L’article du Point « le ralliement silencieux des élites à Jordan Bardella » m’a intéressé. Marine Le Pen travaille depuis longtemps à donner de la normalité et du « contenu » au RN. C’était hier avec des enarques, des Philippot, des gens qui devaient donner une certaine respectabilité.
Dans cet article (je ne sais pas si les non abonnés peuvent le lire), Thierry Breton, personne sérieuse, est citée. Ca dépasse le cadre Boloré CNews.
Je mets en perspective cet article avec les derniers sondages. Qui testent, de manière sérieuse, Bardella. Qui gagne à tous les coups. Signe que le plafond de verre il est en miette.
Et un fait aussi : le front républicain existe toujours. Mais il est contre LFI : Bardella terrasserait Melenchon 75 % - 25 %. Presque le score Chirac vs Le Pen père.
Un bémol néanmoins : à 18 mois de l’élection le vainqueur présumé est souvent cocu.
Mais quand même pendant les pré-saisons de présidentielles, quand Juppé, Sarkozy, Balladur, Delors étaient ultra favoris, je n’ai pas vu de prévisions sondagières de premier tour aussi haut. 35% c’est énorme.
Et moi dans tout ça, qu’est ce que j’en pense vous demandez vous ? Ben à vrai dire, rien.
Je n’ai pas d’avis moral ou politique. Je constate. Je regarde
Je n’ai jamais considéré que le rôle d’un homme politique était d’être un castor et de faire des barrages. Et chacun est libre de son vote (c’est pour ça qu’il n’y a pas de caméras et de flingues dans les isoloirs). Généralement, au premier tour on choisit son candidat. Et au deuxième tour on conforte son choix s’il y est, sinon on élimine celui qu’on considère le plus dangereux. Ou on reste au bord de sa piscine..
Je ne vois pas de péril fasciste. J’imagine que si Bardella ou Le Pen gagnent, une minorité bloquera violemment (ils appelleront ça « la résistance »). Et quelque part si j’ai peur d’un péril, c’est ce péril rouge brun qui pactise avec un ennemi de l’intérieur qui regarde. Pour ceux qui n'ont pas compris : LFI et la mouvance islamique radicale.
Je ne vois rien d’autre qui peut émerger.
Je pensais que Lecornu serait plus qu’un poussin, mais je crains pour lui qui ne devienne pas poulet. J’imaginais Castex un peu comme le surnom que certains lui donnaient : Medvedex, pour permettre un retour de Macron. Mais je me demande qui voudra encore de Macron en 2032, lui qui voulait disrupter la classe politique, et qui a fait du Tchernobyl.
A gauche, Glucksmann est trop tendre (un profil « vert » selon le modèle de Horney, un réfléchi mais à qui il manque du rouge). Mélenchon ou toute personne proche de LFI sera rejeté par le peuple français. Hollande ? Je crains que comme Sarkozy le retour soit impossible.
A droite, je ne vois rien. Et la Macronie ? Existera elle sans Macron ? Déjà que ceux qui l’ont léché le lynchent…
Je m’interroge par contre sur l’international. A part un gros wouah wouah, Macron n’a guère pesé face aux deux monstroplantes Trump et Poutine. Mais y a avait de l'intention (sur le bulletin scolaire on dirait "des efforts mais bon...")
Sarkozy s’était fait manger tout cru par le maitre du Kremlin.
Hollande tenait le coup (une anecdote : lors d’un sommet Hollande Merkel Poutine qui s’éternisait, Merkel demandait à Hollande « comment faites vous pour tenir » ? « vous savez, quand on a fait des congrès du parti socialiste… »)
Que ferait un Bardella face au danger qui vient de partout ? A la tête d’un pays désuni, où on peut se faire trahir par son voisin, par un parent ?
Moment politique particulier à suivre…

Ne nous faisons pas d'illusions, l'Europe ne pèse pas grand chose par rapport à Poutine et Trump, que ce soit Macron ou n'importe qui d'autre en face. Les leaders européens ont tout au plus un petit siège sur le côté pour regarder les deux caïds se partager le monde, comme au temps de Yalta. Je crois que j'en ai parlé sur mon blog.
RépondreSupprimerJe ne parie pas souvent, mais je te parie une bouteille de bulles que, qui que ce soit à la présidence en 2027, il risque de décevoir au bout de 6 mois, car pas mal de naïfs voudront des solutions immédiates miracles, ce qui n'est pas possible. Je ne le souhaite pas, mais c'est qui risque de se passer. 2032? N'oublie pas que l'électeur a la mémoire très courte. Il adule, puis il lynche, et parfois il réhabilite. Je n'en dirai pas plus que l'instant.
Bien sûr que le camp présidentiel va se faire laminer. Qu'on aime ou pas Macron, intellectuellement y a pas grand monde pour relever le flambeau après lui. Pas mal d'opportunistes qui n'existaient que dans son sillage vont passer à la trappe de leur propre médiocrité. Je ne les pleurerai pas.
Personne à droite, je ne sais pas, j'ai bien peur que la machine à perdre ne se remette en marche. Je brûle des cierges gros comme le bras à Saint Bruno, mais j'ai peur que cela ne reste qu'un voeu pieux. Et tu sais ce que je pense de Philippe.
Moi non plus je n'ai jamais voté castor. Si les partis traditionnels ont suffisamment sacrifié de leur ADN pour ratisser large et sont devenus des méduses sans colonne vertébrale qui ont laissé les extrêmes progresser, qu'il se boivent la purge, ca leur fera les pieds. Macron n'a fait que donner une pichenette à un édifice déjà structurellement branlant. Il fut un catalyseur, pas une cause profonde.
L'extrême-gauche radicale, tu sais que je pense comme toi.
Comme tu dis, nous vivons des temps de grande incertitude, il est très difficile de prédire le futur à ce stade.
Salut Juliette, je ne parierai pas parce que je suis aussi d'accord avec toi. Les "100 jours" seront autant de virages d'Alpe d'Huez. Et dans un pays aussi fracturé, la mémoire de l'électeur est light, très light, tu as raison.
SupprimerEt l'Europe manque de ténors et de personnes musculeuses. Je me demande si Meloni n'est pas le Merkel des années 2020 mais ce n'est pas le même niveau.
D'ailleurs, je me rends compte (mais c'est encore le matin, je suis diesel) que je ne suis pas sur de te dire le nom des chefs de gouvernement anglais (qui ne sont plus dans l'Europe), Allemand, espagnol... A part Orban et Meloni...
Oui, nous vivons des incertitudes. Passionnant pour l'observateur, un peu plus inquiétant pour le citoyen
Oui, et tout cela m'attriste. Vraiment. Mais attention au miroir déformant des médias, qui font leur beurre sur l'émotionnel. Nous traversons une crise, mais c'est pas l'apocalypse non plus. Notre bonne vieille France a traverser bien des crises au cours des siècles et est toujours la. Ses racines sont solides.
SupprimerTout à fait Juliette. Les médias amplifient, mais je pense que nous avons suffisament de recul pour ne pas se faire absorber et se faire piéger.
SupprimerMême si des fois c'est dur...
C'est vrai, c'est souvent dur. Mais pour ce qui est de toi et moi, notre formation scientifique nous aide à nous raccrocher aux faits objectifs. Attention, je ne dis pas que les non scientifiques ne sont pas capables de le faire. Mais c'est un outil précieux.
SupprimerOui et on aime bien aussi les petits modèles qui mettent le monde en équation :) (hier soir j'ai sorti un concept à Falconette qui n'avait pas envie de branlette intellectuelle, l'équation de je ne sais pas qui qui dit que 1 mauvaise nouvelle ne peut être contrebalancer par au moins 4 bonnes nouvelles... j'ai pris cher :) )
SupprimerEn effet, il n'y a pas beaucoup de raisons d'avoir de l'espoir...
RépondreSupprimerIl y a quelques mois, le PC a commencé à tourner de le dos à LFI. Ca m'avait fait plaisir et redonner quelques raisons de croire en l'avenir. Il faut que LR résiste à la tentation mais aussi que le parti d'Edouard Philippe arrête de déconner. Il faut que tous les partis non extrêmes, non "populistes" soient sérieux. Ils ont loupé le coche avec le budget. Ils sont dans des surenchères divers provoquées par les conneries des deux extrêmes. Ils feraient mieux de résister et de montrer qu'une autre voie est possible.
Tu as raison, ils sont tous dans surenchère permanente et parlent "compromis" et "responsabilité" sans en mettre une goutte dans la soupe.
SupprimerIl y a un paradoxe: je crois que des compromis sont nécessaires, mais malgré tout il faut des hommes qui ont des valeurs idéologiques bien ancrées pour bâtir des bases solides. C'est un grand écart que peu peuvent faire. C'est là qu'est l'os!
SupprimerBien vu Juliette. Mais compromis ne veut pas dire compromission. Les LFI ont des valeurs, mais quand ils sont sortis avec Casteix et "le programme tout le programme que le programme", ça peut pas marcher...
SupprimerOn peut tout reprocher à E Macron, mais je ne crois pas qu'il mérite pareille opprobre sur l'Europe.
RépondreSupprimerIl est pour ma part celui qui en avait la meilleure perspective . Hélas on est vingt sept et l' unanimité nécessaire pour ce faire n'est pas le moindre des obstacles.
" La seule voie qui assure notre avenir, celle dont je veux vous parler aujourd'hui, c’est à nous, à vous de la tracer. C’est la refondation d’une Europe souveraine, unie et démocratique. Ayons ensemble l’audace de frayer ce chemin. "
" En matière de défense, notre objectif doit être la capacité d’action autonome de l’Europe, en complément de l’OTAN ".
Discours de la Sorbonne, 26 septembre 2017
Vincent
Je sais que c'est au taulier de répondre (s'il le souhaite), mais je me permets de dire amen.
SupprimerJe n'en ferai pas une maladie ..
SupprimerPéjoratif ou Mélioratif ?.. J'ai le QI d'une huitre..
Vincent
Mélioratif (je ne connaissais pas ce mot!) Bref, pour être claire, je voulais dire que j'étais d'accord avec toi.
SupprimerSalut Vincent, quand un texte est parti il n'appartient de dire amen ou d'appeler à la foudre. Chacun son avis.
SupprimerCe que je reproche entre autre à Macron, c'est d'avoir été parmi les derniers à nous faire des discours magnifiques, l'un souvent contradictoire avec un suivant, mais de ne pas avoir trop concrétisé.
J'avais une phrase quand j'expliquais mon côté béta - vert (le nouveau modèle ressource humaine de Horney que j'ai appris). Le rouge - alpha, il voit une nana, il fonce et il y arrive. Le vert, il va parler, lui écrire des lettres... Et c'est son meilleur ami qui rafflera la mise (histoire vécue personnellement).
Oui, je ne peux être que d'accord avec ses déclarations d'intention. Oui, il faut une Europe Souveraine qui se donne les moyen de l'être. Et de faire une vraie Europe de la défense.
Mais derrière les mots les actes ne suivent pas. Et ce n'est pas que de la faute des autres, c'est qu'aussi on imprime pas.
Peut être que la voix de la France de raisonne plus comme nous le souhaiterions. Et ce n'est pas la faute de Macron.
(Après Vincent, sur la politique étrangère, j'ai juste dit "peut mieux faire", et beaucoup de mots pour peu de résutat : côté opprobre je suis très light et gentil, et même je lui trouve des circonstances atténuantes, et une colonne vertébrale que peu ont)
C'est la " Réprobation publique " sur son action Européenne que je visais personne de particulier et sûrement pas toi .
SupprimerIl faudra que je sois plus précis, bien noté .
Vincent
Pas de soucis, mais tu as raison. Aujourd'hui on n'est peu dans la modération et on lynche après avoir léché. De toutes manières, s'il pleut y a de la chance qu'on dise que c'est la faute à Macron.
SupprimerCa va finir par me le rendre sympathique :)
Ouarf!
SupprimerTu vas dire que je mets à nouveau mon nez disruptif dans la conversation et c'est vrai mais...
[mode second degré rigolard et taquin mais bienveillant = activé]
Tu viens de sortir que tu finirais par trouver Macron sympathique...j'entends parfaitement ton second degré ironique, mais je crains que cette phrase ne te poursuive pour l'éternité. Je risque de te la ressortir en mode troll macroniste rigolarde à des occasions choisies. Je resterai gentille, promis, tu n'auras pas droit au paladin violet fonçant au galop de charge ;o)
Mais çà va ressortir, MDR!
J'ai réussi à trouver de la sympathie et des qualités à Hollande, tu vois. J'ai un problème, celui d'être un peu trop humain et de ne pas arriver à détester totalement. Surtout les personnes lynchés.
SupprimerOh, je déteste Jupiter qui jouait à la vie politique du haut de son Olympe. Mais là, c'est mon chevalier d'or satisfait avec son nuage qui lui pleut sur la courge que je vois.
Tu pourras te moquer (avec gentillesse). L'homme est une secte à lui seul et une somme de contradictions sur deux jambes. Je suis totalement humain :)
Etre capable de voir le monde avec ses nuances et contradictions au lieu de donner des jugements manichéens comme dieu venu frapper les pécheurs est une qualité, certainement pas un problème. Encore heureux qu'on peut dire qu'on n'aime pas nos dirigeants, c'est un signe de démocratie. Je n'ai jamais eu le moindre problème avec çà.
SupprimerJe n'ai jamais méprisé Hollande.
En fait, dès que quelqu'un fait l'objet de campagnes de dénigrement systématiques basées sur l'attaque personnelle et le mépris (gros pépère, Flamby en fait partie) plutôt que sur des faits objectifs çà me fait sortir de mes gonds (et de ma phase).
Je ne trolle jamais en ligne, par contre si je rencontre des haineux pavloviens dans la vraie vie, c'est une autre affaire. Si la ligne rouge de la menace physique déguisée en blague, de la fake news puante et de la déshumanisation est franchie, il faut savoir que je me tiens sur cette ligne et que je la tiendrai.
Ce genre de haineux je les plie en accordéon avec ma réthorique, et ce sans hausser le ton ni proférer la moindre insulte. Il n'y a pas de trace de freinage.
Je sais parfaitement que tu n'est pas un haineux, sans quoi on ne serait pas potes. :o)
C'est vrai que la haine ne fait pas parti de mes caractéristiques (je suis amour et paix sur la terre, amen).
SupprimerEt puis face à une rouge violette je vais pas faire le poids moi le orange marron bêta vert :) (quand je parle comme ça le soir, Falconette s'énerve, je pense que du bleu elle passe en phase violette mais je lui dis pas elle me frapperait)
Mais tu vois, le seul finalement que je n'arrive pas à défendre (sauf à l'époque quand y avait de la haine), c'est Sarkozy. Il a tellement voulu faire de mal à sa famille politique qui est aussi la mienne, à Chirac et à tous ceux qui voulaient lui succéder, que bon... La prison ça m'a emmerdé, mais lui je lui en veux.
Je sais. Gros soupir. Sarko me reste en travers de la gorge aussi, et c'est teinté d'un poil de culpabilité car tout au début, je l'ai soutenu. Je ne pouvais pas savoir comment cela tournerait et ma boussole politique n'était pas très subtile à l'époque, mais quand même...
RépondreSupprimerBah tu sais en 2007 on avait pas trop le choix. Rappelle toi, Sarkozy ou Bayrou ? J'étais pas encarté UMP (et je ne l'ai jamais été) mais j'aurais eu du mal à voter pour lui en interne.
SupprimerEnfin, ça nous rajeunit de presque 20 ans...