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samedi 2 mai 2026

C’est vraiment très dur d’aimer l’OM

Y a une chaine YouTube qui me fait marrer, et que l'équipe Cazarre Drouet écoute souvent. L'immigré parisien, qui commente les matchs de Paris. C'est souvent des "frappes !", des "vas te faire enculer". Ou quand ça se passe vraiment mal, des toujours classes "allez piner vos **bippp** de mère, c'est bon ! (allez vous faire enculer)". 
Là, j'avais envie de faire l'immigré marseillais devant ce scandaleux Nantes Marseille où mon OM a démontré une chose : ils ne méritent rien cette saison. Ils ont été indignes !

Ca a commencé tragiquement à Rennes où à 11 contre 10 ils se sont pris un but dans les arrêts de jeu. Puis Rabiot s'est battu.

Quand nous étions à Rome, Marseille a été leader. "Je déraille frère". Oui, on a déraillé, mais pas de bonheur.

Sortie de Noel, Marseille Nantes où déjà bonsoir tristesse. Le match de Coupe d'Europe où on se fait éliminer après un scénario dingue : un match où on perd 3-0 et où on "tiens le score". Pour finalement qu'un goal marque un but à 1200 km de là qui nous élimine.
5-0 à Paris, élimination en Coupe. Un billet "huitième degrés" qui m'a fait me facher avec mon parrain que j'adore. 

Bref, l’OM aura moins été l’Olympique Magnifique que l’Olympique Misérable.

J’ai honte, j’ai mal, je ne suis pas bien. Pourtant il fait beau et ce n’est que du foot. Mais cette saison, ce gâchis, me fait honte, me fait mal.

À côté, j’aurai évité de penser au travail durant ce week-end de trois jours. Lecture. Un peu de sport. Le boulot est très dur et j’ai l’impression de ne pas être très bien traité — pour ne pas dire plus — par mon N+1. Et d’autres le voient. Et ça fait mal.

Enfin, l'OM nous aura fait honte. 
Mais ils auraient gagné, ça n'aurait pas fait baisser le prix du gasoil...


dimanche 12 avril 2026

Conflit de loyautés

Qu'est ce que la loyauté ? 
Je suis à moment étrange où le bureau d'une organisation m'a écarté (par bienveillance…) d'une décision dure qu'ils ont pris. Faire une alerte contre un proche, un très proche. Qui, sur le fond, a commis et continue de commettre des erreurs. Un proche qui a fait beaucoup pour moi. 
J'ai signé cette alerte. 

Oui, je suis un vert Horney (je vous promets un billet sur le sujet…), et un vert conciliant (Juliette m'a montré qu'il y a plusieurs teintes…). Donc j'ai quelques principes cons.
  • Je ne sais pas mentir
  • J’attache une importance sans doute démesurée à la relation et à la confiance
  • Un conflit doit se mériter : je suis paresseux, et la guerre c’est fatigant
  • Faire quelque chose que je ne sens pas m’est très difficile
  • Faire quelque chose contre mes principes me rend malade. 

Dernier truc. Je suis un hyper sensible. J'ai appris à vivre avec, à en faire une force (car ça me donne un instinct qui n'est pas mauvais). Et à savoir quoi faire quand cela me met en faiblesse. Car le problème de l'hypersensible est aussi son rapport à la fatigue, qui empêche action et réflexions complexes. 
Ce dimanche, j’étais épuisé. J’allais commencer le dernier Franz-Olivier Giesbert. Et finalement je me suis abruti sur Royal Match. Un Candy-Crush-like. La fatigue.
La fatigue, aussi, quand on n’est pas aligné avec soi-même. 

Je n'ai pas répondu à la question du début : qu'est ce que la loyauté ? Je n'en sais rien en fait...
Je me le demande, et me demande si je suis loyal. 
Vis à vis de la personne du début, je ne suis pas très gaillard. La méthode me déplait. Vis à vis de mes valeurs, non plus. Conflit interne. 
A t'on été loyal vis à vis de moi ? Ce n'est pas la bonne question (ou pas encore)

Le whisky de ce soir aura un gout bizarre. Pourtant, FalconhillJr a été super dans son match de hand. Marseille et St Etienne ont gagné. 

Demain, je retourne au boulot. 
Où dans le professionnel, on me demande de faire l'impossible. Injonctions contradictoires, qui a en plus un impact sur des sous-traitants. Des impacts humains importants. Là encore, conflit de valeurs. 
Où  mes relations aveec ma N+1 sont conflictuelles et actuellement ont des impacts sur la qualité du travail. Et sans doute sur ma santé.

Demain c'est lundi. Mais cea chaque jour suffit sa peine... (et je réfléchirai la loyauté" quand cette semaine très "étape de montagne du Tour de France" sera passée... ..Vacances presqu'ils de Gien semaine prochaine, si FalconhillJr ne se fait pas la cheville comme il y a un an :) )"

Peut-être que la loyauté commence quand on accepte de ne pas savoir tout de suite où elle se trouve.

mercredi 1 avril 2026

Retraite et passage de relais

Hier celui qui m'a recruté dans l'institution où je suis est parti à la retraite.
 
Quand il m'a envoyé le message pour me dire "ça y est, libéré", les larmes ont été l'Ouvèze de Vaison la Romaine. Je suis heureux pour lui. Mais... Mais je ressens un vide. 

J'avais pleuré quand il a quitté le site où nous travaillons pour aller travailler en région parisienne, 2017. Il a été mon chef de projet pendant presque 10 ans et m'a appris beaucoup. 

Mais je prépare un billet sur "la reconnaissance au travail". Le Point a écrit un super article sur ce sujet. Cette bonne blague...

mon ancien chef et guide est arrivé à un bon niveau, un haut niveau. A un moment, il ne savait se mettre à genoux devant des gens qui ne le méritent pas mais dont certains à la légion d'honneur... On enlève le correcteur d'orthographe : il n'avait pas forcément envie de sucer des maches à couilles. 
C'est con. Il l'a payé. Professionnellement.

10 mois après mon mon embauche il nous avait invité, Falconette et moi, chez lui. Son épouse, ses trois enfants, dont une fille que j'adore. 
Et j'ai vu la bibliothèque. Du De Gaulle dans le texte et sa plume, et celle des autres. C'est un bordelais, enfant, le Général lui a touché le front.
Quand il habitait à Orange, on rigolait (jaune) sur les seconds tours. Barrage républicain entre FN ou extrême droite ? 

Il avait l'âge que j'ai aujourd'hui quand il m'a recruté. Je lui suis resté fidèle.  
Un jour il me dit "tu sais Faucon, j'ai pris une carte syndicale à la CFE/CGC...". Comme gêné. Je lui ai répondu "tu sais que là les positions s'inverse : je suis ton délégué syndical ?" :). Ca l'a fait rire. Je n'ai jamais été dans le prosélitysme, mais il est venu vers moi naturellement. Oui tout simplement nous avions la même piste d'atterrissage. En tous cas les mêmes valeurs. 

Je me rends compte que j'arrive en première ligne. Je "perds" dans la mélée un ami, mais il est toujours là. Il part à la retraite en excellente santé. Sans aigreur. 
Mais comme Sangoku quand il s'est fait exploser avec Cell, je suis maintenant Sangohan face aux menaces... Dans un environnement pas franchement rigolo... Le Dadaisme ou le suréalisme, ça peut être joli dans un musée. Dans le monde professionnel, ça rend fou. 

Ce soir je me sens vieux. 
Falconhill Jr a visité le lycée. Et mon ami, mon maitre, est parti à la retraite. Le temps passe...

samedi 21 mars 2026

Changer de place (d'élu à expert)

Hier j'ai vécu un changement de posture. 

J'étais dans le train quand Falconette a reçu son écharpe d'élue (conseillère municipale. Le maire a voulu que chaque élu ait l'écharpe, c'est super). 
Moi je rentrais d'un cours donné à côté du Panthéon. 
Changement de paradigme. Je ne suis plus élu et politique, je suis expert. Dans un domaine scientifique, technique, mais qui reste aussi un peu politique. 


Jalousie ? Aucune (peut être un peu au début de l'histoire où je caressais mon black dog?). Fierté, bien sur. 
Falconette était ravie. Je ne lui envie pas les soirées où je rentrerai du boulot et où elle sera à s'occuper des affaires du village. J'ai déjà donné. 
Mais nos fils sont scolarisés, nous sommes impliqués dans la vie associative, le hand. C'est super qu'elle vive son aventure.  

Je serais ce qu'elle voudra que je sois. Mais en tous cas je ne suis pas un de ces "anciens combattants" qui vont donner des conseils à ceux qui n'en demandent pas. Si elle a besoin d'un avis ou d'une aide, elle l'aura. Mais je refuse de m'imposer. 

Des gens de la liste m'avaient demandé des avis, des conseils. Des analyses. Je leur ai donné. Oui, ça m'a fait plaisir, "l'expert" en politique a encore un peu de flair. Et il n'a pas été mauvais sur les résultats dans mon village, dans les communes aux alentours. Et sur les alliances (où je leur avais dit le soir du premier tour : mais bien sur que le PS s'alliera avec LFI : tout ce qui est moins à gauche qu'eux est un danger fasciste… C'est au delà de mes prédictions)

Le papa de Falconette a fait deux mandats de premier adjoint dans son village du Forez. Là il a laissé la place aux jeunes. Mon beau père est formidable. 

A côté de ça, il y a de la violence sur cette élection. Je confirme, elle laissera des traces. 
La campagne présidentielle 2027 sera violente. 2022 il n'y a pas eu de campagne, là ça risque de saigner. 

Je reviens à moi, plus simplement. À ma place aujourd’hui.

Je craignais ce moment de l'investiture. Celui qui ferait que je change de place. Avant j'étais élu. Maintenant, je suis mari d'une élue. J'ai été absent au passage de témoin et à mon changement de statut (et quelque part c'est très bien)

Quand nous nous sommes mariés, c'était dans mon village et non celui de Falconette 300 km plus au nord. Car j'y étais élu. Et mes amis adjoints (dont la Maire actuelle) nous ont marié. Cette fois, c'est le village de Falconette : elle fera peut être des mariages. Je lui souhaite. 
Quand nous nous sommes mariés, elle m'attendait le soir quand les réunions politiques étaient interminables. Les conseils violents. Là ça sera moi qui l'attendrait. 
Les enfants (enfin, le premier) était petit. Là, avec mes ados je regarderai le match de foot. 

J'étais élu, je suis expert. Je reste mari et père. Et citoyen, un peu plus engagé que les autres. Et c'est très bien.

(quant à demain les élections municipales… J'avoue que ma principale inquiétude est que l'Olympique de Marseille prenne trois points, le reste…)

mercredi 4 février 2026

Le passif-agressif : langue officielle du mail professionnel

Billet intenporel...

J'adore les articles du Point sur la vie au travail. L’article du Point parle de ce qui est devenu le virus silencieux des mails pro qui sont les formules passives-agressives :  ces tournures qui, sur le papier, semblent innocentes… mais qui, en creux, charrient du reproche, du “je suis agacé mais je ne le dis pas” ou du “j’attends que tu fasses mieux mais sans te l’exprimer directement”.

Ce sont des phrases qui font mal parce qu’elles laissent deviner une tension et demandent au lecteur de deviner l’intention derrière.

Et comme souvent, je me suis reconnu. Pas comme victime. Comme un salarié qui reçoit pléthores de mails, et qui en reçoit des formules passives-agressives. 

Ces phrases déplacent le conflit au lieu de l’assumer. Elles ne sont pas violentes, mais franchement fatigantes.

Listons la jolie liste du Point. De ces mots. 
  • “Sauf erreur de ma part” → classiquement utilisé pour pointer une erreur sans la nommer, et ça fuse direct comme une bombe à retardement.
  • “Pour rappel” / “Comme dit précédemment” → ça peut se lire comme « j’exige que tu te rappelasses, parce que tu t’es planté ».
  • “Merci de …” / “Merci d’avance” → ostensiblement poli, mais peut camoufler une attente ferme sans discuter.
  • “Comme tu veux” / “Si tu veux” → qui ressemble à de la liberté mais est en réalité une façon de faire porter la responsabilité (et le blâme) à l’autre.
  • “Ah” / “OK” tout court → souvent perçu comme un signe de désapprobation froide.
  • Je me permets…” → soit une excuse inutile, soit une façon de poser une exigence tout en faisant mine d’être humble.
Il n'y pas une phrase - un mot - de conclusion qui manque dans cet article. Et qui me casse les roues. "Cordialement". J'en ai fait un joli billet. Next. 

Y a d'autres phrases passives agressives cité par le Point.

"On peut se parler deux minutes ?" → que cette phrase est faussement anodine, mais jamais neutre... Traduction possible selon le contexte :
  • « J’ai un truc à te reprocher mais je ne veux pas l’écrire »
  • « Prépare-toi, ça ne va pas être agréable »
  • « Je te mets une petite pression en amont »

Ce qui fatigue, ce n’est pas la discussion. C’est l’anticipation anxieuse que cette phrase déclenche.
Deux minutes de parole pour celui qui te demande, c'est parfois deux heures de rumination avant. Et deux jours de ruminations après pour l'imbécile qui les a accordé, ces "deux minutes". 

"les émojis" → arme à double tranchant, parfois carrément passif-agressive sous stéroïdes. Les exemples classiques : 
  • 🙂 après une phrase sèche → “je souris pendant que je te pique”
  • 😉 → connivence forcée
  • 😅 → je me défausse de la gêne sur toi
  • 👍 seul → fin de non-recevoir polie

L’émoji peut adoucir… ou déresponsabiliser le propos.
Et surtout : quand une phrase a besoin d’un émoji pour ne pas être désagréable, c’est que la phrase est désagréable. C'est comme le "cordialement" après une phrase pas du tout cordiale. Tu me fais un clin d'oeil après m'avoir mis un coup de pied au cul. Je prends mal. . 


La ponctuation : l’arme blanche du mail pro. La ponctuation ne sert plus seulement à structurer, elle signale une intention.
  • Le point final → clôture, parfois froideur
  • Les points de suspension… → sous-entendu, reproche latent
  • Les majuscules → haussement de ton numérique
  • Les phrases très courtes → autorité sèche
  • Le point d’exclamation → injonction maquillée
  • Le double point d’exclamation → agacement mal contenu
La ponctuation devient un langage émotionnel codé, et le lecteur passe plus de temps à décoder le ton qu’à comprendre le fond.

Sur le fond, c'est irritant cette communication passive - agressive. Elle appelle à 
  • Une surcharge cognitive (“qu’est-ce qu’elle veut dire ?”)
  • Du flou hiérarchique
  • De lâcheté organisationnelle
  • Une peur du conflit direct
Dans le management (que je défendrai toujours), le passif-agressif est souvent le langage de ceux qui n’ont ni le temps, ni l’espace, ni l’autorisation d’être clairs.

Le problème du mail passif-agressif, ce n’est pas la méchanceté. C’est l’absence de courage relationnel.
Et à la longue, ça use plus sûrement qu’un conflit assumé.
Ce genre de tournures agit comme un micro-poison relationnel : on lit, on décode, on se demande ce qu’on veut vraiment nous dire, et cette incertitude épuisante. C’est exactement ce que l’article pointe : la bienveillance de façade masque souvent des attaques indirectes — et la résultante, c’est un climat qui s’envenime sans que personne n’ait osé dire les choses frontalement.

Cette interprétation permanente est épuisante.  

Le “cordialement” n’est que la partie visible. Autour, il y a tout un vocabulaire feutré, poli, professionnel, mais souvent chargé de tensions qu’on n’ose pas nommer.

Donc oui cher lecteur, si tu te dis “tiens ça me rappelle une phrase que j'ai reçu”, c’est normal : dans des relations tendues, ces tournures ressortent comme une épine dans la semelle — On ne trébuche pas dessus. Mais on finit par boiter.😉👍 .

vendredi 30 janvier 2026

Cordialement

Billet un peu plus léger. 

Dans ma vie professionnelle, le mail est une obligation. Un truc me gonfle : c'est le "cordialement" automatique en fin de mail. Le point final qui claque comme une porte de TGV. 

Le cordialement n'est pas agressif en soi. Mais son usage automatique, sec, décontextualisé, m'est insupportable. Surtout quand il arrive à la fin d'un mail qui est tout sauf "cordial".

Pourquoi ce roi du passif-agressif administratif énerve (m'énerve) autant ? 

Peut être parce qu’il peut être utilisé dans quatre cas très différents, et qu’on ne sait jamais laquelle :
  • Mail normal et cool (ça arrive) : dans ce cas le "cordialement" est cordial 
  • Neutre réel : “Je clos le mail, rien à signaler.” (rare chez les gens tendus)
  • Froideur hiérarchique :  "Je suis au-dessus, restons formels.”. Traduction : distance, pas de discussion
  • Désapprobation polie (le plus fréquent dans mon cas). "Tu me les brises, mais je reste dans les clous.

Et quand le corps du mail contient :
  • un rappel,
  • une demande floue,
  • une micro-remise en cause,
  • des choses vraiment désagréables,
Alors le “Cordialement.” devient un sceau de froideur. Un putain d'irritant. Autant me foutre une baffe dans la gueule en me souhaitant une bonne journée

J'ai été viré de mon poste de manager par ma N+2 suite à un mail de 20h30, avec le quart du canton en copie, humiliant et désagréable. Conclu par un "cordialement".

Et le "cordialement" il est de différentes natures. 
  • “Bien cordialement” → encore un minimum de chaleur
  • “Cordialement,” seul, avec point → clôture sèche
  • “Cdt” → expéditif, quasi SMS RH
  • “Merci, cordialement” → passif-agressif premium

Le pire est qu'il est mis automatiquement avant la signature. Quand tu t'es pris la marée juste avant, c'est agaçant, c'est irritant. 

Quand cela vient d'une personne (comme j'ai pu en rencontrer plein dans ma carrière) déjà perçu comme crispé, dans le micro management (agaçant), ou en perte de lien avec l’équipe ? Ça renforce exactement ce que je mets en avant : distance, agacement, soupirs autour de la machine à café.

Beaucoup de managers et salariés utilisent le “Cordialement” : 
  • sans conscience de l’effet,
  • comme une armure,
  • pour rester “professionnels” quand ils sont intérieurement en tension.
Autrement dit : ce n’est pas forcément calculé… mais l’impact, lui, peut être bien réel.

A titre personnel, j'ai toujours un mot personnalisé à la fin du mail. Pas un "bisou" (dans le monde du travail ça ne se fait pas). Mais un "bonne journée", "bonne soirée", "merci encore de ton aide", "à ta disposition pour en discuter"...
Et de toutes manières, je suis cordial (certains diront gentils). Mes mails sont cordiaux. Donc je n'ai pas besoin d'écrire "cordialement", le contenu est cordial. 

Le Point a écrit un article assez bon (qui me donnera l'occasion d'un article plus tard) sur les "8 formules passives agressives" dans les mails. Oui, y aura un billet au moment voulu. 

Vous l'avez compris : travaillant avec des gens dont certains ne sont pas super cordiaux, le "cordialement" de fin de mail me gonfle. Allez, il m'a donné l'occasion d'un billet. 

Bien Cordialement.

jeudi 15 janvier 2026

Managers de proximité : au cœur du système… et souvent seuls


L’article du Point sur les managers de proximité met le doigt sur quelque chose de très juste :
ils sont au centre de tout — et pourtant souvent seuls face à tout.

Entre le terrain et la direction.
Entre les injonctions stratégiques et les réalités humaines.
Entre des équipes fatiguées et des organisations sous tension.

Ils sont la charnière. Et comme toute charnière, on ne la remarque que quand elle grince.

Être manager de proximité, ce n’est pas “manager petit”
On parle parfois du management de proximité comme d’un management « intermédiaire », presque mineur. C’est une erreur. Une connerie même. 

C’est sans doute le poste le plus exposé et le plus complexe :
  • il faut traduire des décisions venues d’en haut,
  • absorber les frustrations venues d’en bas,
  • gérer les injonctions contradictoires
  • maintenir le collectif quand les moyens se réduisent,
  • expliquer des choix qu’on n’a pas toujours faits soi-même.
Et continuer à tenir, sans toujours avoir la main sur les leviers.

Le paradoxe : responsables mais sans pouvoir réel.  Le manager de proximité est souvent responsable de tout, mais maître de rien (un Iron Man à poil) :
  • pas la main sur les budgets,
  • rarement sur les effectifs,
  • peu de marge sur les priorités imposées,
  • et pourtant comptable du climat, des délais, de la qualité.
C’est une position inconfortable, parfois intenable.
Et quand ça craque, on lui reproche ce qui relève souvent du système.

La solitude managériale est réelle. Ce que l’article décrit bien, c’est cette solitude :
  • peu d’espaces pour dire le doute,
  • peu de lieux pour déposer la charge émotionnelle,
  • peu de reconnaissance du travail invisible : arbitrer, écouter, amortir.

On attend du manager de proximité qu’il soit à la fois :
  • solide,
  • disponible,
  • exemplaire,
  • loyal,
  • performant,
  • humain.
Sans toujours lui donner les moyens d’être tout cela à la fois. Et sans lui donner une juste reconnaissance. 

Le risque : l’épuisement ou le retrait. À force, deux issues se dessinent souvent :
  • l’épuisement (burn-out, désengagement),
  • ou le retrait (on fait “le job”, sans plus s’exposer).
Dans les deux cas, c’est une perte pour l’organisation. Car ce sont précisément ces managers-là qui tiennent le réel.

Et pourtant… Malgré tout, certains tiennent encore. Par sens du collectif, loyauté envers leurs équipes. Et Par envie de bien faire.
Ce ne sont pas toujours ceux qui font le plus de bruit. Mais ce sont souvent ceux sans qui rien ne fonctionne vraiment.

Peut-être qu’au lieu de leur demander d’être plus “résilients”,
il serait temps de leur offrir :
  • plus de clarté,
  • plus de soutien,
  • plus de confiance,
  • et un peu moins d’injonctions contradictoires.
Parce que les managers de proximité ne sont pas un problème à gérer. Ils sont une ressource à protéger.

(Ce billet est écrit par un ancien manager de proximité qui maintenant fonce dans l'expertise... Merci, j'ai donné)

vendredi 19 décembre 2025

Le micro-management, c'est agaçant

J’adore les articles « vie professionnelle du Point ». Et cet article sur le Micro-management : 5 signes pour les reconnaitre, m’a intéressé. J'ai revu forcément des moments de ma vie professionnelle.

C’est vrai qu’il y a des mots qu’on connaît sans vraiment arriver à les saisir. Par exemple : "mauvais management". Tout le monde sait dire quand ça cloche, mais mettre le doigt dessus… pas si simple. Il y a tellement de causes, autant de conséquences. Le micro-management est une de ces causes qui font du mal. 

Le micro-manager n’en n’est pas forcément conscient. Donc pas de leçons ni de dénigrement. Mais juste mettre le doigt sur cette pratique.
Surtout que nous parlons du manager qui veut bien faire, qui n’est pas méchant, toxique à ses dépends, pas « tyran pyramidal de l'entreprise » mais qui pourrait le devenir à ses dépends…

Donc quelles sont les 5 éléments qui permettre de voir que le manager fait du micromanagement ?

1 - Il impose sa façon de faire.
Même subtilement : questions fermées, solutions « suggérées ». Message implicite : « Fais comme moi. ». En fait, il t’explique ce tu sais, mais en te faisant comprendre qu’en fait tu ne comprends rien et que c’est lui la vérité.
C’est agaçant… Et quand on est professionnel et expert dans son métier... C'est agaçant.

2-  Il veut tout contrôler.
Relecture systématique des mails, notes, rapports. En y rajoutant forcément une petite touche. Pas des plus utiles. Mais quand même. C’est pas forcément méchant — mais manque de confiance. Et besoin de tout contrôler.
Valeur ajoutée zéro, mais perte de temps. Et ça aussi, c’est agaçant.

3 - Il veut être en copie partout.
Y compris sur des sujets qui ne le concernent pas ou dont sa valeur ajoutée est proche du zéro absolu. Bankaï de « cc » et boite aux lettres vites pleins.
Surcharge, lenteur, suspicion. Sur contrôle.
Et si tu le mets en en « cc » tu en entends parler. Oui, c’est agaçant aussi.  

4 - Il multiplie les réunions et le reporting.
Des points pour vérifier, pas pour avancer. Et c'est connu, pendant qu'on remplit des tableaux excel à la con on fait avancer le Schimlblick. Mais plus lentement.
Ces « petits points » hebdomadaires qui ressemblent au mieux à des confessions religieuses, au pire à des grandes réunions d’alcooliques anonymes. 
Agaçant ? Oh oui...

5 -  Il ne sait pas déléguer.
Il a été promu pour son expertise, par pour son leadership... Il reste « l’expert », pas le chef d’orchestre. Pour lui déléguer, c’est accepter que quelqu’un fasse autrement que lui.
Bref il marquera des buts. Mais la passe décisive attendra. Et faire des appels de balles dans le vide, ça ouvre des espaces. Mais ça épuise. Et quand on ne reçoit jamais le ballon, c’est agaçant.


En résumé, si vous n'avez pas compris : le micro-management c'est vraiment agaçant. En tous cas moi, pour le dire avec mots à moi : ça me casse les alibofis.

Il a été promu parce qu’il était très bon dans son métier. Brillant parfois.
Mais manager, ce n’est pas être le meilleur du terrain, mais c’est animé une équipe. Et ça demande une autre vertu : la confiance.
Et là, bien souvent… ça coince.

On se retrouve donc à faire des reportings qui ne servent qu’à rassurer quelqu’un : le micro-manager. À remplir des tableaux Excel que personne ne lit vraiment. À commenter des commentaires de commentaires.
Pendant que le vrai travail attend sur le coin du bureau.

Le pire est que le micro-manager ne s’en rend pas compte. Il n’est pas méchant. Mais à force, l’agacement augmente de manière discrète, mais réelle. Et à un moment, ça craque, ça clashe.
En ce moment, je me retiens. Mode montée de l'Alpe d'Huez, virage après virage. Ca serait con de craquer avant Noel...

Je ne suis plus manager depuis Juin 2022. J'en ai déjà parlé ici et j'ai déjà dit ce que ça m'avait couté. Je n'étais pas micro-manager et j'ai trop fait confiance. J'ai appris que « la confiance n’exclut pas le contrôle », à mes dépens là encore. 
Je ne répète pas mon expérience.

Le micro management est pénible, mais on apprend à vivre avec... 

Par contre, une vérité dans ces articles du Point : c'est difficile d'être manager aujourd'hui. Donc on se protège, et en se protégeant parfois on dérape...

mardi 9 décembre 2025

Manager : quatre mois pour cramer

Je lis ça, et je me dis : tiens, j’ai déjà vécu cette musique.

J’ai eu ma période managériale. 2 ans et demi. Pas long, mais suffisamment pour laisser des traces. Et clairement : ce n’est pas la période que je garde comme le meilleur de ma carrière...

Le contexte compte.
Une personne proche devenait chef de service. Il m’a demandé de le suivre, de prendre un poste de chef de groupe (manager de proximité) pour le seconder. Dans un métier qui n’était pas le mien. L’équipe était top, mais leur métier… je ne le maîtrisais pas. Et un manager n’a pas besoin d’être expert, mais quand même : ça limite.

Je suis devenu manager un mois avant le Covid, après réorganisation d'ampleur historique. 
Entretiens par Skype, appels aux agents confinés, décisions qui changeaient chaque semaine… ambiance particulière, et inédite. Rappelons nous le Covid.

Et je n'étais pas seulement manager :
– j’avais encore mes objectifs opérationnels,
– j’étais délégué syndical et élu
– et tout ça en pleine crise sanitaire.

Ajoutons une chef de département au management… disons abrasif. Mon N+1 a tenu quatre mois avant de claquer la porte. Il nous en a voulu à tous : à moi, à mon collègue chef de groupe (toujours un copain), et même à sa plante verte.
Notre cheffe, en un an, avait fait partir ses trois chefs de service. Puis ça a été le tour des chefs de groupe.
Ma tête est tombée un soir de décembre 2021, après une engueulade homérique (ne pas écrire de mails à sa chef après 20h30...).
Et ma respiration est revenue en mars 2022, quand j’ai accepté de sortir du poste. Juin 2022 : nouveau poste, nouveau souffle. Enfin.

(je passe l'automne, avec deux zonas, le corps qui se réveille et décompresse)

On nous vend le management comme un « passage naturel » : tu fais bien ton boulot → tu deviens manager. La loi de Peter appliquée plein gaz sans aucune retenue...


Sauf qu’en 2025, un manager, ce n’est pas seulement quelqu’un qui « accompagne une équipe ».
C’est quelqu’un qui doit :
  • faire du reporting en mode gavage de foie gras
  • appliquer des décisions absurdes
  • subir des injonctions contradictoires
  • gérer la frustration du haut, du bas et des côtés
  • rester exemplaire quand lui-même craque
  • et servir de fusible général quand ça merde..

Comment ne pas comprendre les jeunes qui disent : « non merci » ?
Parce qu’un rôle qui te promet stress, solitude et désalignement permanent… ça n’attire plus. Du sang et des larmes ça fait rêver moyen.  
Et ce n’est pas une question de génération fragile. C’est une question de système qui tourne à vide. Sans sens. La "valeur travail" avec le driver "fait des efforts" et "sois fort", ça ne marche plus

Dans mon cas, j’ai vite compris que ça allait bouffer quelque chose d’essentiel en moi. Et je ne parle pas de compétences. Je parle de la capacité d’être soi-même. De penser, d’enseigner, de créer, de respirer. 

Manager, ça m’a appris beaucoup de choses. Mais ça m’a surtout confirmé une intuition : je préfère mille fois travailler avec les gens. Gérer les personnes ne me pose pas problème. Mais c'est être le ressort entre le haut et le bas que je n'ai pas supporté. 
Le rôle existe toujours, mais l’armature a disparu.

Alors oui, ce billet pourrait être un éloge du management. Il n’en sera rien. Ce rôle ne peut attirer que si on lui redonne du sens, du temps et du soutien.

Et ça, pour l’instant… on en est loin. 

mercredi 19 novembre 2025

Leçon nucléaire à Véra-Cruz

La Cité de la Peur est un chef-d’œuvre. Comme un bon rapport de démantèlement nucléaire : à chaque vision, tu découvres un nouveau truc fabuleux. C’est Les Bronzés font du ski des années 90.
Mon épouse n’est pas très « Nuls », mais moi, un « je combats le gras et la tache » ou un « j’en ai rien à branler, nature », ça me fait mourir de rire. 

Lundi, en cours, j'expliquais à mes élèves le Becquerel, le Gray et le Sievert. Des unités de mesures (comme les kilos, les mètres). Accrochez vous, le Maitre de Conférence va parler.

Je me place "joueur de hand". Et mon fils, Falconhill_Jr qui est gardien et se prépare Sport étude, et un bon modèle. 
L’attaquant balance des tirs : ce sont les Becquerels. Mon fils, lui, prend les Gray — ce qui arrive réellement dans son corps.
Et le Sievert ? C’est le Gray… plus la douleur. Le facteur humain. Là où ça touche, et comment ça fait mal. Mr Sievert ajoute une notion : la douleur. 


Et donc forcément, un soir d'entrainement, Falconhill_Jr est arrivé en pleur. Il s'est pris un Becquerel (un tir, un ballon) pas dans les mains, pas sur l'épaule, mais bien visé dans les couilles. Forcément, un Gray vaut pleins de Sievert. Larmes aux yeux... (serai je papy ?)

Mon médecin copain (et ancien maire) a vérifié tout ça et m’a expliqué comment on voit si les gonades (couilles en jargons médicals) sont touchées. Culture de sûreté : un risque existe, on se protège. Direction Décathlon : la coque qui irrite les adducteurs, mais sauve les couilles.
C'est que j'ai enseigné lundi. Et je leur ai dit que pour bien comprendre : allez cherchez "Tonyglandil", les Nuls. Mes couilles, c'est du béton.

Mon Linkedin me sert à ça, à garder le lien avec mes étudiants et ceux que je rencontre dans des forums (on ne demande plus la carte de visite mais le lien Linkedin... Bon ils voient ma tête, derrière des schroumpths, et en message des Piccolos ou des Sangoku qui commentent l'actualité... Bref me faire un réseau je m'en fous, mais échanger j'adore).

Demain grosse journée. Mais pendant ce temps, à Vera Cruz... 

lundi 10 novembre 2025

Novembre ne sera plus jamais léger

Veille du 11 Novembre. Qui tombe un mardi, enfin un jour férié qui ne tombe pas un samedi ou un dimanche... Je n'ai pas fait le pont aujourd'hui, mais ne me suis pas rendu sur site. Journée studieuse mais à l'image du temps. Maussade. Un point positif, la messagerie était tranquille. Je n'ai pas un manager sur le dos pour rajouter un singe sur le dos. Ou voir quelque chose que je n'ai pas fait. Ce qui, d'ailleurs, n'est pas marque de brillance. Car je ne fais pas tout, et pas tout bien. Voir un loupé c'est facile. 

Veille d'un 11 Novembre et toujours cette impression que la pente vers Noel s'accentue. Ca fait pareil tous les ans. Je revis ce que je vivais l'an dernier, la préparation d'une consultation d'ampleur pour mon organisme. 

A part ça que dire ? Ce soir, j’écris pour rester éveillé. Pas pour dire quelque chose de brillant. Juste pour ne pas laisser filer la pensée avant la semaine.
Nous avons eu l'intermède sortie de prison de Nicolas Sarkozy. Oui, nous découvrons que la prison c'est dur. Non, nous ne relançons pas le débat de savoir si la case "prison" était obligatoire ou pas pour Sarkozy. Il est clivant, et sa vie aura été clivante... En tous cas romanesque. 

Avant veille du 13 Novembre. Nous "fêterons" les 10 ans des attentats du Bataclan, le 13 Novembre... Ca me mets une boule dans le ventre. Je me souviens de ce que j'avais ressenti, mais le lendemain car le soir, j'avais coupé le téléphone et nous regardions un bluray avec Falconette. "Réveil d'horreur" était le titre de mon billet du 14 novembre. Le lendemain, je publiais un article avec la une de l'Equipe.
Puis plus tard, nous rions avec Jawad. Qui "voulait rendre service". (La soirée chez Jawad m'amuse encore...)

Mélenchon et LFI abjects sont des pléonasmes. L'islam radical tue encore. Au Soudan ou au Nigéria, Franz-Olivier Giesbert nous rappelle que des islamistes tuent des chrétiens. Mais comme le méchat c'est Israel, qui a été terrorisé par des terroristes venant de l'islam le 7 octobre 2023, le silence est plus fort.

Bref un billet qui m'ammène sur le sentiment que cette semaine sera lourde. Et ce soir tranquille. La suite de Zero Day sur Netflix. 
Et 15 jours de vides footballistiques : je hais les trêves internationnales. 

lundi 27 octobre 2025

Semaine de 5 jours comme les autres

Je dis souvent que l’actualité de l’Olympique de Marseille le week-end dicte le ton que va prendre ma semaine.
Heureusement qu’il y a un match en semaine pour tenter d’éviter qu’elle ne soit totalement pourrie, vu comment elle a commencé.

À la machine à café, j’étais fatigué. Hier soir, je ne dois pas avoir vu beaucoup de tours du GP du Mexique. Mais j’étais convaincu que j’aurais trois jours en fin de semaine pour finir d’hiverner ma piscine. Pourquoi trois jours ? Parce que ça doit faire depuis le début du mois que je vis dans une erreur magistrale, qui ce matin m’est tombée dessus comme une baffe dans la joue droite.

Quand quelqu’un me dit : « Pourquoi tu parles de semaine de quatre jours ? Tu poses un jour de vacances ! » Et moi de rigoler, avant de réaliser que le mois d’octobre compte bien 31 jours. J’étais persuadé que le 1er novembre tombait un vendredi. Et non… Dégringolade dans l’escalier du réel.
Je me préparais depuis un moment à une semaine de quatre jours. Chute à l’arrière du peloton.

Un moment de vie. Il y en a eu d’autres aujourd’hui, moins amusants. Mais dans le monde dadaïste de l’entreprise, autant sourire de ses conneries. Elles permettent de relativiser d’autres moments qui ne sont « pas graves », mais qui pèsent quand même un peu sur les gonades.

Même s’il reste encore quatre jours avant de fondre sur le canapé, je sens que la piscine va attendre. Encore quatre jours avant le week-end… (et non trois)

(Espérons que mercredi, Marseille fasse un bon match contre Angers. Ce sera déjà ça.)

mercredi 20 août 2025

Sois gentil parfait et fais des efforts (les 5 drivers d'Eric Berne)

Eric Berne est un mec génial
. Il m'a changé ma vie. Il est le fondateur de l’Analyse Transactionnelle.

Freud a montré des choses. Lui a montré combien notre enfance influence notre façon d’agir, de penser et de ressentir. Parmi ses apports, on trouve les drivers (ou messages contraignants).  J'ai bientôt 50 ans et je suis toujours prisonnier de ses drivers, même si des gens (des psy, des docteurs, des proches, des amis...) m'ont permis de me rendre compte du gouffre (car ça en un) dans lequel tu tombes si tu... Si tu je sais pas. J'allais dire "conscient" mais je pense que c'est même pas ça. 
C'est une version pas évidente de la vie car elle nous rammene à l'enfant, au rôle enfant parent. Et à 47 ans, quand on (mes parents ou d'autres) viennent appuyer sur le morceau du dos qui fait mal, ça fait "ouille". Et tu tombes. Mais personne de t'entendra, personne ne te rammassera... 

Les 5 drivers : 
1/ - "Sois parfait". Donc rammène moi un 18/20 sinon puni de Club Dorothée,
2/ - "Fais des effort". Sans effort le résultat n'est rien donc combien de calories as tu dépensé ? 
3/ - "Fais vite". Tu es sympa mais le monde tourne donc bouge toi le cul
4/ - "Sois gentil". Sois sympa avec les gens et montre qu'on a envie de toi.
5 /- "Sois fort". Si tu pleures t'es un pédé, donc tu as des couilles tu es fort. 

A titre perso le 5 j'ai vite laché. 
Le 1 aussi. Le 3 jamais eu. J'ai toujours eu le 2 et le 4. Le 4 me guide, j'ai envie d'aider et envie (besoin) d'être aimé. Si je vais plus loin dans les questions fondamentales, d'être accepté, voulu. 

C'est horrible car quand on commence à bosser, sauf à etre méga conscient, on part avec ces 5 boulets.

Je donne des cours industriels et scientifique (Maitre de Conférence, Hastag jemetouche). Mais j'aimerais donner un cours sur ces 5 drivers. 

Je laisse la main à des gens compétents. Merci Juliette. 

Par contre je connais le danger de l'analyse transactionnelle. Lire Eric Berne, le Professeur Peter, connaitre Kalpsman et le PCM ne font de nous des super-héros, ou simplement des conseils. 
Et certains connaissent ces éléments. Et s'en servent pour eux, et faire du mal aux autres. J'ai été une victime d'une pro du triangle émotionnel. Elle s'en ventait.
A titre perso, ces connaissances me servent à aider des gens que je considère comme bien. Et je le fais avec la connaissance que j'en ai. 

Mais je peux dire que mes années de boulot m'ont ammené à ses connaissances. Je n'ai peut être pas envie d'être dans ce bordel de Peter. Où j'ai atteint mon niveau et de compétence, et d'acceptation.

Les vacances sont des moments pour réfléchir à tout ça. 

lundi 21 juillet 2025

Billet du dimanche soir le lundi matin

Y a des moments où le billet du dimanche soir débarque le lundi matin. Parce que hier je dormais déjà à 21 heures. Extinction volontaire des feux.
Je prends des cachets pour dormir — sans doute trop tôt. Envie de m’arracher à la réalité, comme on claque la porte sur la journée.
Résultat : des cauchemars. Pas ceux avec des monstres. Ceux qu’on appelle "existentiels". Simplement des blessures profondes, normalement soignées, visiblement pas cicatrisées.

Donc j’écris ce lundi matin. La semaine dernière était mieux avec le lundi férié.
Après une demi-journée, le ton est donné : le mode grognones est activé. Rien de dramatique, juste ce bruit de fond et cette lassitude sèche qui me font me poser la question « mais qu’est ce que je fous là » (à part gagner mon pain), et surtout qu’est ce que j’apporte à la société. 
Rien de tragique. Juste de l’absurde.

Chez nous, le lundi matin est “sanctuarisé” -  mot joli pour dire “bloqué pour la réunion rituelle”. Sauf qu’elle a été annulée. Cinq minutes avant. Le chef avait mieux à faire.
Sans doute une autre réunion sanctuarisée dans une autre dimension que la nôtre. Retour dans le dadaïsme professionnel : où l’on honore le rituel plus que le contenu, où le sens est mort mais l’agenda vit.

Je partage mon bureau avec des stagiaires. L’un d’eux m’est “attribué”.
Il me voit. Ce matin, il a vu que j’étais en mode ours. Pas méchant, mais qui aurait préféré rester dans sa caverne, avec un café et un podcast qui ne parle pas de “synergies transverses” mais du mercato de l’Olympique de Marseille
 
Et puis je découvre que nous sommes deux à bosser sur le même sujet. Personne ne le dit. Personne ne le coordonne.
Alors on patine. Moi en tout cas. Je n’avance pas.
C’est le grand classique : trop de monde sur le pont, mais personne à la rame. Le GPS sur la brouette encore...

Je passe en mode syndical ? Pas mieux. Là aussi, ça se déchire. Humainement, c’est toxique.
Mais avec le sourire. Toujours. Chez nous, même l’amertume est polie. Elle dit “bonjour” en entrant. (enfin, tous ne disent pas bonjour)

Et point bonus du jour : j’ai des corrections à faire. Un sujet de Licence.
Je vais m’y plonger tranquillement. Parce qu’en corrigeant, au moins, j’aurais l’impression de servir à quelque chose. 

Un peu loin de ce délire Excel où l’on confond indicateur et réalité. Ce monde où le sens du travail s’est fait remplacer par le tableur.
Mais où tout va bien, hein. Les feux du reporting sont verts.

mercredi 2 juillet 2025

Morceau de vie pro : Le GPS dans la brouette

Aujourd'hui, j'ai trouvé un créneau pour une réunion avec ma N+1
. C'était level "chercher un rdv chez un dermato avec Doctolib" : trois semaines pour lui trouver une heure. Management de proximité...
C'est dingue comme je suis sorti de cette réunion comme on sort d’une pièce mal ventilée : Je n’attendais rien. Et pourtant, je sors déçu et amer. C’est peut-être ça, le nouveau monde professionnel : décevoir et frustrer, même quand il n’y avait déjà plus grand-chose à espérer. 

J'ai été manager. Y a une chose que je me refusais à faire c'était de mentir. Et étant dans le milieu nucléaire, je mets en avant la base de la sûreté : douter, s'interroger. J'avais en face de moi quelqu'un qui a été une amie, et qui aujourd'hui est devenue un monstre politique. Qui ne doute de rien, vérité absolu. Et qui ment. De manière consciente ou inconsciente, je ne sais pas. Mais quand on s'arrange à ce point avec la vérité, j'appelle ça du mensonge. 

Et au final, comme en niant la vérité "tout va bien il n'y a aucun problème", nous en sommes revenus au séminaire professionnel où à la fin, celui qui avait un problème était celui qui disait qu'il y avait des problèmes. C'est à dire moi, qui ne "vait pas bien". CQFD. 


Alors oui, j'ai été dans le cynisme et l'ironie. Mais c'est dur car je sais que c'est la dernière arme que l'on a avant d'exploser comme une baudruche. Le cynisme, quand il est inconscient, est souvent la dernière route vers la quatrième porte qui mène au burn out. En étant conscient, je me dis que je me protège de fait. 


Nous parlions de la réunion de service de la veille, où "l'arrangement avec la vérité" était vu de tous.Ce n’était pas une réunion. C’était un manège pour hamster : chacun dans sa cage, chacun dans son couloir, à tourner en rond avec application, en espérant qu’un jour on nous dise pour quoi on court. Et surtout prière de ne rien dire. D'ailleurs, j'ai rarement vu autant d'énervement quand quelqu'un disait que ça allait mal. Mais non, tout va bien. Circulez y a rien à voir. 
Hier je me suis tue. A un moment c'était tellement loufoque que j’ai failli rire. Mais on ne rit pas dans les enterrements de bon sens. Surtout quand au fond de soit on souffre un peu. 

Pendant l'entretien de 1 h (non en fait 55 minutes car la chef avait mieux à faire), j'ai essayé de rester calme et digne. Présent. Poli, peut-être même trop. Mais j’ai vu. J’ai senti. Et je crains exploser très vite. 
Parce qu’à force de faire semblant d’être consultés, on devient sourds à sa propre voix. 

Enfin, ce soir je suis allé pousser des poids. J'ai perdu de la masse musculaire.Demain je me léverai avec un mal dans les pecs, dans les cuisses, dans le dos. Mais ça sera de la bonne douleur. 
Mieux que celle que j'ai dans le ventre ce soir. 

dimanche 1 juin 2025

Le blues du dimanche soir commence tôt…

Demain, je retourne au travail. L’ai-je seulement quitté cette année en Mai ?

À 8h, j’accueille un stagiaire. À 12h, je file à Nîmes donner un cours. Et ce soir, en rangeant mon cartable mental, je réalise que j’ai oublié de corriger les copies du Master… Copies auxquelles j’ajoute un examen cette semaine. À corriger, donc.

J’ai en travers de la gorge ce séminaire que je viens de vivre. (pas trop vite, ni trop fort ni trop vrai et surtout pas de vagues).

Il a mis en lumière quelque chose que je n’osais pas nommer : j’ai un vrai problème avec ma N+1. Et ce n’est pas nouveau. 
Je l’ai défendue et je la défend encore et toujours. Je l’ai aidé à obtenir ce poste. Mais je n’y arrive plus. Elle accumule les erreurs de management, me materne, m’infantilise, m’ajoute des contraintes délirantes, et me met en conflit avec des collègues avec qui je dois au contraire entretenir de bonnes relations. Par maladresse et inconsciemment sand doute. Mais à force, c’est dur.

Un ami à moi, pourtant bienveillant à son égard, me disait n’avoir pas réussi à travailler avec elle. Je comprends. J’en suis là aussi.

Et puis, plus largement, je me rends compte que je suis un radical. J’ai du mal avec les gens qui disent une chose et en font une autre. « Faites ce que je prône, pas ce que je fais. »
Je ne supporte plus les discours en façade, les chartes de valeurs qui décorent sans guider, les postures de bienveillance qui masquent des logiques de carrière. Dire qu’on s’inquiète de son équipe (sincèrement peut-être) tout en gardant les yeux rivés vers le haut, ça m'est insupportable. 
Je préfère qu’on me dise franchement les choses. Je suis un adulte. Je peux entendre.

Ce que je ne supporte plus, ce sont les doubles discours. Les injonctions contradictoires. Les décisions qui désorganisent. Les contraintes qui infantilisent. 

Et pourtant, malgré tout ça, je continue de la défendre. Pourquoi ? Jusqu’à quand ? Par amitié, loyauté, fidélité ? Par choix ? 
Ou parce que j’ai déjà manqué de fidélité envers un chef qui était un ami. Et que ça me fait toujours mal aux entrailles.

Mais ce n’est pas qu’elle. C’est aussi le système. J’appréhende cette période jusqu’à l’été. Période floue. Tendue. Je ne sais même pas quand sont les vacances.
Chez nous, les vacances sont devenues un sujet de conflit. La hiérarchie se méfie de ceux qui voudraient respirer un peu. Il y a toujours à faire et bien sur "c'est urgent". Iinfantilisés mais indispensables : injonction contradictoire 2eme.
Avec un stagiaire, pas de télétravail possible, dit-elle. Même si ce n’est écrit nulle part.

Le conflit est latent. Il viendra.

Ce dimanche soir, ce n’est pas la finale PSG - Inter Milan qui me rend lourd. Le match était à sens unique. Paris n’est pas mon club, mais je suis (sincèrement) content pour ceux qui sont contents. J’aurais été triste pour eux s’ils avaient perdu. 
Je n’étais pas impliqué. Ma joie à moi, elle date de 1993. La tête de Boli. Celle-là, personne ne me l’enlèvera.

Non, le blues du dimanche soir a commencé dans la nuit de samedi à dimanche. Un rêve. Un cauchemar de boulot. Le genre de rêve où l’esprit, même endormi, ne trouve pas la paix. Et ça, c’est mauvais signe.

Le médecin du travail m’a convoqué. J’ai une prise de sang mercredi. On verra…

Je sais que je ne vais pas très bien. Et je sais que ce n’est pas rien d’avoir des mots pour le dire.

Blog en mode exutoire... Je vais aller boire un coup... (ma prise de sang)

lundi 26 mai 2025

Séminaire professionel : Pas trop fort, ni trop vite, ni trop vrai...

Une semaine de relâche après une autre, bien plus rude. Un mélange entre repos et travail, où le mot “repos” veut surtout dire “tenter de calmer un dos douloureux”. L’ostéopathe a fait ce qu’il a pu, mais la douleur reste tapie. Le travail dans le jardin, lui, a eu son double effet Kiss Cool : un lumbago carabiné… et une allergie persistante qui m’épuise.
Point positif, j'ai dévoré le dernier Bernard Minier (H), dont je conseille grandement la lecture (mais faut avoir lu les premier Servaz, un commandant attachant, et un livre en tous points surprenants). Et j'ai découvert qu'en plus être un mec bien, Joseph Macé-Scaron dont j'avais adoré "la surprise du chef" excellente dans le thriller. Sa falaise des suicidés ouvre une trilogie avec deux personnages attachants, j'ai attaqué le deuxième. 

Côté sorties, un peu de lumière : Nîmes-PSG en handball, en famille. Une ambiance formidable, un sport superbe, et une défaite d’un petit point à la dernière minute. Frustrant, mais quelle intensité. Et que le hand est sympa. 

Et puis, il y a eu le travail... Ou plutôt, ces quelques instants arrachés à la semaine, et concentrés dans ce que l’on appelle joliment : un “séminaire de cohésion d’équipe”. Mascarade, tant le collectif va aussi bien que le sens au travail, la charge et le management sont délirants. Et il fallait bien que je retombe dans le piège.

On m’a demandé d’évaluer “mon niveau de piment” — je l’ai mis au maximum. On nous disait vouloir régler les tensions, alors j’ai cru naïvement que c’était le moment de parler vrai. D’aborder les problèmes. Pas pour accuser, mais pour comprendre, réparer, progresser. J’ai toujours cette idée que les mots soignent quand ils ne sont pas des armes.
Mais l’exercice était faussé dès le départ. Parce qu’ici, comme dans tant d’endroits, exprimer un désaccord, soulever une difficulté, c’est forcément être “en souffrance”. Et le boomerang n’a pas tardé : le coach est venu me voir à la fin, l’air compatissant et les mots cinglants “Ta chef s’inquiète pour toi.

La vieille ficelle. Qui consiste à psychologiser le moindre désaccord pour le neutraliser. On ne répond pas à ce que vous dites. On s’inquiète pour vous. Surtout quand vous être prétendument "hypersensible", la tarte à la fraise. 

Ce qui, d’un coup, retire toute force à votre parole. Elle n’est plus politique ou collective : elle devient intime, suspecte. Et voilà comment on transforme une tentative de contribution en signalement de faiblesse.
Et ça marche. Parce que, oui, ça fait mal. Et mon dos, peut-être, en porte la trace.

J’en ai 47 ans. 23 ans d’expérience professionnelle. 15 ans d’élu local. 10 ans de délégué sympa. Mais je tombe toujours dans le panneau. Je me dis que je peux apporter ma pierre à l’édifice, être une voix constructive. Mais le collectif, en réalité, ne m’a rien demandé. Et en sortant du rang, je deviens un problème.

Le piège, c’est de croire que ces séminaires sont faits pour régler les choses. “On va se dire les tensions ? D’accord. J’y vais.” Mais non. L’invitation est une vitrine. Il y a la charte des valeurs que l'on affiche (des mot comme transparence, authenticité, bienveillance...) Derrière, les règles implicites sont claires : "Pas trop fort. Pas trop vrai. Pas trop vite". Et surtout : pas de vagues.

Alors, si vous dérangez l’équilibre — entre hypocrisie bienveillante et confort hiérarchique — vous êtes vite recadré. En douceur. En silence. Avec des regards. Et l'étiquette : “en souffrance”.

Ce qui me gonfle, c’est de me dire que je ne tirerai jamais la leçon. Que j’espère encore. Que je crois encore au collectif, à la parole, à l’intelligence partagée.

Mais j’ai une semaine de vacances. Des livres à lire. Une piscine à remplir.
Pensons à ça. Et pas encore à l’été, qui s’annonce, lui non plus, pas de tout repos.

jeudi 1 mai 2025

1er mai : les mains dans la terre, pas dans la rue

1er mai. Fête du Travail, dit-on. Mais fêtons-nous encore quelque chose ?
Autour de moi, je vois surtout la fatigue. L’usure. L’absurde. Le cynisme parfois. Alors on célèbre quoi, au juste ?

Il faisait un temps estival dans le Gard. Moins chaud qu'à Paris, mais avec un TShirt (qui vient, symbole ?) d'un séminaire à mon travail, j’ai mis les mains dans la terre. Avec Falconette, nous avons arraché les herbes hautes qui ont grandi avec les pluies de ce début de printemps. 
J'ai tondu, taillé. J’ai pris des couleurs. Rouge, comme les drapeaux dans les cortèges, comme un soleil méditerranéen que chantait Sardou. Vert, comme mon jardin, et — toujours — la Palestine, omniprésente, instrumentalisée.

Falcon2 (il faudra que je lui demande son pseudo) m’a demandé pourquoi on ne travaillait pas aujourd’hui. J’ai souri, sans vraiment savoir quoi répondre. Comment lui expliquer que ce jour-là, on célèbre — ou on devrait célébrer — ceux qui travaillent trop, mal, dans la peur, dans l’angoisse, dans le vacarme des injonctions absurdes ? Dans une absence de sens.
J'ai pensé à ma courte semaine de travail. Une chef, pour exister, m’a envoyé un mail désagréable hier à 17h. Nous avions pourtant bien avancé avec les achats sur une négo importante. Elle a recopié l’évidence, comme un ordre. Je lui ai répondu que je la remerciais de valider notre stratégie. Du cynisme ? Un peu. Mais aussi de la lassitude.

La souffrance au travail j'en ai souvent parlé. Cette année, prendre des jours de congés était un luxe. Ma chef ayant ce truc en tête, les congés... Finalement, je ne poserai que deux jours sur le compte épargne temps. Mon ami de promo qui est mort, il en est ravi de ses jours de CET... 

Je suis quand même allé me renseigner sur le 1er Mai. 
"Le 1er mai trouve son origine dans le mouvement ouvrier américain. En 1886, à Chicago, des grèves éclatent pour obtenir la journée de travail de 8 heures. Le 1er mai devient un jour de mobilisation. Trois jours plus tard, la répression sanglante d'une manifestation à Haymarket Square marque l’histoire. En hommage aux "martyrs de Chicago", la date est reprise en 1889 par la IIe Internationale comme journée de lutte. En France, ce n’est qu’en 1947 que le 1er mai devient un jour férié et payé."
Le politisé syndiqué (récent ancien délégué syndical) que je suis ne savait pas. 


Ce 1er mai, je ne l’ai pas passé dans un cortège. La rue n'a jamais été mon truc. Après le 21 avril 2002, je souriais devant la rue, avec pensée pour Taubira (une icone...). J’ai juste voté Chirac à 17h40, après avoir réflechi. J’ai toujours préféré les actes discrets aux cris collectifs.

Je pense à ceux qui croient que l'on peut changer le monde avec des slogans bien sentis. Que l'on peut faire plier des gouvernements ou des directions d'entreprise avec un mégaphone. Moi, je regarde mon jardin. Et c'est très bien. Et je travaille. Sérieux, moins slogans, plus dans les bureaux. Les résultats sont meilleurs, même si ça sent moins la merguez. 

Ma lutte aujourd'hui, c'est cette souffrance au travail qui est partout. Les chiffres sont là, brutaux. Burn-out, démissions silencieuses, fatigue morale, augmentation des prescriptions de prozac ou Lysanxia. Des gens qui tiennent parce qu’ils n’ont pas le choix. Qui tombent parce qu’on les a laissés seuls. Alors que reste-t-il de la "fête" du travail ? Un goût de cendres et un brin de cynisme. On célèbre le travail en jour férié, pendant que d'autres, invisibles, continuent de bosser. Dans de sales conditions.

Je parle souvent du mal être au travail. J'ai donné au directeur de mon site le théorème du Faucon. Nous avons, comme sur pleins d'entreprises, une accidentologie qui a fortement augmentée en 2024, sans explication. Je lui ai montré le chiffre "trouble émotionnel", qui représente plus du tiers des accidents du travail.

Je suis parti de mon département de 40 personnes. A l'époque, quatres personnes en arrêt. Une officiellement en Accident du travail (AT), une rien à voir avec le travail, les deux autres pour épuisement professionnel. Mais sans déclaration AT. Déjà, on passe de 1 à 3. Et je lui ai dit : "rajoutez ceux qui boivent ou prennent des cachets pour tenir. Mon cas par exemple. Je suis suivi par une psy et mon médecin m'a mis un traitement de fond, et si besoin je sais que j'ai dans mon tiroir des trucs à mettre sous la langue. J'en connais deux qui sont dans mon cas. On passe de 1 à 6 qui sont en souffrance. Et je ne connais pas tout le monde".

Donc le théorème du Faucon est 
Pour 1 accident du travail dû à un trouble émotionnel, il y a 6 personnes en souffrance qu’on ne voit pas. 
L'iceberg. 

Je ne suis pas convaincu que la CGT de la SNCF qui va bloquer les trains le pont prochain ou que ceux qui défilent avec les drapeaux rouges ou verts aient vraiment cet aspect là en tête. 

Pourtant le travail est noble. Mais "valeur travail ?". Non, j'ai donné. Je travaille pour vivre, je ne vis pas pour travailler. 

Aujourd'hui, j’avais juste besoin d’une pause. D’un silence. D’un moment marron, comme dirait le PCM. Un moment pour souffler. Pour me recentrer sur l’essentiel. Mon jardin. Mes enfants. Moi. Et ce soir on reçoit une amie de promo. C'est bien.  

Je n’ai pas manifesté. Je n’ai pas crié. Mais j’ai planté, arraché, tondu. Et j’ai pensé, sincèrement, à ceux qui souffrent en silence. À ceux qui n’ont plus l’énergie de crier. Ce billet, c’est peut-être ma manière à moi de lever une pancarte.

vendredi 2 juin 2023

Le nouveau sujet : les arrêts maladie...

Le sujet du moment, les arrêts maladies... Le Monde, qui suit toujours les "séquences gouvernementales", écrit un article "un salarié sur deux en arrêt maladie en 2022". Avec mon épouse nous avons eu le Covid en début de l'année, donc on a fait 2 salariés sur 2 en arrêt en 2022, on a fait mal au plafond.


J'ai souvent écrit sur la souffrance au travail. Je pense que c'est un véritable sujet. Peut être aussi parce que notre relation au travail est différent. 
Avant, il fallait être fort, travailler dur, être parfait, faire vite et faire plaisir. Aujourd'hui, peut être on s'autorise à moins être fort.
Hier, le travail était le premier sujet quand des gens se rencontraient. Aujourd'hui, c'est le quatrième ou le cinquième. Est ce que ce la "valeur travail" n'existe plus ? Non, mais il y a d'autres valeurs qui sont importantes également. 
Mon début du billet part dans tous les sens, mais parce qu'on ne prend pas la question du travail du bon sens justement. Dans son ensemble.

Revenons sur les retraites. "Il faut travailler plus longtemps". Ceux qui sont contre sont "des paresseux". Je ne parle pas des caricatures qui ont professé, à la gauche de la gauche le droit à la paresse ou la déconstruction de la valeur travail. Mais des gens qui ne comptent pas leurs heures, ne sont pas forcément passionnés par leurs métiers, qui paient beaucoup d'impôts, et qui disent "bon, le concombre il faudrait arrêter de l'enfoncer encore un peu plus profond... j'ai mal". 
J'en parlais à une réunion LR (nous n'étions pas beaucoup, smiley). Les vieux militants restent sur le "on était pour la retraite à 65 ans :". Je leur ai répondu "oui, on a fait 4% et on a perdu l'électorat populaire". 

Cette réforme, qui a été menée d'une manière déplorable, était déjà mal branlée car il fallait prendre la question du travail dans son ensemble. Et au final, nous avons eu une caricature du débat. 

Donc aujourd'hui on parle d'arrêt de maladie de complaisance. Il en existe, oui, sans doute. Par contre, la souffrance au travail, hier taboue, ne l'est plus trop aujourd'hui. C'est positif.
Une amie, forte au travail, dure au mal. Un jour elle a craqué (elle faisait partie du même département que moi). Là où j'ai eu un jour d'arrêt de travail suite à une engueulade avec une hiérarchique mangeuse d'enfants, elle a eu 6 mois. -20 kg. Le corps qui a dit stop. Elle voulait reprendre, le médecin a dit non. 
Et des cas comme ça, dans mon entreprise comme dans d'autres, y en a pleins. J'ai retrouvé un jour, par hasard, un ami paysan en pleurs dans ces champs. 

Parce que le sujet me parle et me touche, je pense qu'une nouvelle fois le gouvernement prend un sujet de la pire des manières. Avant de parler "arrêt maladie" (fraude ou pas le sujet n'est pas là), posons nous la question du travail, et pourquoi aujourd'hui y a t'il plus d'arrêts maladie. Le caricatural dira que les gens sont fainéants,  Peut être est ce un peu plus complexe que ça.
Oui, aujourd'hui il y a une résilience moindre. Oui, le Covid a modifié des choses. Mais est il le seul responsable de la "démission silencieuse" ? Le sens du travail : n'avons nous pas eu ce débat hallucinant sur les métiers essentiels vs non essentiels ? Les soignants applaudis en Mars et insulté un an après s'ils refusaient la vaccination ? Un ministre de l'économie qui appelle les entreprises à augmenter leurs salariés pour lutter contre l'inflation, mais autant pisser dans violon, aussi quand on gèle les salaires de la fonction publique. 

Je n'ai pas un métier fatiguant. J'ai un métier stressant. Finalement, à part le Covid, j'ai tenu le coup à des moments où c'était violent. Si, trois jours d'arrêt après une alerte cardiaque. mais après tout on s'en fout. J'ai un métier qui ne me passionne pas mais qui me permet d'avoir un salaire confortable. Par contre je n'accepte pas d'être "managé" par la terreur, par l'humiliation, par la culpabilisation. 
Beaucoup ont un métier fatiguant, stressant mal, payé. Des fois, leurs corps dit "stop".

C'est encore une bouteille dans l'eau, mais quand est ce que l'on traitera le "travail" dans ses pleines et entières composantes ? Travailler plus, travailler mieux, travailler moins, travailler bien, ça ne veut rien dire. On va culpabiliser celui qui va voir son médecin car il n'est pas bien ? Et encore, qui sommes nous pour juger de la personne si elle est ou non en bonne santé et bien ou pas ? 

Le petit Attal joue sur la fibre populiste de certains d'entre nous, qui considèrent que eux travaillent dur et courageusement et que d'autres sont des branleurs. Opposer une partie de la société contre une autre, une des définitions du populisme. 
Je n'attends rien de plus de ce gouvernement, j'espère qu'ils ne vont pas encore empirer la situation. Mais je vais être déçu...