C'est avec tristesse que j'ai vu ce matin que le blog de mon ami Nicolas, jegoun.com, ne fonctionne plus. Une deuxième mort de cet ami avec qui parler politique me manque tant.
Nous aurions sans doute aimé l'édito de l'excellent Franz Olivier Giesbert cette semaine sur le Point : "Pour en finir avec le mythe de l'homme providentiel". Et il en donne quand même deux, pour qui je pourrais voter (surtout le premier).
Qui, en dehors de Le Pen ou Mélenchon, aurait suffisamment de moelle pour mener cette fois la politique exigeante qui s’impose ? Profil idéal après qu’il a beaucoup appris, Nicolas Sarkozy a été mis hors jeu par une magistrature ultrapolitisée. Sans préjuger de l’évolution de personnalités plus ou moins neuves comme Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann ou David Lisnard, qui chacune dans son genre a du talent, deux impétrants répondent à peu près aux critères, malgré leurs défauts, aujourd’hui : Bruno Retailleau pour la droite et François Hollande pour la gauche. À ceux qui poussent déjà des cris d’orfraie – « Ils ne font pas rêver ! » –, on répondra que le décennat finissant nous a soûlés de belles paroles et de fausses promesses, à commencer par la mensongère « suppression de la taxe d’habitation ».Le gaulliste Bruno Retailleau est doté d’une grande culture, ce qui est rare par les temps qui courent. Il a, en plus, le passé d’élu local et régional, qui manqua tant à Macron. Le social-démocrate François Hollande fut un président qui aurait certes pu mieux faire, mais dont la majorité parlementaire, mitonnée par Martine Aubry, patronne du PS, lui était ouvertement hostile, les « frondeurs » de sinistre mémoire allant même jusqu’à déposer une motion de censure contre leur Premier ministre. Si Hollande a commis l’erreur de rester enfermé dans son camp, on peut imaginer qu’il a tiré les leçons des procrastinations qui ont ruiné son quinquennat. En attendant, il reste, à en croire certaines études, la meilleure chance pour les socialistes de passer devant LFI au premier tour.
Pour n’être pas des hommes providentiels, Retailleau et Hollande n’en sont pas moins opiniâtres, chacun à sa façon. Dans la situation où la France se trouve, c’est tout ce qu’on demande !
Vous connaissiez déjà Byakuya Retailleau (dont j'attends plus, mais je pense que son sérieux lui apportera du crédit... Il ne fait peut être ni frittes ni flamenkuche, et ne propose pas de boire des bières, mais il est sérieux).
Et puis il y a François Hollande. Il est extraordinaire. On pense toujours en avoir fini avec lui. Et il revient. Premier secrétaire du PS pendant onze ans, président de la République pendant cinq, retiré ensuite de la première ligne, et le voilà de nouveau député de Corrèze. Il ne disparaît jamais vraiment.
Il fallait donc lui trouver sa place dans mon petit bestiaire politique. Mesdames et messieurs : Boubou de Tulle.
Rose (bien sur), rond, souriant. On aurait presque envie de lui tapoter la tête. Grave erreur. Boubou regarde les autres s'écharper, attend tranquillement dans son coin et, quand tout le monde pense l'avoir oublié : pouf, François Hollande est de nouveau là.
Et Boubou, il parait patapouf. Mais en colère c'est une machine de guerre.
Je me demande ce qu'aurait pensé Nicolas du retour de Pépère dans l'arène. Et que je lui trouve finalement des qualités, à Hollande : en tout cas celui que j'aimerais affronter.

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