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vendredi 6 novembre 2026

Le pain noir et le bonbon

Morceau de vie professionnelle. 

Le pain noir je le mange depuis un an. Et un alternante arrive. Elle pourrait être ma fille. Elle est mon alternante. Elle a le bureau à côté du mien.
Elle avait peur quelques jours avant de venir. Je lui ai posé la question "le changement, tu le crains". Elle m'a répondu un petit "oui". Je lui ai dit que moi aussi, et que je me donnais 30 minutes pour qu'elle se sente bien. En 15 l'affaire été réglée.

J'ai changé de N+1 (mon alternante aussi). 
Elle a vu que le monde professionnel était violent. Parfois ubuesque. Je lui ai demandé un rapport d'étonnement, ça me plait de voir la vision. Mais je suis né sous Giscard. Elle sous Chirac deuxième mandat (2005).

Hier elle préparait une présentation pour son école. Avec le casque. Je lui demande ce qu'elle écoute… YouTube, Rap et R&B. Je lui dit "je suis largué" et elle me demande "tu me montres ton YouTube ?". Bankai !!!!
Elle a vu du Saint Seiya, du Goldman, Bon Jovi, Sardou, Scorpion, Yuki Kajiura… Bref deux continents opposés.

Ca me fait du bien. Mon ancien N+1 est toujours le bureau à côté de moi. C'est dur. Mais j'ai cette personne…
J'ai l'impression que ça a marché. Et qu'on est prêt pour un contrat de trois ans. 

L'amertume je l'aurais, toujours. La coupe est difficile à boire. 
Mais là j'ai un bonbon, une douceur. Je ne vais pas l'enlever… 

A moi d'être à la hauteur. 

mercredi 14 octobre 2026

4 émotions primaires (le soir les chats sont gris)

Dans la peinture, on m’a appris trois couleurs primaires : rouge, jaune et bleu (RYB). Avec elles, on fabrique les autres. Après, il y a les histoires de lumière, de RGB, de longueurs d’onde… 
mais avant une soirée de Ligue des Champions que l’OM ne joue même pas, je n’ai aucune envie de jouer au petit scientifique.

j’ai appris un modèle à quatre émotions primaires. Claires comme de l'eau de roche. 

  • - La Joie
  • - La Peur
  • - La Tristesse
  • - La Colère.

Disney a rajouté le dégout dans vice et versa. Ekman le dégout et la surprise. Je crois que d'autres modèles parlent de 8 émotions primaires. J'aime bien le modèle à 4 car on peut faire des mélanges...

Et comme le violet est un mélange de couleur, j'imagine (je n'ai pas poussé la réflexion aussi loin) que des pensées comme la honte, la jalousie, la rancœur, sont des mélanges. 

Me concernant, je serais injuste de dire que je n'ai pas de joie. Mes enfants me l'apportent. Le grand est blessé, le petit est adorable, et  Falconette. J'ai des amis. J'ai des piliers. 

Par contre, les trois autres sentiments m'ont dévoré. J'allais dire sur ces deux semaines d'arrêt (en fait lundi j'étais administrativement  en arrêt et je suis allé bosser, c'est con j'ai pris des charges…). 

J'ai appris deux trois trucs. La tristesse d'abord. Ne jamais aller aider quelqu'un qui est triste s'il n'a rien demandé. Et surtout pas en lui disant "ce n'est pas grave".
Je m'explique… Dans mon monde, j'ai un trièdre que j'alimente tous les matins et soir : énergie / motivation / black dog (moral). Si je suis à 1/1/1 c'est que Falconette ou les enfants vont mal. Ce que je vis, c'est 2 ou 3...

Quelqu'un qui a perdu un ami, un parent… Si je vais lui dire "ne sois pas triste"... Et que je lui dit que demain il fera soleil, et toute connerie de ce genre, que fais je ? Est ce que je me fais du bien à moi ? Est ce que j'aide la personne qui est triste ? 

La personne en colère. Aller lui parler ? Oui, on va se prendre une charge d'Aiola le chevalier du Lion. On aura pris des coups, on n'aura rien réglé.

La peur je ne sais p comment gérer la peur de quelqu'un. Surtout que la peur peut être sur des choses mesurables et touchables, ou sur des choses évanescentes. Et aussi, on peut avoir peur sur des choses sur lesquels on a de l'action, et d'autres non.
Aujourd'hui j'ai peur. Professionnellement je suis en danger +++. 

Exemple : j'ai peur que l'OM ne prenne un baillon boule contre Olympiakos en Coupe d'Europe ce jeudi. Que certains aiment le bâillon-boule et le fouet (mmm vas y j'ai été vilaine frappe moi) c'est pas l'objet du billet. J'ai peur de quelque chose où je ne peux rien faire. 
Mais à part mettre un écharpe et maillot à la con devant ma télé, je ne vois comment je vais être sans l'action.

J'aimerais la paix dans le monde. 

Après ce soir, je ressens quelque chose, qui n'est pas dans ces 4 émotions primaires. L'amertume c'est quoi ? Le désespoir c'est quoi ? tristesse, non, y autre chose. 

Dans Vice-Versa, Disney ajoute le dégoût. Certains psychologues aussi en font une émotion fondamentale. Moi, intuitivement, je le ressens davantage comme quelque chose qui naît de la peur et de la colère — parfois avec de la tristesse derrière. Mais il peut y avoir débat.


Je reviens sur l’amertume. C'est une couleur, un symbole aussi. Un breuvage… amer… Un goût désagréable qu’on ne boit pas parce qu’on l’aime, mais parce qu’il existe. Parce que toute vie comporte des épreuves, des désillusions, des choses qu’on aurait préféré ne pas connaître.  

Un mélange de tristesse et de colère, avec un peu de sentiment d’injustice qui reste au fond du verre.  

Je ne sais pas de quelle couleur elle est. Peut-être qu’à force de mélanger toutes les couleurs, on finit simplement par obtenir du gris. 

 

Ce soir, tous les chats sont gris. Je préfère les chiens. C’est con. Demain, on verra bien quelle couleur revient.
Demain Marseille joue. (et merde..)

dimanche 11 octobre 2026

La tête dans les Alpes et un blues du dimanche soir

Demain je reprends le boulot après 15 jours d'arrêt de travail. 
15 jours après que je me sois écroulé devant un mail, devant une amie qui entre en me demandant comment j'allais. Mal… Derrière, asthénie, tension basse. Glycémie basse… 
Demain j'y retourne. Avec une trouille. 
Une peur presque plus importante que le Troyes Marseille de ce soir qui est important.  

Alors vite, revenir dans mes vidéos, dans des images apaisantes. Orcières Merlette, une promenade où l'on part de l'appartement. Vue sur la vallée du Drac. On semble loin, au dessus de tout. Et surtout petit face à la nature. La grande Autane devant nous dit "bon, tu viens me grimper quand ?". 
Cette année, j'avais prévu. Un Covid, le ventre en vrac, et sans doute aussi le contrecoup d’une année professionnelle difficile : j’avais commencé mes vacances d’été avec de la fièvre, de la tristesse et une faiblesse énorme.
Asthénie. Encore ce mot. 

La chanson ? Eddy Mitchell. Une voix elle aussi, apaisante.  Rio Grande, qu'il chante avec Laurent Voulzy. Deux voix apaisantes. Ca fait du bien…

A part ça ce soir normalement, la gauche non Mélenchoniste, non communiste, non verte, non purgé de LFI... Bref, le PS, les clans de la précieuse du Poitou et du stagiaire Glucksmann, votent. Ca coute 15 €, y a eu attaque contre le site. Nous verrons. Chez LR, c'était gratuit : on avait le choix. J'ai choisi candidature du chef. Comme ça c'est clair. 

Demain, pourtant, je retourne dans un boulot qui prépare à se mettre en grève… Les affiches LFI sur la route du boulot me rappellent que mon syndicat devra prendre sa place, pour éviter que tout cela ne se transforme en concours de politisation et de n’importe quoi.
Mais ça ne sera pas moi, pas la force d'être leader. 

Et la suite ? Une semaine avant vacances. Arrivée d'une alternante. Que j’accueillerai dans une ambiance professionnelle pour le moins compliquée.. 
En plus, je vais partir quelques jours en fin de semaine en famille à Madrid. 

Quelque part, j'ai ça comme but. 
Avec quand même un boulot de malade… C’est con, les arrêts de travail : une partie de mon boulot s’est arrêtée avec moi. Personne n’allait faire exactement mon travail à ma place.
Tant pis. Je ne rattraperai pas quinze jours en cinq.

Espérons que Marseille ne me fera pas passer une pire nuit que je vais passer.

samedi 10 octobre 2026

Ca va bien (mais j'ai peur)

La primaire de la gauche sociale démocrate, républicaine, durera un jour de plus, à cause d'une attaque informatique. Ca arrive. 

Aujourd'hui, FalconJr n'a pas gardé les buts de son équipes. Il a été arbitre du match de son équipe, et il a été un super bon arbitre. 

Le reste est personnel. Saint Etienne et l'USAM jouent ce soir. Au moment où j'écrit, Saint Etienne 0-0, l'USAM tient. Je regarde la chaine d'un youtubeur qui nous remet Saint Seiya en bien et en grand  
Marseille joue demain, j'ai le temps de me faire du mal. 

Ce billet est de rien. 
Je fini un arrêt de travail lundi matin. Ce samedi soir, j'ai peur. Du retour. J'écoute ces musiques faites par une IA, qui sont très Saint Seiya. J'aimerais être une IA car lundi matin quand j'arriverai au boulot, devant mon N+1, je ne serai pas artificiel. 
Je suis entouré. Mais au final quand les armures ne sont plus là...

Mon grand a fait un arbitrage super. Et sur la chaine Saint Seiya, ils en sont à l'affrontement Seiya Shun vs Pharaoin et Orphée... La pensée à Eurydice sera mythologique. Saint Seiya est formidable. 

Non j'ai peur pour lundi matin. On est samedi soir...

samedi 26 septembre 2026

Théorie et pratique : l'exemple de la vie professionnelle

Mettre le monde et les relations en équation, un rêve... Pour ça que j'aime autant les modèles de personnalité, la psychanalyse, la psychométrie. Pourtant, connaitre les modèles et savoir qui est où n'évite pas les écueils... 

Dans cette volonté de mettre le monde en équation, les outils IA aident bien. J'ai fait le stock de toutes mes prises de sang, et en ai fait un tableau. En ajoutant les données santé de ma balance Withing (qui est dure avec moi) et de ma montre. Je vois que malgré le poids et l'âge, et sans doute quelques excès, ça ne va pas si mal que ça. 
J'ai aussi mis en place une sorte de "thermomètre intérieur". Dans les nouvelles réunions de service newlook, on demande aux participants leur météo intérieure. Ce dont, objectivement, tout le monde se fout. Mais c'est la nouvelle "bienveillance" de 9h05 qui est institutionnalisée. 
Ca fait un an que je surveille, matin soir, trois paramètres (de 1 à 10) : l'énergie, la motivation, le moral (Black Dog). Je me rends compte que je suis exigeant, aussi j'ai des pondérations. Ces éléments sont intéressants car je rajoute des éléments comme "corps / sport", "ressenti", "évènement". Et les choses se voient assez bien.

Sur un an, on revoit assez bien l'année, les moments importants. Les zones basses mais aussi, plus intéressantes, les zones hautes. Et pourquoi on était haut. Ca, ça me plait. 

Pour moi, une note 1/1/1 serait que Falconette me quitte, ou qu'elle ou un des enfants aille vraiment trés mal. Le 0 est le pire.
Pourtant ce matin, j'ai eu envie de marquer 1/1/1. 

A cause du boulot. Un mail du vendredi aprés-midi qui m'aura bouffé mon weekend. Et qui fait que je ne sais pas si lundi j'aurai encore mon bureau. Ca va jusque là. 

Juliette a raison. Un salaire ne mérite pas que l'on quitte un match de hand de son fils parce que l'envie de pleurer nous monte à la tête et que nous n'avons pas envie de le montrer. Un travail ne devrait jamais faire ça. Et je ne travaille pas à la mine, ne risque pas ma vie. 
Par contre je souffre. Sans doute je contribue à mettre d'autres personnes aussi en souffrance. Il y a des matchs qu'il faudrait arrêter. 

En tous cas, je n'ai pas l'équation parfaite... C'est bien emmerdant. 

jeudi 24 septembre 2026

Désespérément vert (en entreprise)

Un jour, au jeune ingénieur que j’étais, mon chef m’a dit cette phrase : 
« tu sais Faucon, il y a deux possibilités.
La première est que la société s’adapte à toi. On peut commencer à mettre la montre en route mais ça va être long… 
La deuxième est que tu t’adaptes à la société. Ca sera plus rapide mais tu auras des efforts à faire ». 
J’avais 25 ans, j’en ai bientôt 49. Ce chef est maintenant un de mes plus proches amis. Nous fêtions les 70 ans de son épouse cet été. Cette phrase, comme pleines d'autres où il mettait en avant mes défauts et mes erreurs avec une bienveillance incroyable, je la ressort souvent. 

Je pourrais parler de cet ami qui est mon maitre, mais ce n’est pas l’objet de ce billet. 
J’aurais pu mettre comme titre « qu’est-ce qu’être salarié ? ». Les droits, les devoirs. Ce contrat de travail, qui ne fait que très peu de pages. Mais qui induit que l’on doit produire un travail pour la société qui nous emploie, et que cela passe notamment par une relation hiérarchique avec un N+1. Si la relation est fluide, si en plus il peut y avoir de l'amitié, du respect, de l'affection, on peut faire des choses très dures et très fortes. 
Si la relation est froide, sans confiance, on peut produire. C’est juste plus dur. Mais nous devons faire le boulot. 

J’ai été manager. Mon défaut : celui de ne pas savoir manager mon management. Et avoir du mal à relayer des injonctions qui étaient hors de mes valeurs, ou que je trouvais conne. Mais un autre manager m’a dit « manager, ce n’est pas convaincre. Tu n’es pas en politique. Manager, c’est faire faire. Si tu peux le faire en donnant du sens et en expliquant le pourquoi, ne te demande pas si ton équipe valide. Ils comprendront ». 

Et peut-être que mes difficultés avec la hiérarchie viennent aussi de la manière dont je réagis lorsqu'une difficulté arrive.
Et là j’en viens à l’image de ce billet. Ma lecture personne de la triade Horney. La posture face à un aléa, la difficulté. 
  • Beaucoup foncent, sont dans la réalisation : ils cherchent le quoi,
  • Pas mal se posent, s’interrogent sur la meilleure manière de faire : ils cherchent le comment,
  • Certains, comme moi, prenent du recul, du retrait : ils cherchent le pourquoi. 

Les trois fonctionnent dans une boite. J’ai compris que je suis dans la troisième posture. Peut être pas la plus sexy en entreprise, mais c'est la mienne.  

Une autre histoire. 

Un collègue qui m’a beaucoup appris m’a dit qu’il avait postulé à un poste de responsable de production. Il n’a pas été pris et l’explication RH lui a été limpide aujourd’hui (moins à l’époque) : « Tu vas être responsable de la production de produits, dans un cadre hiérarchique. Tu devras produire du quoi. Le « comment », des ingénieurs procédés, méthodes, R&D, ont défini. Le pourquoi, on s’en fout. Es tu capable de travailler dans une structure et de faire appliquer la création sans t’interroger sur le comment et le pourquoi ? ». 
Lui avait compris après coup qu'on lui demandait d'être rouge. Moi, je comprends aujourd'hui que je reste désespérément vert.

Ce billet n’aura pas vraiment de conclusion. 
Aujourd'hui, je fais des choses qui me mettent parfois en conflit de valeurs. Et certaines relations professionnelles me coûtent beaucoup plus qu'elles ne devraient. Il suffit parfois qu'un nom s'affiche dans ma boîte mail ou sur Skype pour que mon ventre me rappelle qu'il a, lui aussi, un avis sur le management.
Je suis content du télétravail : je peux me poser pour du pourquoi. Et laisser décanter pour avoir un « quoi » de qualité. Ca fait plus vin de garde et moins primeur, mais je ne suis pas dans le quoi immédiat. 

Suis-je manageable ? C’est une question qui se pose. 
Ou plutôt une autre question : Comment reste-t-on un bon salarié quand on a besoin de comprendre le pourquoi, dans une organisation qui attend parfois simplement qu'on produise le quoi ? Quelqu’un m’a dit que j’avais un profil d’enseignant chercheur, ce qui n’est pas facilement manageable pour certains. 

Ce billet est une réflexion sur le travail. Juliette avait parlé du plan B. Aurais je le courage de laisser tomber le confort d’une grosse boite qui verse un virement tous les mois ? Et pour quoi faire, moi qui n’ai aucun % de rouge PCM (entrepreneur) dans mon profil ? 
Etre vert, ça fait un peu martien pour ceux qui ne le sont pas. Mais on le vit bien…

C’était un billet de vie professionnelle.

dimanche 6 septembre 2026

Les dimanches soirs commencent le vendredi

La première semaine de reprise a duré un mois… 

Le grand est rentré en seconde. Bien mais le fait de ne pas être capitaine de son équipe de hand l'a touché et blessé... 
Le petit en 4eme. il a commencé du foot mais le club ne montera pas d'équipe, et il a fini un soir en pleurs d'avoir pris 12-0 sur son premier match. Avec un sentiment d'être nul de ne servir à rien..
Un sentiment dont je peux lui parler. J'ai tellement souvent pensé, comme ce petit garçon qui est le mien, ne servir à rien. Ne pas être à la hauteur...

Cette semaine, au boulot, mon N+1 a fait augmenter ce sentiment négatif… Lors d'une séance de coaching / médiation (à sa demande, pour "améliorer nos relations"), cette séance a brutalement ouvert un angle mort de ma fenêtre de Johari. Je vais arrêter de m'infliger ces séances à trois.

Là, j'ai eu comme reproche qu'une ou deux fois, j'étais marqué "absent" sur Skype en étant en télétravail. Non, je ne ramassais pas des Pokémons, j'étais au téléphone avec mon syndicat ou avec un sous traitant. Si on ne touche pas la souris, on est marqué "absent". Je l'ai vécu comme un flicage assez surprenant et dégradant, et dur à accepter à bientôt 50 ans… 
J'ai demandé à mon N+1 s'il trouvait normal que je fasse mes 35 heures de travail en 3,5 jours ? "tu es cadre donc tu gères comme tu veux"... OK...

Un autre reproche. Sur un dossier pas simple, j'ai demandé l'avis à mon n+1. Je suis autonome, mais j'aime bien avoir d'autres regards pendant que la poterie prend forme… Cela m'a été reproché. Je "lui ai pris de son temps". Précieux...
J'ai un peu perdu mon calme. Et j'ai demandé que l'on ne me demande plus si "j'ai besoin de son aide ?". Comme réponse, j'ai eu le rire de mon N+1. 

Je pense à Nicolas qui est parti avant la quille. Ça remet aussi les 18, 19 années qui me restent en perspective. Moi, j’ai envie de les vivre, de voir grandir mes enfants — mais pas seulement en serrant les dents jusqu’à la retraite.

Quand les dimanches soirs commencent le vendredi soir, ça devient dur. Juliette avait écrit un super billet, qui parle de la force intérieure que l'on a en soi pour trouver des solutions. Des plans B. 
Peut être faut il que j'y songe à ce plan B. Mais l'ai je, cette force ?

Rester dans une ambiance que je vis désormais comme toxique, où je me sens régulièrement disqualifié, et où le rire de mon N+1, au moment où je parlais de ma souffrance, m’a profondément heurté. Le plan B de Juliette devient une obligation...

Marseille joue tout à l'heure. 
Pour finir un dimanche de grand prix de Formule 1 qui était déjà terminé pour moi déjà le vendredi soir. 

jeudi 11 juin 2026

Coupe du monde et mentorat

On passe beaucoup de temps à parler des leaders. On oublie souvent ceux qui les ont formés

J'ai trouvé je ne sais pas où. Ce graphique qui pique les yeux m'a fasciné. Il montre quels entraineurs ont été les mentors de chaque sélectionneur de cette Coupe du Monde qui commence ce soir. 

48 équipes c'est beaucoup, même trop. Et il manque des entraineurs brillants (Klopp, Guardiola, qui eux même sont des mentors). Mais y a du beau monde. Ancelotti, Rangnick (lui même un mentor de plusieurs sélectionneurs comme Tuchel). 


J'étais hier au départ de la retraite d'un ami qui a aussi été un peu un mentor (j'en ai pas mal de mentors). Je me dis que peut être un jour j'arriverai à être mentor de quelqu'un. 

Billet qui me permet de me dire que dans ce bordel ambiant, une Coupe du Monde commence. Avec des Ouzbekistan Jordanie à 3 heures du matin (vous me raconterez). 
Qui me montre que l'inestimable Raymond Goethals a été mentor de bien des sélectionneurs. Et qu'il y a des autodidactes quand même. 

Une carrière est rarement une aventure solitaire. Derrière la plupart des réussites, il y a un professeur, un entraîneur, un chef, un collègue ou un ami. Il y a souvent un mentor qui ne sait même pas qu'il en est un

A part ça je ne suis pas convaincu de me laisser porter par Afrique du Sud Mexique ce soir. La cérémonie d'ouverture sans aucun doute. 


jeudi 4 juin 2026

Panne d'essence

La reprise du travail a été rude. Un mail laconique de ma N+1 pour me convoquer. Quelques lignes seulement. Mais une phrase m'a particulièrement marqué :
« Les indicateurs que tu remontes ne sont pas la réalité. »
Peut-être n'était-ce pas le message qu'elle voulait faire passer. La manière dont je l'ai reçu, Antares du chevalier d'or du Scorpion.
Sentiment que mon travail était remis en cause ? Pire...  Comme si les chiffres que je produisais n'étaient pas crédibles. Comme si, malgré les efforts fournis, on me regardait davantage comme un problème que comme quelqu'un qui essaie de faire son travail correctement.

Moi, ce que j'ai entendu, c'est autre chose. J'ai entendu que mon travail n'était ni fiable, ni crédibles, voire même suspect. Et j'ai lu le mot : fraude. Dans mon métier, y a guère pire. 

La réunion qui a suivi n'a pas été bonne. J'étais froid. Fermé. Odieux sans doute. À un moment,  ma N+1 m'a rappelé quelque chose que j'aurais dit plusieurs semaines auparavant. Je ne m'en souvenais pas. Plus envie de me battre contre quelqu'un qui a toujours raison. J'ai répondu 
« La prochaine fois j'enregistrerai. Je ne sais plus ce que j'ai dit. Donne les chiffres que tu veux. ». J'ai fermé mon PC et je suis parti. J'avais en plus autre chose à foutre.

Avec le recul, ce n'était sans doute pas ma meilleure réponse. Mais je n'avais plus d'énergie. 

Le lendemain, j'ai reçu un SMS me proposant d'échanger sur le mal-être que j'avais exprimé en réunion. Je venais justement de prendre rendez-vous avec le médecin du travail : nous étions alignés (miracle alleluia). Je n'avais pas dormi de la nuit, et le matin le ventre jouait avec moi (pauvre Jacob Delafon, ils ont un vilain métier). 

J'ai répondu que je n'étais pas en état de discuter. Pas par provocation. Encore moins par stratégie (incapable dans mon état de monter un complot).

Parler avec quelqu'un quand on est pas entendu est épuisant. Et ces derniers temps, je suis fatigué. Et je suis paresseux, pas besoin de me battre contre une personne qui a toujours raison. 

J'ai ensuite reçu un mail de sa part. Qui m'expliquait que mon malaise venait du travail, que j'étais soutenu, que j'étais soutenu par mon chef. Je l'ai lu plusieurs fois. Quand on a des amis comme ça, pas besoin d'adversaires... Le déni...

Problème n°2, mon syndicat sait que je ne suis pas le seul à souffrir, parce que je souffre. Et il veut intervenir. Bon... 

Mon N+2 m'a appelé amicalement. M'invitant à ne pas couper le canal de discussion avec ma N+1. Je n'ai pas voulu être méchant car je sais que mon chef vit des moments difficiles. Mais je lui ai dit que je n'avais ni l'énergie ni le temps de parler avec quelqu'un qui a toujours raison.

Une dernière…. J'écris souvent ici ces souffrances. J'ai l'impression d'être Balerdi, une personne importante, mais toujours présent sur la photo sur le lieu du crime, le but que prend l'OM. C'est dur.
Peut être suis je ingérable… Peut être. 

Ce soir je dois calmer mon syndicat, tenter d'aller mieux, ménager mon foie. 

Mon billet sur le Namek du Havre attendra. C'est con, il est bien mon billet sur Edouard Philippe...

dimanche 31 mai 2026

Fin de saison, fin d'aventure...

Fin d'une période. 
Hier, les équipes du HBCR (club de hand de Roquemaure) des -15 filles et garçons ont perdu en 1/4 de finale. En étant valeureux. Ce qui m'a fait de la peine était de voir mon fils et l'autre gardien pleurer les bras l'un dans l'autre. 

Mon fils aura plus de 15 ans l'an prochain, ça sera son remplaçant qui deviendra titulaire. Lui qui a remplacé FalconhillJr la semaine dernière pendant qu'il soignait sa cheville. 
Mon fils a fait un beau match. Mais en face Frontignan était très fort, trop fort. Et mon fils est un très bon gardien. En face il y avait un grand gardien qui a remporté des points. 

Hier c'était la fin d'une aventure de copains. Nous resterons au club en bénévole. Mon épouse élue aura un œil attentif au club (la présidente est élue aussi). 
Quel plaisir ils nous ont procuré…

Nous n'irons pas à Toulouse dans 15 jours. Mais nous irons voir Laurent Gerra à Avignon. 

Fin de vacances pour moi et début d'une période qui, jusqu'en Aout, sera intense. Professionnellement, universitaire, syndicalement, humainement. 
Je vais revenir dans le monde absurde de mon boulot. Où on me demande de faire des économies mais en faisant plus. Où on demande des reportings sur les reportings (sans déconner je vais rendre une note à ce sujet… on délire). Relation avec ma chef toujours exécrable. 
Non, vraiment j'ai pas envie. Mais nous avons fait la déclaration des impots sur le revenu. Faisant partie des moins de 50% qui les paient, il faut travailler pour permettre à des casseurs de fêter la victoire du PSG en pillant des boutiques. 

Ce soir on va faire la fête des mamans. La maman de mes enfants. 

Sinon j'ai fini le dernier livre de Joseph Macé-Scaron "Les Remplacés". Ca se passe à Lyon, c'est magnifique. Joseph, outre le fait que c'est quelqu'un que j'estime, est un très bon écrivain. Un page turner du niveau facile Bernard Minier. 

Le reste… Pas plus à dire, on verra demain. 
Là, c'est dimanche soir...

jeudi 21 mai 2026

Dos en vrac mais...

 Il y a un an j'écrivais un billet sur un séminaire professionnel qui m'en avait mis "plein le dos". Je pourrais écrire presque le même billet ce soir : "Pas trop fort. Pas trop vrai. Pas trop vite". Et surtout : pas de vagues.". 
Mais surtout un dos douloureux, comme l'année dernière. 

Je suis en “vacances”. Les guillemets ne sont pas décoratifs : ils sont médicaux. 
Je vais sur mes mails pro. 
Je continue de voir l'absurdie du monde professionnel dans lequel je vis. Les injonctions contradictoires, et la manière dont nous sommes considérés. Professionnellement, humainement. 

Je pense que cela fait un an que je suis dans une période absurde professionnellement parlant. 
Je m'en rends compte aujourd'hui parce que comme il y a un an, je viens de passer la journée dans le canapé. Le dos qui me fait terriblement souffrir.

Hier matin passage sur ma messagerie pro. Pour lire des trucs délirants, qui font que mon "retour" va être pénible.  
Je suis allé courir deux heures "à la fraiche". L'été est arrivé violemment ce weekend. Cet AM nous avons frôlé les 30°C. En rentrant, une douche. Bien. Moins bien les tremblements derrière et la forme pas top. Rien de spectaculaire mais assez pour comprendre que le corps réclamait autre chose qu’un tableur et deux heures de course.

Vers midi, le dos… D'abord en bas à gauche, puis toute la ceinture lombaire. Et là, une douleur incroyable. Qui ne va pas dans la jambe (sciatique non). Et une fatigue sourde… Bon, je venais de faire du sport, de me prendre le choc thermique, mais quand même…
Aujourd'hui, je ne suis pas allé sur la messagerie professionnelle. J'ai fini Rupture de Bernard Minier et commencé le dernier Macé-Scaron (Les remplacés) que je viens de recevoir. (Joseph Macé-Scaron est un super romancier de thriller). C'est bien. 

Mais j'ai très mal au dos. 

Cela vient du sport ? De la membrale que je commence à avoir (une maladie qui vient avec l'age : le nombril qui l'éloigne de la colonne vertébrale) ? Du ras le bol ? 
Si je me mets en lien avec l'an passé, je dirais que j'en ai plein le dos. 

Je suis en vacances. La saison de l'OM est finie. Mais je suis vidé comme le réservoir de ma Mégane qu'il faudra que j'aille remplir avec un diesel qui prix du Châteauneuf du Pape. 

Il y a un an, j’en avais plein le dos.
Un an plus tard, le dos confirme.

lundi 11 mai 2026

Le lundi c'est gestion des conflits

Ce billet du dimanche soir sera publié un lundi soir. 
Le match de l'OM d'hier je m'en foutais tant ils se sont moqués de nous. Les supporters. Une peine de cœur est dure…
Et pourtant je pardonne… J'aime et je suis chrétien.

Et le match je ne l'ai pas vu. Tri dans les photos, trop de sport samedi et dimanche (vu au stade, les enfants en hand et Nimes Olympique, et pratiqué avec deux fois 30 km marche / courses), peut être un apéritif un peu trop serré. Je me suis endormi. 
Je n'ai pas vu la purge de l'OM, qui leur permet de sauver une petite coupe d'Europe. Peut être…

Je reviens sur le tri des photos. Celles de vacances. Compliqués. Y en a beaucoup.
Le changement de PC et d'iPhone récemment font que j'ai plus les mêmes réglages (des photos portraits qui se mettent en paysage…). 
Et je pique celle de Falconette et des enfants… Qui ont aussi changé d'iPhone et j'ai des formats HEIC. 

J'ajoute pour finir que j'ai quasiment filmé l'intégralité du match de hand de FalconhillJr qui les a sacré premiers de la poule régulière. Maintenant les play-offs. Génial, mais l'Occitanie c'est grand...

Je suis - normalement - en vacances ces 15 prochains jours. 2 jours pour retourner au boulot régler un soucis familial. Les deux derniers jours de Mai. Et puis… ? Le retour. Ma chef qui envoie des mails passifs agressifs avec un naturel désarmant. 
J'avais une visio ce matin (je vous l'avais dit, des "vacances"). Le temps de lire un de ses mails qui donnent envie d'y répondre avec un scud. Jamais une bonne idée. 


J'ai appris un nouveau modèle : celui de Thomas Kilmann en gestion des conflits. Je suis gentil, je vous l'offre. 

Prenez un carré et faite quatre cases. Et voyons si, dans le conflit, vous être vis à vis de l'autre en compétition ou pas en compétition, si vous voulez coopérer ou pas du tout. 
  • Cas 1 : Compétition totale et zéro coopération --> vous êtes un requin (le verbe : Rivaliser)
  • Cas 2 : Compétion + Coopération --> Hibou (qui voit loin mais n'est pas maladroit) ou fourmi (coopérer)
  • Cas 3 : Zéro compétion mais coopération --> Nounours (souvent mon cas).  (accommoder)
  • Cas 4 : Zéro compétion et zéro coopération --> Tortue (éviter)
Et il y a un 5eme cas qui marche bien dans les grandes structures et en politiques. Celui qui est au centre ni trop ni pas : le renard (compromis)

Face à ce mail qui me gonfle, je joue la tortue. Et d'une manière générale, je vais jouer la tortue.
Non, pas de compétition. Mais pas de coopération non plus. Ca ira beaucoup moins vite. Mais au moins ma carapace me protégera. 

Face à une chef requin, il faut parfois être tortue. Ais je quelque chose à gagner ? Au moins la tranquilité. 
Et Marseille une place en Coupe d'Europe s'ils gagnent ce weekend. Pas la grande mais quand même...

dimanche 3 mai 2026

Fragilité professionnelle...

Mon billet d’hier sur l’OM aurait pu être un billet du dimanche soir.
Tellement j’avais cette tristesse du dimanche soir. Marseille est 7ᵉ.

Mais surtout, j’ai mis par écrit ce que je ressens. Une sorte de maltraitance dans mon travail.
Le Point avait écrit un article sur les microagressions au travail. Il méritera un développement.

Suis-je agressé ? Je me le demande.

Mardi, ça m’a sauté aux yeux.
Une réunion où je défendais mon travail devant mon N+1 (qui ne cessait de me couper, de me demander d’aller droit au but, de dire des contre-vérités…) et mon N+2 (qui lui a demandé au moins trois fois de me laisser finir).

Mon N+1 a souvent à mon encontre des phrases du type :
  • « tu mélanges tout »,
  • « tu es trop long »,
  • « tu as des problèmes »,
  • « tu délires ».

Micromanagement à fond. Jeudi encore : échange de mails, six messages, avec des injonctions contradictoires.

Mon N+1 m’a demandé, suite à un accrochage l’été dernier, de faire un coaching.
Très bien. Positif pour moi.
J’ai compris une chose : je n’aurai jamais une relation de qualité avec ma supérieure hiérarchique.
Mon coach n’a pas non plus une haute opinion de la personne.

Et mardi, après la réunion, mon N+1 vient me voir :
« on va prolonger le coaching et on le fera à trois pour qu’on améliore notre relation ».

Je n’ai rien dit.

Puis : « il t’appellera ». Et en effet, une fois sortie de mon bureau, je recevais le SMS.

Mon N+2 est passé après pour me dire que je m’étais bien exprimé. Que j’avais été clair.
Je venais juste de prendre ce que je considère comme un coup du lapin.

Alors je ne sais pas quoi penser. J’ai eu mon coach. On est aligné. Je ne sais pas comment ça va se passer.

Pour lui, j’ai un profil d’enseignant-chercheur. Je suis expert dans mon domaine. Maitre de Conférence. 
Mon N+1 ne supporte pas que mon N+2 me sollicite directement et me mette en avant.
(C’est ce qui a été dit à mon coach.)

Et que mon N+1 « me lâcherait si je continue… ». Continuer quoi ? Je ne comprends pas.
Surtout que je n’ai pas vraiment le sentiment d’être accompagné.

Ce dimanche soir, j’ai mal au ventre. Comme tous les dimanches soirs.

On me parlera de l’OM demain pour me brancher. Ca ne me fera pas grand chose...
Mais je me dis que je risque un peu plus. Quoi ? Aucune idée.

J’adore mon collectif. Mon travail. Sauf une personne. Qui veut avoir droit de vie et de mort sur moi.

J’ai été délégué syndical. Mais je n’ai jamais su me défendre. 
C’est bien ça qui est emmerdant.

Allez, je vais boire un coup.
Formule 1 ce soir.  Ça repart. Rendez-vous au premier virage…

samedi 2 mai 2026

C’est vraiment très dur d’aimer l’OM

Y a une chaine YouTube qui me fait marrer, et que l'équipe Cazarre Drouet écoute souvent. L'immigré parisien, qui commente les matchs de Paris. C'est souvent des "frappes !", des "vas te faire enculer". Ou quand ça se passe vraiment mal, des toujours classes "allez piner vos **bippp** de mère, c'est bon ! (allez vous faire enculer)". 
Là, j'avais envie de faire l'immigré marseillais devant ce scandaleux Nantes Marseille où mon OM a démontré une chose : ils ne méritent rien cette saison. Ils ont été indignes !

Ca a commencé tragiquement à Rennes où à 11 contre 10 ils se sont pris un but dans les arrêts de jeu. Puis Rabiot s'est battu.

Quand nous étions à Rome, Marseille a été leader. "Je déraille frère". Oui, on a déraillé, mais pas de bonheur.

Sortie de Noel, Marseille Nantes où déjà bonsoir tristesse. Le match de Coupe d'Europe où on se fait éliminer après un scénario dingue : un match où on perd 3-0 et où on "tiens le score". Pour finalement qu'un goal marque un but à 1200 km de là qui nous élimine.
5-0 à Paris, élimination en Coupe. Un billet "huitième degrés" qui m'a fait me facher avec mon parrain que j'adore. 

Bref, l’OM aura moins été l’Olympique Magnifique que l’Olympique Misérable.

J’ai honte, j’ai mal, je ne suis pas bien. Pourtant il fait beau et ce n’est que du foot. Mais cette saison, ce gâchis, me fait honte, me fait mal.

À côté, j’aurai évité de penser au travail durant ce week-end de trois jours. Lecture. Un peu de sport. Le boulot est très dur et j’ai l’impression de ne pas être très bien traité — pour ne pas dire plus — par mon N+1. Et d’autres le voient. Et ça fait mal.

Enfin, l'OM nous aura fait honte. 
Mais ils auraient gagné, ça n'aurait pas fait baisser le prix du gasoil...


dimanche 12 avril 2026

Conflit de loyautés

Qu'est ce que la loyauté ? 
Je suis à moment étrange où le bureau d'une organisation m'a écarté (par bienveillance…) d'une décision dure qu'ils ont pris. Faire une alerte contre un proche, un très proche. Qui, sur le fond, a commis et continue de commettre des erreurs. Un proche qui a fait beaucoup pour moi. 
J'ai signé cette alerte. 

Oui, je suis un vert Horney (je vous promets un billet sur le sujet…), et un vert conciliant (Juliette m'a montré qu'il y a plusieurs teintes…). Donc j'ai quelques principes cons.
  • Je ne sais pas mentir
  • J’attache une importance sans doute démesurée à la relation et à la confiance
  • Un conflit doit se mériter : je suis paresseux, et la guerre c’est fatigant
  • Faire quelque chose que je ne sens pas m’est très difficile
  • Faire quelque chose contre mes principes me rend malade. 

Dernier truc. Je suis un hyper sensible. J'ai appris à vivre avec, à en faire une force (car ça me donne un instinct qui n'est pas mauvais). Et à savoir quoi faire quand cela me met en faiblesse. Car le problème de l'hypersensible est aussi son rapport à la fatigue, qui empêche action et réflexions complexes. 
Ce dimanche, j’étais épuisé. J’allais commencer le dernier Franz-Olivier Giesbert. Et finalement je me suis abruti sur Royal Match. Un Candy-Crush-like. La fatigue.
La fatigue, aussi, quand on n’est pas aligné avec soi-même. 

Je n'ai pas répondu à la question du début : qu'est ce que la loyauté ? Je n'en sais rien en fait...
Je me le demande, et me demande si je suis loyal. 
Vis à vis de la personne du début, je ne suis pas très gaillard. La méthode me déplait. Vis à vis de mes valeurs, non plus. Conflit interne. 
A t'on été loyal vis à vis de moi ? Ce n'est pas la bonne question (ou pas encore)

Le whisky de ce soir aura un gout bizarre. Pourtant, FalconhillJr a été super dans son match de hand. Marseille et St Etienne ont gagné. 

Demain, je retourne au boulot. 
Où dans le professionnel, on me demande de faire l'impossible. Injonctions contradictoires, qui a en plus un impact sur des sous-traitants. Des impacts humains importants. Là encore, conflit de valeurs. 
Où  mes relations aveec ma N+1 sont conflictuelles et actuellement ont des impacts sur la qualité du travail. Et sans doute sur ma santé.

Demain c'est lundi. Mais cea chaque jour suffit sa peine... (et je réfléchirai la loyauté" quand cette semaine très "étape de montagne du Tour de France" sera passée... ..Vacances presqu'ils de Gien semaine prochaine, si FalconhillJr ne se fait pas la cheville comme il y a un an :) )"

Peut-être que la loyauté commence quand on accepte de ne pas savoir tout de suite où elle se trouve.

mercredi 1 avril 2026

Retraite et passage de relais

Hier celui qui m'a recruté dans l'institution où je suis est parti à la retraite.
 
Quand il m'a envoyé le message pour me dire "ça y est, libéré", les larmes ont été l'Ouvèze de Vaison la Romaine. Je suis heureux pour lui. Mais... Mais je ressens un vide. 

J'avais pleuré quand il a quitté le site où nous travaillons pour aller travailler en région parisienne, 2017. Il a été mon chef de projet pendant presque 10 ans et m'a appris beaucoup. 

Mais je prépare un billet sur "la reconnaissance au travail". Le Point a écrit un super article sur ce sujet. Cette bonne blague...

mon ancien chef et guide est arrivé à un bon niveau, un haut niveau. A un moment, il ne savait se mettre à genoux devant des gens qui ne le méritent pas mais dont certains à la légion d'honneur... On enlève le correcteur d'orthographe : il n'avait pas forcément envie de sucer des maches à couilles. 
C'est con. Il l'a payé. Professionnellement.

10 mois après mon mon embauche il nous avait invité, Falconette et moi, chez lui. Son épouse, ses trois enfants, dont une fille que j'adore. 
Et j'ai vu la bibliothèque. Du De Gaulle dans le texte et sa plume, et celle des autres. C'est un bordelais, enfant, le Général lui a touché le front.
Quand il habitait à Orange, on rigolait (jaune) sur les seconds tours. Barrage républicain entre FN ou extrême droite ? 

Il avait l'âge que j'ai aujourd'hui quand il m'a recruté. Je lui suis resté fidèle.  
Un jour il me dit "tu sais Faucon, j'ai pris une carte syndicale à la CFE/CGC...". Comme gêné. Je lui ai répondu "tu sais que là les positions s'inverse : je suis ton délégué syndical ?" :). Ca l'a fait rire. Je n'ai jamais été dans le prosélitysme, mais il est venu vers moi naturellement. Oui tout simplement nous avions la même piste d'atterrissage. En tous cas les mêmes valeurs. 

Je me rends compte que j'arrive en première ligne. Je "perds" dans la mélée un ami, mais il est toujours là. Il part à la retraite en excellente santé. Sans aigreur. 
Mais comme Sangoku quand il s'est fait exploser avec Cell, je suis maintenant Sangohan face aux menaces... Dans un environnement pas franchement rigolo... Le Dadaisme ou le suréalisme, ça peut être joli dans un musée. Dans le monde professionnel, ça rend fou. 

Ce soir je me sens vieux. 
Falconhill Jr a visité le lycée. Et mon ami, mon maitre, est parti à la retraite. Le temps passe...

samedi 21 mars 2026

Changer de place (d'élu à expert)

Hier j'ai vécu un changement de posture. 

J'étais dans le train quand Falconette a reçu son écharpe d'élue (conseillère municipale. Le maire a voulu que chaque élu ait l'écharpe, c'est super). 
Moi je rentrais d'un cours donné à côté du Panthéon. 
Changement de paradigme. Je ne suis plus élu et politique, je suis expert. Dans un domaine scientifique, technique, mais qui reste aussi un peu politique. 


Jalousie ? Aucune (peut être un peu au début de l'histoire où je caressais mon black dog?). Fierté, bien sur. 
Falconette était ravie. Je ne lui envie pas les soirées où je rentrerai du boulot et où elle sera à s'occuper des affaires du village. J'ai déjà donné. 
Mais nos fils sont scolarisés, nous sommes impliqués dans la vie associative, le hand. C'est super qu'elle vive son aventure.  

Je serais ce qu'elle voudra que je sois. Mais en tous cas je ne suis pas un de ces "anciens combattants" qui vont donner des conseils à ceux qui n'en demandent pas. Si elle a besoin d'un avis ou d'une aide, elle l'aura. Mais je refuse de m'imposer. 

Des gens de la liste m'avaient demandé des avis, des conseils. Des analyses. Je leur ai donné. Oui, ça m'a fait plaisir, "l'expert" en politique a encore un peu de flair. Et il n'a pas été mauvais sur les résultats dans mon village, dans les communes aux alentours. Et sur les alliances (où je leur avais dit le soir du premier tour : mais bien sur que le PS s'alliera avec LFI : tout ce qui est moins à gauche qu'eux est un danger fasciste… C'est au delà de mes prédictions). 

Le papa de Falconette a fait deux mandats de premier adjoint dans son village du Forez. Là il a laissé la place aux jeunes. Mon beau père est formidable. 

A côté de ça, il y a de la violence sur cette élection. Je confirme, elle laissera des traces. 
La campagne présidentielle 2027 sera violente. 2022 il n'y a pas eu de campagne, là ça risque de saigner. 

Je reviens à moi, plus simplement. À ma place aujourd’hui.

Je craignais ce moment de l'investiture. Celui qui ferait que je change de place. Avant j'étais élu. Maintenant, je suis mari d'une élue. J'ai été absent au passage de témoin et à mon changement de statut (et quelque part c'est très bien). 

Quand nous nous sommes mariés, c'était dans mon village et non celui de Falconette 300 km plus au nord. Car j'y étais élu. Et mes amis adjoints (dont la Maire actuelle) nous ont marié. Cette fois, c'est le village de Falconette : elle fera peut être des mariages. Je lui souhaite. 
Quand nous nous sommes mariés, elle m'attendait le soir quand les réunions politiques étaient interminables. Les conseils violents. Là ça sera moi qui l'attendrait. 
Les enfants (enfin, le premier) était petit. Là, avec mes ados je regarderai le match de foot. 

J'étais élu, je suis expert. Je reste mari et père. Et citoyen, un peu plus engagé que les autres. Et c'est très bien.

(quant à demain les élections municipales… J'avoue que ma principale inquiétude est que l'Olympique de Marseille prenne trois points, le reste…)

mercredi 4 février 2026

Le passif-agressif : langue officielle du mail professionnel

Billet intenporel...

J'adore les articles du Point sur la vie au travail. L’article du Point parle de ce qui est devenu le virus silencieux des mails pro qui sont les formules passives-agressives :  ces tournures qui, sur le papier, semblent innocentes… mais qui, en creux, charrient du reproche, du “je suis agacé mais je ne le dis pas” ou du “j’attends que tu fasses mieux mais sans te l’exprimer directement”.

Ce sont des phrases qui font mal parce qu’elles laissent deviner une tension et demandent au lecteur de deviner l’intention derrière.

Et comme souvent, je me suis reconnu. Pas comme victime. Comme un salarié qui reçoit pléthores de mails, et qui en reçoit des formules passives-agressives. 

Ces phrases déplacent le conflit au lieu de l’assumer. Elles ne sont pas violentes, mais franchement fatigantes.

Listons la jolie liste du Point. De ces mots. 
  • “Sauf erreur de ma part” → classiquement utilisé pour pointer une erreur sans la nommer, et ça fuse direct comme une bombe à retardement.
  • “Pour rappel” / “Comme dit précédemment” → ça peut se lire comme « j’exige que tu te rappelasses, parce que tu t’es planté ».
  • “Merci de …” / “Merci d’avance” → ostensiblement poli, mais peut camoufler une attente ferme sans discuter.
  • “Comme tu veux” / “Si tu veux” → qui ressemble à de la liberté mais est en réalité une façon de faire porter la responsabilité (et le blâme) à l’autre.
  • “Ah” / “OK” tout court → souvent perçu comme un signe de désapprobation froide.
  • “Je me permets…” → soit une excuse inutile, soit une façon de poser une exigence tout en faisant mine d’être humble.
Il n'y pas une phrase - un mot - de conclusion qui manque dans cet article. Et qui me casse les roues. "Cordialement". J'en ai fait un joli billet. Next. 

Y a d'autres phrases passives agressives cité par le Point.

"On peut se parler deux minutes ?" → que cette phrase est faussement anodine, mais jamais neutre... Traduction possible selon le contexte :
  • « J’ai un truc à te reprocher mais je ne veux pas l’écrire »
  • « Prépare-toi, ça ne va pas être agréable »
  • « Je te mets une petite pression en amont »

Ce qui fatigue, ce n’est pas la discussion. C’est l’anticipation anxieuse que cette phrase déclenche.
Deux minutes de parole pour celui qui te demande, c'est parfois deux heures de rumination avant. Et deux jours de ruminations après pour l'imbécile qui les a accordé, ces "deux minutes". 

"les émojis" → arme à double tranchant, parfois carrément passif-agressive sous stéroïdes. Les exemples classiques : 
  • 🙂 après une phrase sèche → “je souris pendant que je te pique”
  • 😉 → connivence forcée
  • 😅 → je me défausse de la gêne sur toi
  • 👍 seul → fin de non-recevoir polie

L’émoji peut adoucir… ou déresponsabiliser le propos.
Et surtout : quand une phrase a besoin d’un émoji pour ne pas être désagréable, c’est que la phrase est désagréable. C'est comme le "cordialement" après une phrase pas du tout cordiale. Tu me fais un clin d'oeil après m'avoir mis un coup de pied au cul. Je prends mal. . 


La ponctuation : l’arme blanche du mail pro. La ponctuation ne sert plus seulement à structurer, elle signale une intention.
  • Le point final → clôture, parfois froideur
  • Les points de suspension… → sous-entendu, reproche latent
  • Les majuscules → haussement de ton numérique
  • Les phrases très courtes → autorité sèche
  • Le point d’exclamation → injonction maquillée
  • Le double point d’exclamation → agacement mal contenu
La ponctuation devient un langage émotionnel codé, et le lecteur passe plus de temps à décoder le ton qu’à comprendre le fond.

Sur le fond, c'est irritant cette communication passive - agressive. Elle appelle à 
  • Une surcharge cognitive (“qu’est-ce qu’elle veut dire ?”)
  • Du flou hiérarchique
  • De lâcheté organisationnelle
  • Une peur du conflit direct
Dans le management (que je défendrai toujours), le passif-agressif est souvent le langage de ceux qui n’ont ni le temps, ni l’espace, ni l’autorisation d’être clairs.

Le problème du mail passif-agressif, ce n’est pas la méchanceté. C’est l’absence de courage relationnel.
Et à la longue, ça use plus sûrement qu’un conflit assumé.
Ce genre de tournures agit comme un micro-poison relationnel : on lit, on décode, on se demande ce qu’on veut vraiment nous dire, et cette incertitude épuisante. C’est exactement ce que l’article pointe : la bienveillance de façade masque souvent des attaques indirectes — et la résultante, c’est un climat qui s’envenime sans que personne n’ait osé dire les choses frontalement.

Cette interprétation permanente est épuisante.  

Le “cordialement” n’est que la partie visible. Autour, il y a tout un vocabulaire feutré, poli, professionnel, mais souvent chargé de tensions qu’on n’ose pas nommer.

Donc oui cher lecteur, si tu te dis “tiens ça me rappelle une phrase que j'ai reçu”, c’est normal : dans des relations tendues, ces tournures ressortent comme une épine dans la semelle — On ne trébuche pas dessus. Mais on finit par boiter.😉👍 .

vendredi 30 janvier 2026

Cordialement

Billet un peu plus léger. 

Dans ma vie professionnelle, le mail est une obligation. Un truc me gonfle : c'est le "cordialement" automatique en fin de mail. Le point final qui claque comme une porte de TGV. 

Le cordialement n'est pas agressif en soi. Mais son usage automatique, sec, décontextualisé, m'est insupportable. Surtout quand il arrive à la fin d'un mail qui est tout sauf "cordial".

Pourquoi ce roi du passif-agressif administratif énerve (m'énerve) autant ? 

Peut être parce qu’il peut être utilisé dans quatre cas très différents, et qu’on ne sait jamais laquelle :
  • Mail normal et cool (ça arrive) : dans ce cas le "cordialement" est cordial 
  • Neutre réel : “Je clos le mail, rien à signaler.” (rare chez les gens tendus)
  • Froideur hiérarchique :  "Je suis au-dessus, restons formels.”. Traduction : distance, pas de discussion
  • Désapprobation polie (le plus fréquent dans mon cas). "Tu me les brises, mais je reste dans les clous.”

Et quand le corps du mail contient :
  • un rappel,
  • une demande floue,
  • une micro-remise en cause,
  • des choses vraiment désagréables,
Alors le “Cordialement.” devient un sceau de froideur. Un putain d'irritant. Autant me foutre une baffe dans la gueule en me souhaitant une bonne journée. 

J'ai été viré de mon poste de manager par ma N+2 suite à un mail de 20h30, avec le quart du canton en copie, humiliant et désagréable. Conclu par un "cordialement".

Et le "cordialement" il est de différentes natures. 
  • “Bien cordialement” → encore un minimum de chaleur
  • “Cordialement,” seul, avec point → clôture sèche
  • “Cdt” → expéditif, quasi SMS RH
  • “Merci, cordialement” → passif-agressif premium

Le pire est qu'il est mis automatiquement avant la signature. Quand tu t'es pris la marée juste avant, c'est agaçant, c'est irritant. 

Quand cela vient d'une personne (comme j'ai pu en rencontrer plein dans ma carrière) déjà perçu comme crispé, dans le micro management (agaçant), ou en perte de lien avec l’équipe ? Ça renforce exactement ce que je mets en avant : distance, agacement, soupirs autour de la machine à café.

Beaucoup de managers et salariés utilisent le “Cordialement” : 
  • sans conscience de l’effet,
  • comme une armure,
  • pour rester “professionnels” quand ils sont intérieurement en tension.
Autrement dit : ce n’est pas forcément calculé… mais l’impact, lui, peut être bien réel.

A titre personnel, j'ai toujours un mot personnalisé à la fin du mail. Pas un "bisou" (dans le monde du travail ça ne se fait pas). Mais un "bonne journée", "bonne soirée", "merci encore de ton aide", "à ta disposition pour en discuter"...
Et de toutes manières, je suis cordial (certains diront gentils). Mes mails sont cordiaux. Donc je n'ai pas besoin d'écrire "cordialement", le contenu est cordial. 

Le Point a écrit un article assez bon (qui me donnera l'occasion d'un article plus tard) sur les "8 formules passives agressives" dans les mails. Oui, y aura un billet au moment voulu. 

Vous l'avez compris : travaillant avec des gens dont certains ne sont pas super cordiaux, le "cordialement" de fin de mail me gonfle. Allez, il m'a donné l'occasion d'un billet. 

Bien Cordialement.

jeudi 15 janvier 2026

Managers de proximité : au cœur du système… et souvent seuls


L’article du Point sur les managers de proximité met le doigt sur quelque chose de très juste :
ils sont au centre de tout — et pourtant souvent seuls face à tout.

Entre le terrain et la direction.
Entre les injonctions stratégiques et les réalités humaines.
Entre des équipes fatiguées et des organisations sous tension.

Ils sont la charnière. Et comme toute charnière, on ne la remarque que quand elle grince.

Être manager de proximité, ce n’est pas “manager petit”
On parle parfois du management de proximité comme d’un management « intermédiaire », presque mineur. C’est une erreur. Une connerie même. 

C’est sans doute le poste le plus exposé et le plus complexe :
  • il faut traduire des décisions venues d’en haut,
  • absorber les frustrations venues d’en bas,
  • gérer les injonctions contradictoires
  • maintenir le collectif quand les moyens se réduisent,
  • expliquer des choix qu’on n’a pas toujours faits soi-même.
Et continuer à tenir, sans toujours avoir la main sur les leviers.

Le paradoxe : responsables mais sans pouvoir réel.  Le manager de proximité est souvent responsable de tout, mais maître de rien (un Iron Man à poil) :
  • pas la main sur les budgets,
  • rarement sur les effectifs,
  • peu de marge sur les priorités imposées,
  • et pourtant comptable du climat, des délais, de la qualité.
C’est une position inconfortable, parfois intenable.
Et quand ça craque, on lui reproche ce qui relève souvent du système.

La solitude managériale est réelle. Ce que l’article décrit bien, c’est cette solitude :
  • peu d’espaces pour dire le doute,
  • peu de lieux pour déposer la charge émotionnelle,
  • peu de reconnaissance du travail invisible : arbitrer, écouter, amortir.

On attend du manager de proximité qu’il soit à la fois :
  • solide,
  • disponible,
  • exemplaire,
  • loyal,
  • performant,
  • humain.
Sans toujours lui donner les moyens d’être tout cela à la fois. Et sans lui donner une juste reconnaissance. 

Le risque : l’épuisement ou le retrait. À force, deux issues se dessinent souvent :
  • l’épuisement (burn-out, désengagement),
  • ou le retrait (on fait “le job”, sans plus s’exposer).
Dans les deux cas, c’est une perte pour l’organisation. Car ce sont précisément ces managers-là qui tiennent le réel.

Et pourtant… Malgré tout, certains tiennent encore. Par sens du collectif, loyauté envers leurs équipes. Et Par envie de bien faire.
Ce ne sont pas toujours ceux qui font le plus de bruit. Mais ce sont souvent ceux sans qui rien ne fonctionne vraiment.

Peut-être qu’au lieu de leur demander d’être plus “résilients”,
il serait temps de leur offrir :
  • plus de clarté,
  • plus de soutien,
  • plus de confiance,
  • et un peu moins d’injonctions contradictoires.
Parce que les managers de proximité ne sont pas un problème à gérer. Ils sont une ressource à protéger.

(Ce billet est écrit par un ancien manager de proximité qui maintenant fonce dans l'expertise... Merci, j'ai donné)