jeudi 8 avril 2010

Bouclier fiscal, ou choc des dogmatismes...

Tout commence par une information du Monde : Hausse des exilés fiscaux en 2008. En plein débat sur le bien fondés du bouclier fiscal, il n'est pas idiot de constater ce fait : l'hémorragie n'a pas été endiguée... Et c'est bien dommage...

Passons outre l'explication de François Baroin. "Il est très difficile de déterminer les motivations des exilés fiscaux. Il peut s'agir de perte d'emploi, de raisons personnelles". Ainsi ce serait les néos chômeurs qui auraient quitté la France ? A noter que le nouveau ministre du budget, auparavant critique vis à vis du bouclier, se révèle être actuellement un vaillant défenseur. La politique est incroyable...
Par contre, malgré un exercice pas mal réussi de pseudo langue de bois, je ne serai pas en désaccord avec François Baroin quand il ajoute "Tant que les expatriés fiscaux n'auront pas confiance dans la stabilité du système fiscal, il n'y aura pas de retour significatif". Allons plus loin : tant que nous n'aurons pas un système fiscal réformé, juste et stable, ça sera le bordel...

Le choc des dogmatismes, c'est d'un coté un pouvoir en place qui ne voit pas les ravages du symbole. Alors qu'il n'est pas choquant de revenir sur une mesure qui n'a pas montré sa réelle efficacité, le pouvoir reste ferme sur un principe qu'il veut intangible, comme symbole du quinquennat.
Il n'est pas choquant qu'une personne ne soit pas ponctionné exagérément par l'Etat. Mais peut être faut il aussi revoir la forme de ce bouclier fiscal. Au moins pour laisser respirer une classe moyenne qui voit les taxes se multiplier, et une réforme des retraites qui risque encore de la mettre à rude épreuve...

Et c'est là qu'arrive le porte parole du Parti Socialiste. Le parfois étonnant Benoit Hamon. Brillant par moment, mais d'un dogmatisme rare et souvent caricatural (mais n'est ce pas le rôle du porte parole de parti d'être caricatural ?). Ne revenons pas sur l'épisode Frêche et son lot d'indignation sélective, c'est du passé...
Donc Benoit Hamon l'affirme haut et fort : « Je vais rassurer les gens qui gagnent beaucoup d’argent: si nous revenons au pouvoir, nous allons en prendre un peu plus, voire même beaucoup plus, que ce que la droite leur prend aujourd’hui. »
Comme le remarque l'ami Hashtable : "ça a le mérite d'être clair...". Et en tous cas, en matière de buzz ramdam, Benoit Hamon a réussi son coup : félicitation.

Finalement la politique est parfois simple... La droite veut que les plus riches soient moins imposés... La gauche veut quant à elle que les riches raquent plus, beaucoup plus même...

Pendant ce temps la classe moyenne travaille et écoute ce qui se passe en haut, tout en haut... Elle attendrait presque un bouclier, pour elle aussi, être protégée et ne pas être cette variable d'ajustement dans laquelle on ponctionne, pour protéger le haut et le bas du panier... Et il parait que le moral des français en Mars était au plus bas...
Au fait, il arrive quand le deuxième tiers des impôts ?

9 commentaires:

  1. Hamon est parfois affligeant.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. Nicolas, oui. Mais des fois je me demande : est ce que être porte parole d'un parti politique oblige automatiquement à la grosse caricature ?

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  4. J'en fais plus ou moins billet mais : non. Ce n'est pas réellement une grosse caricature, c'est surtout une erreur de communication...

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  5. Bouclier fiscal, pour ou contre, c'est selon. Moi je voudrai qu on m apporte juste une réponse à la question suivante: Jusqu'à quand, combien de jours un homme doit-il travailler pour l'Etat ? 50, 60, 40, 70 % pourquoi pas 35, 20 ou 80 ?

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  6. Mais la politique -est- simple !

    ;-)

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  7. Je ne trouve pas choquant que des tranches d'imposition soient importantes 50%, 60% pourquoi pas.
    70% ça commence à faire beaucoup.

    Le problème avec N. Sarkozy est qu'il préfère faire payer (peu ou beaucoup) les pauvres et les classes moyennes compte tenu qu'ils sont bien plus nombreux que les riches.

    Ce n'est pas pour autant que ces derniers doivent échapper à l'impôt.

    Il faudrait s'atteler à une réelle remise à plat de la fiscalité.
    Mais ce n'est pas pour demain je crois ...

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  8. Corto, je ne suis ni pour ni contre (bien au contraire). Je ne trouve pas choquant qu'à un moment, on dise "stop" à des prélèvements démesurés. Maintenant, j'en ai marre que la classe moyenne demeure celle qui va encore devoir faire des efforts, ça m'insupporte.

    Et le but de mon billet était plus de montrer qu'à droite et à gauche, ça caricature à fond les ballons.

    Claudio, ne confondons pas simple et simpliste...

    Fleche : oui, il veut faire payer les classes moyennes. Et je constate que de toutes manières, à gauche aussi la logique est de faire payer la classe moyenne. Et ça me gonfle.
    Après, la chasse au riche (du genre "vous allez voir ce que vous allez voir quand la gauche arrivera au pouvoir"), je trouve ça et con, et pas forcément supportable...

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  9. Petit commentaire à tire d'aile* l'ami:
    1. En soi, que la droite ai pu vouloir se doter de symboles n'est pas idiot loin de là, en particulier non pas le bouclier fiscal, mais celui de na pas plier systématiquement devant les gérémiades de la gauche (comme bon nombre d'élus au moindre courant d'air). Avez-vous vu la gauche renier la moindre de ses erreurs?
    C'est bien peu me direz vous, mais je crois que c'est ce qui a été tenté.
    2. Voila quelques temps que 'les élites" envisagent une agglomération des différentes taxes et impôts (soucis de simplification, de lisibilité et d'équité). Aussi peu nombreux ont été ceux qui se sont demandés quelle mouche avait piqué notre président quand il a inclus CSG et CRDS ainsi que fiscalité locale dans le périmètre de ce bouclier. La gauche avait déjà annoncé la couleur (bien dans sa tradition de non respect systématique des décisions démocratiques dès lors qu'elles les gênent): les instances locales seront autant de contre-pouvoirs destinés à défaire localement ce que l'état "de droite" ferait nationalement. Je crois donc qu'il s'est agit en ce sens de prévenir toute tentation future de la gauche d'augmenter les impôts déraisonnablement tant pour les collectivité locales qu'ensuite en cas d'alternance par la CSG-CRDS.
    3. Derrière tout cela une réforme non encore annoncée (le sera-t-elle un jour?) celle de la responsabilisation citoyenne par le paiement de l'impôt par tous. En effet, rien n'empêche dès lors de collecter l'ensemble des impôts et taxes inclus dans le périmètre du bouclier fiscal. Ce serait de l'avis de nombre d'entre nous une manière efficace de sensibiliser nos concitoyens à l'efficacité de l'utilisation des deniers publics.
    4. Enfin, il n'y a guère de hazard à voir nommer le chirurgien Jérôme Cahuzac, dont les prises de position ont toujours été dogmatique et dures. Le tir de barrage "innocent" de certains médias précédant sa déscente à Bercy pour demander des comptes aux deux ministres, sur l'efficacité du bouclier fiscal précisément.
    *je n'aurais pas du choisir cette expression. Voulant vérifier s'il s'agissait de tir ou tire je suis tombé sur ça en premier résultat Google. Je vous suggère vivement de feuilleter les deux livres destinés à nos enfants en CP.
    http://www.atiredaile-hatier.com/supports.php
    livres lecture partagée:
    http://medias.editions-hatier.fr/hatier/flipnew/ATA_93394_LeTailleur_CP/index.htm
    http://medias.editions-hatier.fr/hatier/flipnew/93395/index.htm

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