mardi 18 octobre 2022

Les blogs ont changé, la société aussi


Je lisais ce matin le très bon billet de Nicolas sur l’évolution des blogs. Le titre : « les changements de Facebook feront ils revivre les blogs ? ».

 

Nicolas évoque la lassitude de certains blogueurs, qui trouvent que « bloguer est peu gratifiant. Les visites stagnent ou baissent, on est en retard par rapport aux réseaux sociaux traditionnels pour traiter des informations, on ne reçoit plus beaucoup de commentaires et les blogueurs politiques finissent par se rendre compte qu’ils n’avaient aucune influence alors que, à une époque, « on » s’imaginait qu’on aller damner le pion à une presse insipide ».

Le reste est à lire chez Nicolas, et c’est intéressant. Au-delà de ceux qui n’ont pas connu l’époque dorée des blogs.

 

Déjà un premier point. Je ne me suis jamais considéré comme blogueur politique, même si je bloguais des opinions et des prises de positions politiques. Mais pour autant, je n’ai jamais été naïf, et ait toujours eu un amusement vis-à-vis de ceux se pensant des « zinfluents » comme dirait l’autre. Influence niveau zéro. Le Wikio était classement amusant, mais qui ne représentait rien. Ceux ne sont pas les blogs qui ont fait gagner puis perdre Nicolas Sarkozy.

Par contre, il y avait un foisonnement d’idée sympathique. Mais aussi, comme sur Twitter, un côté pouvant être assez vulgaire. Le militantisme bas du front m’a fait lire des billets qui faisaient mal à la tête. L’anti Sarkozysme primaire n’était guère plus intelligent que l’anti gauchisme primaire, ou qu’aujourd’hui l’antifascisme_citoyen.n.e_solidaire_contrelesrichesetlasociétémasculineépatriarcale (amen). 

Non, de l’influence j’en avais quand j’étais élu local, j’en ai dans mon syndicat et sur le terrain. Jamais avec mon blog, mon tweet, ni rien du tout. Certains, lorsqu’ils s’en sont rendus compte, ont été triste et sans doute ont-ils commencé à lâcher.

 

Je me souviens de la fin de Google Reader, je ne sais plus en quelle année. Puis de la page de démarrage Google. Les deux ont été remplacé, le net est rempli d’outils. Il y a les bugs nombreux de Blogger : impossible de commenter d’un téléphone ou d’une tablette, et impossible pour moi de modifier ma blogroll. Je constate des blogs morts depuis belle lurette…

Et pourtant j’écris toujours. Moins, mais j’écris toujours. Même s’il y a eu des moments de rien. Mais ce n’était pas à cause des blogs, mais bien de moi. Le blog n’étant qu’une suite de moi-même.

 

J’ai un souvenir que je pense ne jamais avoir mis mon blog et qui m’avait fait commencer à me détourner des blogs. Avant l’explosion de Twitter. J’avais une grippe violente pendant la tuerie de Mohamed Merah, qui avait endeuillé la campagne de 2012, et la République toute entière. Je me souviens du malaise que j’avais eu en lisant des blogs de gauche (la vraie, sans doute celle qui a tué le mandat de celui qu’ils pensaient avoir contribuer à faire élire) écrire des choses aussi abjectes que « Merah c’est la faute à Sarkozy » et, pire, « c’est à cause de Sarkozy que Merah a été assassiné ». J’avais une très mauvaise grippe. Et je me suis dit que l’actualité était déjà dure, il valait mieux que je fasse une diète numérique.

 

Depuis on a explosé les compteurs. Si avant hier nous étions tous Charly (mais pas de FN dans les cortèges s’il vous plait), hier nous l’étions déjà moins avec certains qui pensaient « qu’ils l’avaient peut-être un peu chercher » et qu’il est plus important de lutter contre une prétendue haine du musulman que contre l’islam radical qui tue. D’ailleurs, combattre le terrorisme = combattre les musulmans. Je fais dans les raccourcis en moins de 140 caractères, mais certains le font, surtout dans certains quartiers où pour se faire élire il faut tenir ce discours. Ils étaient avant-hier dans les cortèges Charly (pas avec le FN hein) et avant-hier on bloguait ensemble. Dimanche ils voulaient lutter contre la vie chère dans les rues…

 

Je ne savais pas où m’apporterait ce billet. Mais au final oui les blogs ont changé, leur influence aussi. A cause de pleins de choses, les outils numériques, les smartphones, Twitter, les bugs, mais aussi le temps qui passent. Des postures qui se sont radicalisés, à droite comme à gauche. L’irruption d’un sixième continent dans notre paysage politique, pas fait de plastiques mais d’opportunistes ou de playmobils, En Marche hier renaissance aujourd’hui et demain ? Une droite qui se cherche. Une gauche avec des Sandrine Rousseau ou des Mélenchon, aux postures particulières sur les questions touchant à des sujets fondamentaux (la place des femmes, du religieux dans la politique, etc…) alors qu’hier c’étaient Hollande, Valls et Cazeneuve face au terrorisme islamique.

 

La passé est le passé. Mais on ne peut pas dire que rien ne s’est passé

 

Je ne sais pas comment conclure ce billet. Je me rends compte n’avoir aucune mélancolie. J’ai aimé cette période 2005 – 2012. Mais je ne sais pas si j’aimerais les blogs dans le climat d’aujourd’hui.


2 commentaires:

  1. Les blogs avaient au moins le mérite de pousser les blogueurs à poser une argumentation.

    Nicolas

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    1. tu as raison. Une pensée plus structurée qu'un simple tweet et un simple slogan. une argumentation, crédible ou pas. Mais tu n'avais pas une affirmation sans retour.

      Ecrire demande de toutes manières du temps et un peu de jus de cervelles. Brailler ou assumer en 140 caractères une insulte ou une "vérité" est plus facile

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