samedi 6 juin 2026

Joyeux anniversaire et douleur de parent

Pendant que je m'enferme dans ma bulle professionnelle et que je me rends malade pour des histoires de boulot, la terre continue à tourner. Et le monde reste aussi fou.

Hier était l'anniversaire de FalconhillJr. Quinze ans.
Je suis parti travailler le matin avec ma douleur au ventre, mes pensées qui tournent en boucle et cette reprise qui me pèse. En me servant un café, un éclair : « Mais je ne lui ai pas souhaité son anniversaire ! »
Les larmes me sont montées aux yeux. (devant des collègues, champion l'artiste…)
Voilà un peu mon état du moment.

Lundi qui arrive, j'ai un séminaire qui me stresse déjà. Retour dans un univers professionnel qui me fatigue plus qu'il ne me nourrit. Je ressortirai le billet dans l'an passé et serai Tortue Killman. J'essaierai 

Mais tout cela n'est pas grave.

J'aime FalconhillJr. Le goal, le grand, 15 ans, qui aura comme cadeau la "conduite accompagnée". 
J'aime Falcon2, mon Amstrad et encyclopédie France Football sur pattes.

Je les ai regardés cette semaine vivre leur vie d'adolescents. Le collège est à dix minutes à pied. Ils rentrent en bande. Ils discutent, rigolent, se chamaillent. C'est devenu normal.

Et puis il y a eu le drame du Gers.

Cette jeune fille disparue.

Comme beaucoup, j'ai suivi l'histoire. Comme beaucoup, j'espérais une autre fin. Sans y croire...

Je n'ai pas très bien dormi cette nuit. J'en ai même rêvé.

Parce qu'au fond, quand on est père, ce genre d'affaire nous ramène à quelque chose de très simple : cela aurait pu être nos enfants.
J'ai pensé à une chose que me dit un collègue coach : "tu auras toujours du stress, imagine si tu as un moment dur un stress encore plus stressant". J'ai pensé à retrouver le corps d'un de mes enfants dans une cuve de vin de Côte du Rhone par exemple…
Honnêtement, le blog n'existera plus, et le taulier saura pourquoi il soufre… C'est horrible cette histoire. 

Je n'ai pas envie aujourd'hui de faire le procès de l'État, de la justice ou des institutions. Beaucoup le font. Moi non je passe mon tour

Je sais aussi que des questions devront être posées. Sur les moyens, l'organisation, la législation, la médiocratie qui s'installe un peu de partout. 

Tout cela viendra. Mais pas ce soir je n'ai pas envie de me poser ces questions. 

Ce soir, je pense surtout à une famille qui ne reverra jamais sa fille rentrer du collège. Je pense à ses 15 ans que Lyhanna ses parents ses amis ne fêteront jamais. 

Je pense aussi à l'autre famille. Celle du présumé coupable. À sa femme, à ses filles, à tous ceux qui vont porter ce drame sans en être responsables. Jusqu'au bout de leur vie. 

Le monde est parfois d'une cruauté difficile à comprendre.

Alors oui, mes histoires de boulot existent toujours. Mon séminaire sera toujours là lundi. Ma hiérarchie aussi. Mes injonction contradictoire, qui font que le salaire tombe à la fin du mois. Mais...

J'aime vraiment mes enfants. Et je pense fort à cette famille que je ne connais, mais je partage leur peine. 
Le reste, on verra plus tard

PS : la mort de Bernadette Chirac m'a touché aussi...

jeudi 4 juin 2026

Panne d'essence

La reprise du travail a été rude. Un mail laconique de ma N+1 pour me convoquer. Quelques lignes seulement. Mais une phrase m'a particulièrement marqué :
« Les indicateurs que tu remontes ne sont pas la réalité. »
Peut-être n'était-ce pas le message qu'elle voulait faire passer. La manière dont je l'ai reçu, Antares du chevalier d'or du Scorpion.
Sentiment que mon travail était remis en cause ? Pire...  Comme si les chiffres que je produisais n'étaient pas crédibles. Comme si, malgré les efforts fournis, on me regardait davantage comme un problème que comme quelqu'un qui essaie de faire son travail correctement.

Moi, ce que j'ai entendu, c'est autre chose. J'ai entendu que mon travail n'était ni fiable, ni crédibles, voire même suspect. Et j'ai lu le mot : fraude. Dans mon métier, y a guère pire. 

La réunion qui a suivi n'a pas été bonne. J'étais froid. Fermé. Odieux sans doute. À un moment,  ma N+1 m'a rappelé quelque chose que j'aurais dit plusieurs semaines auparavant. Je ne m'en souvenais pas. Plus envie de me battre contre quelqu'un qui a toujours raison. J'ai répondu 
« La prochaine fois j'enregistrerai. Je ne sais plus ce que j'ai dit. Donne les chiffres que tu veux. ». J'ai fermé mon PC et je suis parti. J'avais en plus autre chose à foutre.

Avec le recul, ce n'était sans doute pas ma meilleure réponse. Mais je n'avais plus d'énergie. 

Le lendemain, j'ai reçu un SMS me proposant d'échanger sur le mal-être que j'avais exprimé en réunion. Je venais justement de prendre rendez-vous avec le médecin du travail : nous étions alignés (miracle alleluia). Je n'avais pas dormi de la nuit, et le matin le ventre jouait avec moi (pauvre Jacob Delafon, ils ont un vilain métier)

J'ai répondu que je n'étais pas en état de discuter. Pas par provocation. Encore moins par stratégie (incapable dans mon état de monter un complot).

Parler avec quelqu'un quand on est pas entendu est épuisant. Et ces derniers temps, je suis fatigué. Et je suis paresseux, pas besoin de me battre contre une personne qui a toujours raison

J'ai ensuite reçu un mail de sa part. Qui m'expliquait que mon malaise venait du travail, que j'étais soutenu, que j'étais soutenu par mon chef. Je l'ai lu plusieurs fois. Quand on a des amis comme ça, pas besoin d'adversaires... Le déni...

Problème n°2, mon syndicat sait que je ne suis pas le seul à souffrir, parce que je souffre. Et il veut intervenir. Bon... 

Mon N+2 m'a appelé amicalement. M'invitant à ne pas couper le canal de discussion avec ma N+1. Je n'ai pas voulu être méchant car je sais que mon chef vit des moments difficiles. Mais je lui ai dit que je n'avais ni l'énergie ni le temps de parler avec quelqu'un qui a toujours raison.

Une dernière…. J'écris souvent ici ces souffrances. J'ai l'impression d'être Balerdi, une personne importante, mais toujours présent sur la photo sur le lieu du crime, le but que prend l'OM. C'est dur.
Peut être suis je ingérable… Peut être. 

Ce soir je dois calmer mon syndicat, tenter d'aller mieux, ménager mon foie. 

Mon billet sur le Namek du Havre attendra. C'est con, il est bien mon billet sur Edouard Philippe...