Pendant que je m'enferme dans ma bulle professionnelle et que je me rends malade pour des histoires de boulot, la terre continue à tourner. Et le monde reste aussi fou.
Hier était l'anniversaire de FalconhillJr. Quinze ans.
Je suis parti travailler le matin avec ma douleur au ventre, mes pensées qui tournent en boucle et cette reprise qui me pèse. En me servant un café, un éclair : « Mais je ne lui ai pas souhaité son anniversaire ! »
Les larmes me sont montées aux yeux. (devant des collègues, champion l'artiste…)
Voilà un peu mon état du moment.
Lundi qui arrive, j'ai un séminaire qui me stresse déjà. Retour dans un univers professionnel qui me fatigue plus qu'il ne me nourrit. Je ressortirai le billet dans l'an passé et serai Tortue Killman. J'essaierai
Mais tout cela n'est pas grave.
J'aime FalconhillJr. Le goal, le grand, 15 ans, qui aura comme cadeau la "conduite accompagnée".
J'aime Falcon2, mon Amstrad et encyclopédie France Football sur pattes.
Je les ai regardés cette semaine vivre leur vie d'adolescents. Le collège est à dix minutes à pied. Ils rentrent en bande. Ils discutent, rigolent, se chamaillent. C'est devenu normal.
Et puis il y a eu le drame du Gers.
Cette jeune fille disparue.
Comme beaucoup, j'ai suivi l'histoire. Comme beaucoup, j'espérais une autre fin. Sans y croire...
Je n'ai pas très bien dormi cette nuit. J'en ai même rêvé.
Parce qu'au fond, quand on est père, ce genre d'affaire nous ramène à quelque chose de très simple : cela aurait pu être nos enfants.
J'ai pensé à une chose que me dit un collègue coach : "tu auras toujours du stress, imagine si tu as un moment dur un stress encore plus stressant". J'ai pensé à retrouver le corps d'un de mes enfants dans une cuve de vin de Côte du Rhone par exemple…
Honnêtement, le blog n'existera plus, et le taulier saura pourquoi il soufre… C'est horrible cette histoire.
Je n'ai pas envie aujourd'hui de faire le procès de l'État, de la justice ou des institutions. Beaucoup le font. Moi non je passe mon tour
Je sais aussi que des questions devront être posées. Sur les moyens, l'organisation, la législation, la médiocratie qui s'installe un peu de partout.
Tout cela viendra. Mais pas ce soir je n'ai pas envie de me poser ces questions.
Ce soir, je pense surtout à une famille qui ne reverra jamais sa fille rentrer du collège. Je pense à ses 15 ans que Lyhanna ses parents ses amis ne fêteront jamais.
Je pense aussi à l'autre famille. Celle du présumé coupable. À sa femme, à ses filles, à tous ceux qui vont porter ce drame sans en être responsables. Jusqu'au bout de leur vie.
Le monde est parfois d'une cruauté difficile à comprendre.
Alors oui, mes histoires de boulot existent toujours. Mon séminaire sera toujours là lundi. Ma hiérarchie aussi. Mes injonction contradictoire, qui font que le salaire tombe à la fin du mois. Mais...
J'aime vraiment mes enfants. Et je pense fort à cette famille que je ne connais, mais je partage leur peine.
Le reste, on verra plus tard
PS : la mort de Bernadette Chirac m'a touché aussi...
PS : la mort de Bernadette Chirac m'a touché aussi...

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