'idée d'un référendum sur un sujet important, pour peu que la question soit bien posée, était séduisante.
Le référendum du Mai 2005 sur la constitution européenne a donné un résultat qui a déçu les plus intelligents qui nous gouvernent. Il a pourtant donné lieu à un magnifique débat démocratique et républicain.

L'outil "référendum d'initiative populaire" me parait pertinent sur ces deux points. S'il permet un vrai et beau débat de qualité, avec une question prise en main par le peuple. Et si l'avenir de notre Nation est mis en jeu. Nous aurions du faire un référendum pour ou contre le Traité de Lisbonne.
En point subsidiaire, il est évident qu'il faut aussi que le pouvoir et les élites acceptent l'idée que le Peuple puisse penser différemment des élites...

Revenons à la Suisse. Les suisses ont posé une question gênante, dont le résultat a gêné et choqué certains. Mais n'est ce pas le risque d'un référendum d'initiative populaire ?
La gauche s'est paré de ces beaux habits vertueux en posant les termes d'un référendum populaire sur la Poste. Mais n'y a t'il pas risque qu'une gauche poussée vers ses extrêmes, ou qu'une droite attirée par sa branche la plus radicale, ne pose aussi les termes d'un référendum d'initiative populaire avec une question dérangeante ?

J'ai toujours été attiré par le coté légitimité populaire du référendum. Même si le Général de Gaulle a payé le prix cher. Même si Jacques Chirac aurait du faire de même en Mai 2005. Je me demande si pour des questions de société, cet outil est vraiment adapté...
Je n'ai pas la réponse, je me pose juste cette question...

Mais je pense que plus qu'un référendum, écouter ce que pense le Peuple, qui n'est pas qu'un ramassis d'ignares crétins, c'est plus important que tous les sondages de l'Elysées ou Référendum à la mort moi le zouzou. Ecouter les gens, et ne pas rester prisonnier de ses certitudes...
Ca parait important...

A lire aussi le billet d'Hermes : La fin de la démocratie... Billet pertinent et bien à propos...

mercredi 5 août 2009

Quand la grippe A arrivera...

En tant qu’élu local, j’aurais connu les inondations et les incendies dans mon village. Vais-je connaître une pandémie sanitaire ?

Je ne parle pas souvent de mon mandat d’élu. Parce que pleins de choses. Entre autre car la politique municipale n’est pas un sujet dont j’ai envie de parler ici. Si je dois le faire, je le ferai ailleurs.
Ce n’est pas vraiment de la politique de la commune ou de mes petits copains élus que je vais parler. Mais de cette fameuse grippe A dont on nous rabat les oreilles, pour ceux qui ne peuvent pas se passer d’écouter l’actualité, même en vacances…

Le mardi, c’est réunion du groupe majoritaire. Essentiellement le maire, ses adjoints. Et pi moi qui vient, pas adjoint mais vice président d’une communauté de communes, c’est bien aussi même si on n’a pas une jolie et lourde écharpe bleue blanc rouge. Et donc hier notre secrétaire générale nous a exposé le plan anti grippe A que la commune présentera à la Préfecture. J’ai trouvé ça, comment dire… Science fictionnesque…Et pourtant...
J’ai été marqué par toutes les mesures exceptionnelles et d’urgence qui seront prises. Fermeture des écoles et des crèches (je suis concerné par ce deuxième point). Limitation des déplacements. Personnel minimum à la Mairie, suivant une liste des « services vitaux ». Parmi ses services vitaux, il y aura le ramassage des ordures ménagères. Cela me concerne car c’est aussi « intercommunal », mais dans le cas d’urgence, ça sera le Maire (donc le village) qui pilotera directement ce service.

Et puis bien sur les commandes de masques. Anticipées car cela risque d’être rude et peur que cela manque. Et au-delà de la mairie, l’obligation de maintenir une certaine activité économique. La déchetterie ne serait ouverte qu’un jour par semaine pour permettre l’activité économique. Une boulangerie devra rester ouverte, idem pour les pharmacies… Et un sentiment, vraiment, d’entrer dans une période de guerre.
Honnêtement, comme ça, quand on sait qu’en tant qu’élu local, on sera en première ligne, ça fait peur. Ca fait peur pour pleins de choses. Car cela parait énorme pour une simple grippe. A moins que ça soit un peu plus qu’une simple grippe, et alors dans ce cas…

Je passe le fait que l’interdiction des regroupements fera que oualou les matchs de foot. Mais en tant, entre autre, que « responsable du personnel » de la communauté de communes dont je suis vice président, et avec l’obligation que j’ai de protéger mon personnel, ben ça fout les chocottes.

Depuis le début, je me demande si les pouvoirs publics n’en font pas un peu de tonnes. Je revois Mattéï en polo vert au bord de sa piscine pendant que les vieux mourraient de chaud dans les maisons de retraite. Je pense à mon défunt lundi de Pentecôte, victime de la canicule. Et je me demande si le principe de précaution n’est pas un peu poussé à l’extrême. François Fillon ne niait pas cet état de fait : « si on n’avait rien fait, on serait critiqué d’inaction. Là on fait, on est critiqué de trop en faire. Donc bon, votre avis… », voilà en gros ce qu’il disait il y a peu. Sur le fond, il n’a pas tort. Mais quand même…

J’ai une théorie à ce sujet, ou plutôt un pronostic. Actuellement, la France ne regarde que peu la télé et les infos. Plages, repas dehors, balade en forêt, vive l’été. Mais à la rentrée…
Les télés ne vont parler que de ça. Et je crains que la psychose ne soit plus douloureuse que la grippe elle-même. Les pharmacies prises d’assaut. Un premier mal de gorge ? Ouh là là, vite les urgences. Le petit bout de chou qu’il est trop beau éternue ou a mal à la tête pour ne pas aller à l’école ? Vite, le toubib !
Et un emballement exponentiellement proportionnel à la propagation et au danger de la grippe A… Bref, un beau bordel en perspective, tranquillement préparée par nos élites en ce moment.

Je ne sais pas ce qu’il fallait faire, je ne sais pas ce qu’il faut faire. J’ai juste peur qu’on en fasse des tonnes en ce moment. Et qu’on le paye à la rentrée…
Enfin, on verra bien. On en reparlera quand je l’aurais, cette grippe… (soupir)