mardi 15 décembre 2009

Rachida Dati, ou le respect de l'électeur...

J'ai failli parler de Benjamin Lancar ce matin... Il était hier soir dans le Grand Journal de Canal +, le président des jeunes de l'UMP... Arrivant avec jean propre et sourire satisfait (de lui même ?), il venait parler de ce fameux lipdub zalacon qui aura fait rire le monde entier...
J'aurais dit, si j'en avais parlé, que le jeune RPR que je fus n'aurait jamais pu être jeune UMP. Pas avec des gens comme lui à leur tête. Quand droite décomplexée rime avec arrogance, absence totale d'humilité, et surtout cette réthorique qui fait ressembler tout jeune UMP qui passe à la télé à un Sarkozy bébé, je me dis vraiment que ce n'est pas pour moi...

J'ai failli en parler, mais j'en aurais pas dit que du bien. Donc autant parler de ce que j'ai entendu ce matin sur RMC... Ce fameux buzz concernant l'attitude de l'élue Rachida Dati au Parlement Européen. Voir la vidéo (prise chez SarkoFrance).


Ma blogosphère en parle. Elle n'est pas tendre avec cette attitude que je juge indigne, et franchement scandaleuse. Seb, de droite, la qualifie de bug démocratique. C'est joli.
C'est Authueil, de droite, qui résume le mieux l'attitude de la député européenne : Mépris de l'électeur. Ni plus, ni moins.
Personne n'a obligé Rachida Dati a être candidate. Personne. Si elle s'emmerde, qu'elle démissionne. Et qu'on ne vienne pas nous parler ensuite de son envie de prendre plus grand, Paris ou je ne sais quoi...

Cette attitude m'afflige d'autant plus qu'en ce moment, elle me touche particulièrement. Je ne suis qu'un petit élu de campagne... Mais en ce moment, entre le boulot de la vraie vie, et cette activité d'élu, je suis sur les rotules le soir. La sciatique de Novembre, et un physique pas très en forme en ce moment, avec de symptômes de je ne sais quoi qui tournent au dessus de ma tête, en sont aussi la résultante. Je suis épuisé. Physiquement. Moralement aussi. Surtout.
Je vois à coté une "grande élue", une star. Montrer qu'elle s'en fout de son job d'élu, au demeurant fort bien rémunéré. Elle a été élue pour elle bien sur, mais surtout pour les gens qui lui ont fait confiance : elle montre qu'elle s'en branle...
Pendant ce temps, je sais que je ne suis pas rentré avec 21 heures ce soir. Et quand je suis parti de la maison ce matin, j'avais autant de boules dans la gorge que de courbatures dans tout le corps... Donc non... Aujourd'hui j'ai les boules. Aujourd'hui, j'ai le moral qui ne me donne pas un immense souffle d'optimisme...

Rachida Dati disait le 13 Juillet : "mes électeurs ne seront pas déçus..."

Non... Peut être la rééliront ils une prochaine fois...

J'ai tendance à penser que ce genre de personnage sont de ceux qui risquent de donner naissance à un nouveau 21 Avril... Montrer que la politique, c'est sérieux. C'est pour les gens, des gens qui souffrent et qui en ont marre... Et qui attendent autre chose des politiques qu'un sourire satisfait devant un lipdub à la con qui afflige tout le monde ou que des pseudos starlettes capricieuses qui se prennent pour des star de cinéma...

AliciaBx rappelle que les grands froids arrivant, certains souffrent plus que d'autres... Et pendant ce temps, d'autres dépriment dans les palais de Strasbourg. Ecoeurant... Et déprimant...
soupir

21 commentaires:

  1. La pauvre... Elle déprime...

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  2. Ca ne donne effectivement pas une bonne image de la politique.

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  3. Nicolas, je déprime aussi et tout le monde s'en fout T___T (je me sens seul et mal aimé... ce soir je vais boire pour oublier)

    Ferocias : c'est carrément insupportable tu veux dire :))) (non, l'image est minable)

    Enfin bon... (soupir)

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  4. Ce qui me chagrine le plus chez elle, c'est son inconséquence. Cette image dilettante qu'elle donne de ne pas comprendre que la politique est une chose sérieuse (Franchement, téléphoner à une copine, lui dire le contraire de ce qu'elle vient de dire à la caméra, en oubliant qu'elle a un micro cravate), ce côté enfant gâtée de la politique à qui l'on offre des citadelles imperdables, sûre d'être élue maire, sûre en tant que tête de liste de percevoir de confortables indemnités de député européen...
    Tout ça me désespère autant que les fêtes de la fraternité de la folle qui confond sondage au sein du comité de rédaction du nouvel obs avec suffrage universel...

    J'en discute parfois avec un militant de l'autre bord, on boit un café en riant et en se remémorant nos échanges houleux et nocturne que nous avions il y a une vingtaine d'années quand nos équipes de colleurs d'affiches se croisaient... Il m'appelle camarade, je l'appelle compagnon (je ne peux pas faire moins), en général on conclut sur le fait qu'il est bien difficile d'être militant.
    C'est-y nous qui vieillissons, C'est-y la politique qui devient inintéressante ???

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  5. j'ai oublié un "S" à nocturne"s"

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  6. Comme si c'était étonnant de la part de Rachida Dati qui illustre à la perfection ce qu'est le sarkozisme.

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  7. Le nombre de fois, dans les salles de réunions, où ,j'attendais que les interminables discussions sans aucun intérêt se terminent pour enfin arriver au cœur du sujet....

    On est tous un peu comme Rachida Dati, non? Lors de séances sans fin, où le député puis le maire puis le "chargé du" puis le "représentant de" s'expriment sur des sujets que l'on a étudié, dont on a lu tous les rapports.

    Elle dit ce que l'on dit en rentrant, chez soi, quand on pense que personne n'écoute. "C'était utile, mais cela aurait pu être plus court, beaucoup plus court...."


    Si tu te défoules jamais en parlant avec tes copains, c'est très bien, mais ces vidéos doivent rester à leurs places, elle a été piégée, alors qu'elle pensait discuter seule avec son amie et qu'elle exprime qu'elle aurait adoré être avec sa copine, plutôt que là, tout de suite, caméras à l'affut, assez humain finalement.

    Elle fait peut être mal son boulot, mais peut être bien, ce n'est pas sur ce qu'elle dit, là, que l'on peut en juger (re, ne jamais oublier la fond au profit de la forme)

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  8. Elle n'en loupe pas une ! elle en deviendrait presque attachante, façon Marie-Ségolène ^^

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  9. Dati, elle a fait ce qu on lui a dit de faire, s attaquer a la justice et puis ben, elle l a fait puis on l a jeté.

    En meme temps a Strasbourg c'est pas une mauvaise place non plus, le salaire...surtout je vais pas la plaindre.

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  10. Tres bonne analyse.

    C'est une première fois que je tombe sur un blog de droite...
    Ah vrai dire, c'est vrai que quand les blogs de gauche critiquent le président ou les actions de droite, la portée est moindre que quand un électeur de droite fait la critique de son parti.

    Le lipdub, l'idée est pas mal mais la réalisation n'est pas au rendez vous...
    cela montre que l'UMP est un parti jeune et moderne (je ne suis pas UMP pourtant).
    C'est pas un parti vieillissant comme la gauche qui pourrait envisager de telles pratiques.

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  11. Olivier : plus jeune, j'ai ce souvenir des séances de collage, où le communiste manquait de colle. Je lui en offrais, et recevait un verre de blanc en échange. Ou l'inverse.

    Oui, être militant c'est bien. Merci de me le rappeler, depuis que je ne le suis plus, j'ai tendance à l'oublier... Et à ne me souvenir que de ces cotés insupportables du militantisme instrumentalisé. Qui défend l'indéfendable chez lui, mais voit à merveille la poutre dans l'oeil du voisin.

    Lady : désolé. Dati a beau être de droite, outre le fait que ce n'est pas la mienne, je trouve cette attitude insupportable.

    Je le dis après une séance entre midi et deux où mon rôle d'élu me laisse encore mal à la tête, et un mal de ventre qui me donne envie d'aller me coucher de suite là...

    Non, je ne prends pas la défense de Dati. Je pense même qu'elle devrait démissionner.

    J'ajoute que, comme tu le sais Lady, ça aurait été une personne de l'autre bord, j'aurais été aussi acide et revendicatif.

    Stef : oui, c'est la même manière insupportable de faire de la politique...

    Seb : non, ne la plaignons pas mon ami...

    Olivier : mon Dieu, un deuxième Olivier (ils sont de partout, comme disait l'autre c'est quand y en a plusieurs qu'il y a des problèmes.... Non, pas taper, je plaisante ^____^)

    Sinon Olivier, non, je ne fais pas la critique de "mon" parti. Je ne suis pas UMP, ne l'ai jamais été. Et ne le serait pas tant que c'est cette droite qui est à sa tête.

    Maintenant, c'est bien aussi d'être fidèle en ses valeurs et ses convictions, et critique avec ceux qui dénaturent celles ci. Désolé, mais Dati, Lefebvre ou le Lipdub, ce n'est pas ma droite.

    Merci de ta visite ^^

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  12. Des Olivier il y en a plein, je sais...
    Je pourrais signer avec le titre de mon blog mais bon, pas top.
    Et oui, je découvre ton blog...il faut bien qu'il y ait un 1er jour.

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  13. ça devient une oliveraie ce blog :-)

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  14. pas mal le jeu de mot..;)


    Comme des Seb...il en cite un dans l'article. Je m'appelle seb mais je vais quand meme pas changer de nom.

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  15. Ah ouais, y a Seb et les autres Seb. Et vive les Oliviers, le provençal gardois que je suis ne peux pas ne pas les aimer :)))

    Bonne soirée

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  16. Merci pour le post... l'etat de la politique en France me desole, des fois ca me donne presque envie de pleurer. Bon courage dans votre tache d'elu local, c'est grace a des gens comme vous que les leleteurs conservent un peu d'espoir en la democratie.

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  17. Guillaume,
    Touché par ton commentaire... Merci (vraiment)

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  18. Bonjour l'ami des airs (aires aussi je crois ;-))
    Comme beaucoup d'entre nous j'ai vivement réagi à la vidéo de Rachida Dati au Parlement Européen. Cependant, cette histoire m'a travaillé pour d'autres raisons également.
    1. On voit clairement dans la vidéo qu'elle s'écarte des journalistes pour répondre au téléphone. Est-il courant, normal, classique, accepté, déontologiquement défendable de l'enregistrer de la sorte? Un peu comme la diffusion des minutes précédent l'entretien avec Nicolas Sarkozy sur un plateau de télévision, dont il est clair qu'il s'agit de temps d'enregistrement "volé" Je ne suis pas assez ces minuties politiques pour savoir si ces moments de vérité ne concernent que des responsables de droite (ou du PS version "guerre des clans"), mais est-ce la règle du jeu, ou s'agit-il d'un traitement particulier? S'il s'agit de la règle, qu'elle soit appliqué pour toutes et tous. Je ne doute pas que nous aurions droit à des morceaux choisis propres à l'édification des masses citoyennes que nous sommes. Je me rappelle (Ségolène?) du tôlé qu'avait provoqué la simple fuite de quelques menus propos échangés dans l'enceinte d'un congrès. Pourquoi une telle différence de traitement? Je pourrais dire pourquoi elle, mais en fait je ne suis pas sûr qu'elle soit concernée intuitu personae.
    2. Le monde politico-médiatique se scinde en deux courants: ceux qui veulent préserver l'image des politiques au sens où leur mise en cause affaiblirait la démocratie, et ceux qui prônent une transparence totale. Cette partition étant d'une géométrie dont la variabilité dépend fortement des circonstances, je serais assez d'accord avec les seconds, l'argument des premiers ressemblant fort à une mauvaise excuse, susceptible de conduire aux pires excès, mais à condition que le traitement médiatique soit équanime et équilibré.
    3. Transparence? Les politiques se font élire sur leur bonne gueule, leur idéologie professée ou sur un programme. On ne peut reprocher dans le cas des premiers que la transparence soit totale. En ce qui concerne l'idéologie, le moins que l'on puisse attendre serait de pouvoir confronter la réalité de la vie de ces politiques à leurs discours, donc transparence totale. Enfin, en ce qui concerne les derniers, la transparence ne serait pas tant de mise que l'enjeu est la réalisation d'un programme, on pourrait donc se satisfaire d'un leitmotiv du type "la fin justifie les moyens" tant que le but est atteint. Or, et c'est une des grandes spécialités de nos politiques hexagonaux, les programmes ne sont jamais mis en oeuvre ou les promesses tenues, à quelques exceptions près, et il n'existe aucun moyen des les y contraindre avant la prochaine législature. La France n'étant pas un pays de compromis (oui j'entends bien ceux qui susurrent "chose due" lol) il n'en est pas moins un pays du modus vivendi. Vacuité du pouvoir dans laquelle les medias s'engouffrent pour donner ici ou là de la voix, et puisqu'ils agissent sans contre-pouvoir précisément, avec une totale discrimination. Les journalistes (ou/et rédactions) se font donc les porte-paroles discriminants de leurs propres intérêts, qu'ils soient corporatistes ou idéologiques. Est-ce pour autant de l'information?

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  19. (suite et fin si tu le permets)
    4. Dernier point, car vous devez en avoir marre de mes diatribes: l'évolution insensiblement d'un système parlementaire, vers un système des partis. Vous rapportez, cher Faucon, à juste titre les propos d'Autheil. Sa vision de la politique à l'aune du marketing, qui somme toute peut paraître bénigne, masque mal cette dérive beaucoup plus inquiétante et son corolaire: la volonté du monde politico-médiatique de se débarrasser des gêneurs: nous les citoyens. Que penser en effet de cette sortie: "On ne peut pas respecter les dirigeants d'un parti politique qui laissent leurs militants investir un candidat comme Georges Frêche " (Frédéric Lefebvre)? On comprend bien le propos initial qui est de fustiger la nomination de Georges Frêche comme tête de liste PS dans sa région, mais le "qui laissent leurs militants investir" est absolument choquant. Or, c'est un signe des temps, ce type de remarques est devenu courant. On l'a constaté pour la votation suisse entre autres. Quel rapport avec Rachida Dati et la loi des partis? Simplement qu'elle est le pur produit d'un système où la valeur politique se mesure, comme au cinéma, à la valeur médiatique. Elle est bancable, comme Cohn-Bendit. Or ce type de dérive est d'autant plus flagrant que l'exercice du pouvoir est lointain ou abscond. Les élections européennes étant les plus concernées. Mais il y a plus grave encore à mon sens. Non seulement les politiques (les partis) s'accommodent parfaitement de cette situation (satisfaction laudatoire des egos?) mais une des conséquences est l'accaparement du pouvoir réel par la technocratie et la bureaucratie. Notre culture politique française des grandes administrations ne peut que satisfaire nos élites politiques qui y retrouvent leurs camarades de promotion qui n'ont pas versé dans le même genre. Mais c'est aussi vrai de l'Europe, où finalement la primauté des apparences veut qu'on se focalise sur la présence des parlementaires, plutôt que sur le procesus législatif qui donne aux fonctionnaires de Bruxelles un pouvoir que n'ont pas nos parlements nationaux.
    Au fond, n'est-ce pas là ce qu'exprime Rachida Dati? Qu'elle n'a rien à faire là, sinon de la figuration? A gérer l'apparence de sa présence en hémicycle, alors qu'elle vote en consigne plutôt qu'en âme et conscience, sur des sujets auxquels elle entend peu et n'a aucune prise?

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  20. Simple Citoyen : je te permets tout ce que tu veux, même un long commentaire :)

    tu as raison, on peut se poser des questions sur ce journalisme...
    Après, il y a le fond. L'élu que je suis qui prépare un conseil pour tout à l'heure est furax de ce genre d'attitude. Je ne gagne pas une indemnité de député européen, j'ai eu une longue journée, et on va ce soir voter des projets qui sont bien loin des problématiques européennes, mais qui feront peut être que demain les gens de nos villages seront moins malheureux...

    Sur le reste de tes commentaires, je répondrai plus tard (j'ai moyen le temps, et y a beaucoup de choses). Mais oui, tu poses de bonnes questions.

    j'ai réagis hier à chaud. Aujourd'hui, 24 heures après, je me dis que peut être ais été excessif. Parce que aussi une période personnelle qui fait que ce sujet me tient à coeur.
    Tu poses d'autres questions : essayons d'y répondre...

    Bonne soirée

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  21. J'avais compris ton sentiment Faucon. Je ne voulais pas abuser de tes colonnes.
    Ce que soutend cette vague tentative d'analyse, c'est que vous les hommes et femmes de terrain, êtes confrontés aux limites de ce système politique écartelé entre les messages formatés du monde politico-médiatique et la réalité.
    Or vous n'êtes que des humains, pas des marques. C'est au final vous qui portez le poids de cette éloignement de plus en plus évident, ce d'autant que vous n'avez que peu de relais face au monde bureaucratique, alors que l'image qui reste imprégné dans nos rétines citoyennes est celle de la totale potentialité des héros politiques.
    Tu as raison d'être furax comme tu dis, mais le soldat Dati n'a pas les épaules assez larges, et je crains que tu n'ais le coeur trop grand parfois... courage.

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